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La trilogie des joyaux, tome 1 : Le trône de diamant
La trilogie des joyaux, tome 1 : Le trône de diamant
David Eddings
608 pages
(série en 3 tomes)
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 188738
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Disponible
Résumé
Émouchet, le chevalier pandion, est de retour d'exil, prêt à reprendre sa place de Champion de la reine. Mais sa maîtresse est frappée d'un mal mystérieux et Séphrenia, la vieille sorcière, n'a pu que retarder l'échéance : assise sur son trône, enchâssée dans un bloc de cristal, la jeune reine est mourante ; il faut vite trouver un remède...
Émouchet part en quête, en compagnie de Séphrenia et de la petite Flûte aux étranges pouvoirs...
Pourquoi on l'a choisi
Un peu de magie, beaucoup d’humour, des méchants bien campés et des personnages sympathiques : on retrouve avec grand plaisir le charme de l’auteur la célèbre Belgariade
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :2
HUET Floriane
Le 24 février 2008
Fantastique épopée
On découvre Emouchet au service de sa Reine (et épouse) Elhana, accompagné de Kurik, son fidèle écuyer. Fantastique épopée, bien que la traduction soit un peu lourde dans le style, comparée à la décalogie de Belgarion du couple Eddings. Cependant, je déconseille en dessous de 10/12 ans car certains passages sont assez violents, notamment dans la suite : La trilogie des périls. On s'amuse à retrouver certains moeurs et coutumes en fonction des pays et des habitants qui caricaturent quelque peu notre monde.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
LECL
Le 08 février 2008
A lire absolument !
Une trilogie formidable, on en tombe accro dès les premières lignes ! Et pour une fois, ça n'est pas coutume en fantasy, il y a de l'humour : que demander de plus ?
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
David Eddings est né à Spokane, Washington, en 1931. Après sa Maîtrise d'art en 1961, il devient acheteur chez Boeing, puis professeur d'anglais en université et même vendeur dans une épicerie. Il publie sa première nouvelle en 1973. Il signera, avec sa femme Leigh, décédée en 2007, plusieurs séries Fantasy dont La Belgariade et La Mallorée.
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Extrait

Prologue

Ghwerig et le Bhelliom,
d'après les Légendes des Dieux des Trolls





C'était à l'aube des âges, longtemps avant que les ancêtres du Styricum, pesants, vêtus de fourrures et armés de massues, quittent les montagnes et les forêts de Zémoch pour les plaines d'Éosie centrale. Il y avait là, dans une caverne profonde sous les neiges éternelles de Thalésie septentrionale, un Troll nain et déformé nommé Ghwerig, vivant en paria de par sa laideur et sa cupidité irrésistible ; il travaillait seul dans les abîmes de la terre, cherchant de l'or et des pierres précieuses à ajouter à son trésor. Un jour vint où il découvrit une galerie profonde et vit à la lueur de sa torche une gemme d'un bleu foncé plus grande que son poing, encastrée dans la paroi. Tremblant de tous ses membres noueux et tordus, il s'accroupit et fixa l'énorme joyau avec un désir ardent, conscient d'avoir trouvé plus en un instant qu'il n'avait amassé par des siècles d'efforts. Il se mit à découper très prudemment la pierre environnante, éclat par éclat, afin d'enlever la gemme précieuse du lieu où elle reposait depuis le commencement des temps. Et, comme elle émergeait petit à petit de la roche, il se rendit compte qu'elle avait une forme particulière et il lui vint une idée. S'il la récupérait intacte il pourrait, en la taillant et la polissant soigneusement améliorer cette forme et accroître mille fois la valeur de la gemme.
Quand il eut ôté le joyau de son assise rocheuse, il l'emporta jusqu'à la caverne où étaient installés son atelier et son trésor. Sans regret, il brisa un diamant d'une valeur incalculable et en tira des outils pour façonner la gemme.
Des décennies durant, à la lumière de torches fumantes, Ghwerig sculpta et polit, marmonnant les sorts qui transmettraient à la gemme inestimable tous les pouvoirs bénéfiques et maléfiques des Dieux des Trolls. Quand la sculpture fut enfin achevée, le joyau avait la forme d'une rose d'un bleu saphir des plus profonds. Et il l'appela Bhelliom, gemme-fleur, et il crut que, grâce à ses pouvoirs, toutes choses lui seraient possibles.
Mais si le Bhelliom recelait tous les pouvoirs des Dieux des Trolls, il les refusait à son hideux propriétaire, et Ghwerig tapa des poings sur le sol de sa caverne. Il consulta ses Dieux et les combla d'offrandes, et ils révélèrent qu'il fallait une clé au pouvoir de Bhelliom, pour l'empêcher d'obéir au caprice du premier venu. Les Dieux des Trolls expliquèrent alors à Ghwerig ce qu'il devait faire pour maîtriser la gemme. Il prit les fragments qui étaient tombés inaperçus à ses pieds dans la poussière et fabriqua une paire de bagues d'or où il monta un fragment ovale poli du Bhelliom lui-même. Lorsqu'il eut terminé, il plaça les anneaux à ses mains, puis souleva la rose saphir. Le bleu profond et lumineux des pierres montées sur les bagues s'enfuit dans le Bhelliom, laissant les bijoux aussi pâles que des diamants. Tout en tenant la gemme-fleur il sentit son pouvoir monter en lui et se réjouit de savoir que le joyau qu'il avait façonné consentait à lui céder.
Innombrables coulèrent les siècles et, grâce au pouvoir du Bhelliom, grandes furent les merveilles que conçut Ghwerig. Enfin, les Styriques pénétrèrent dans le territoire des Trolls ; leurs Dieux Aînés eurent connaissance de l'existence du Bhelliom et le convoitèrent. Mais Ghwerig était rusé et il obtura les entrées de sa caverne par des enchantements.
Or, il advint que les Dieux Cadets du Styricum se concertèrent, car ils étaient troublés par le pouvoir que le Bhelliom conférerait à son possesseur, et ils conclurent qu'une telle puissance ne pouvait être lâchée sur terre. Ils résolurent alors de rendre la pierre impuissante et choisirent l'agile Déesse Aphraël pour accomplir cette tâche. Aphraël alla donc vers le nord et, grâce à sa forme délicate, elle put se faufiler par une fente si petite que Ghwerig avait négligé de l'obturer. Une fois à l'intérieur de la caverne, Aphraël éleva la voix. Et elle chanta d'une voix si suave que Ghwerig, troublé, ne ressentit aucune alarme. Ainsi l'endormit Aphraël. Quand, avec un sourire rêveur, le Troll nain ferma les yeux, elle ôta la bague de sa main droite et la remplaça par un anneau portant un diamant banal. Ghwerig sursauta ; mais, ayant regardé sa main et vu la bague, il se laissa aller aux délices que lui inspirait le chant de la Déesse. Quand, dans une rêverie suave, ses yeux se refermèrent, la souple Aphraël ôta la bague de sa main gauche et lui substitua un autre anneau portant un autre diamant banal. Ghwerig se redressa encore et considéra sa main gauche avec inquiétude, mais la ressemblance de la bague le rassura. Aphraël continua de chanter à son intention jusqu'à ce qu'il sombre enfin dans un profond sommeil. La Déesse s'en fut alors à pas de loup, emportant les bagues avec elle.
Ensuite, Ghwerig prit le Bhelliom dans la vitrine de cristal où il reposait et la gemme-fleur se refusa à lui, car il ne possédait plus les clés de son pouvoir. Sa rage fut sans mesure et il arpenta les terres à la recherche de la Déesse Aphraël, mais il chercha des siècles durant sans la découvrir.
Il en fut ainsi tant que le Styricum régna sur les montagnes et les plaines d'Éosie. Puis vint un temps où les Élènes surgirent de l'orient et firent intrusion dans ces territoires. Après des siècles d'errance, certains d'entre eux parvinrent au nord de la Thalésie et dépossédèrent les Styriques et leurs Dieux. Et quand les Élènes entendirent parler de Ghwerig et de son Bhelliom, ils cherchèrent l'entrée de la caverne du Troll nain à travers les collines et les vallées de la Thalésie, brûlant du désir de posséder la gemme mythique à la valeur inestimable et sans rien savoir du pouvoir enchâssé dans ses pétales d'azur.
Il incomba enfin à Adian de Thalésie, le plus puissant et le plus rusé des héros de l'Antiquité, de résoudre l'énigme. Au péril de son âme, il consulta les Dieux des Trolls et leur apporta des offrandes, et ils acceptèrent de dire que Ghwerig sortait parfois chercher la Déesse Aphraël du Styricum afin de récupérer une paire de bagues qu'elle lui avait volées, mais de la vraie signification de ces bagues ils ne parlèrent point. Adian se rendit tout au nord et attendit là, chaque crépuscule, une demi-douzaine d'années, l'apparition de Ghwerig.
Quand le Troll nain apparut enfin, Adian approcha sous une autre apparence et lui dit qu'il savait où l'on pouvait trouver Aphraël ; il le révélerait en échange d'un casque rempli d'or jaune. Ghwerig, abusé, conduisit Adian jusqu'à l'entrée cachée de sa caverne, prit le casque du héros, entra dans sa salle du trésor et le remplit à ras bord d'or fin. Puis il ressortit et obtura derrière lui l'entrée de sa caverne. Il donna l'or à Adian et celui-ci fit croire qu' Aphraël se trouvait dans la région de Horset sur la côte occidentale de Thalésie. Ghwerig s'y précipita. Adian remit son âme en péril en implorant les Dieux des Trolls de briser les enchantements de Ghwerig et de le laisser pénétrer dans la caverne. Les fantasques Dieux accédèrent à sa demande.
L'aube rosée enflammait les champs de glace du nord quand Adian émergea de la caverne, serrant le Bhelliom contre lui. Il se rendit aussitôt jusqu'à sa capitale d'Emsat, où il se fabriqua une couronne pour y monter le Bhelliom.
Le chagrin de Ghwerig fut sans limite lorsqu'il revint les mains vides à sa caverne pour découvrir qu'après les clés du pouvoir, il avait perdu la gemme-fleur elle-même. Plus tard, il rôda de nuit dans les champs et les forêts autour d'Emsat en cherchant à récupérer son trésor, mais les descendants d'Adian le surveillaient de près.
Or, il advint qu'Azash, un des Dieux Aînés du Styricum, aspirait de tout son cœur à posséder le Bhelliom et les bagues qui déverrouillaient son pouvoir, et il envoya ses hordes de Zémochs s'emparer des bijoux par la force. Les rois d'occident et les chevaliers de l'Église prirent les armes pour affronter les armées d'Otha de Zémoch et de son ténébreux Dieu styrique, Azash. Et le roi Sarak de Thalésie s'embarqua à Emsat avec quelques-uns de ses vassaux et fit voile vers le sud, ses autres vassaux le rejoindraient quand la mobilisation serait achevée. Il se trouve que le roi Sarak n'atteignit jamais le grand champ de bataille sur les plaines de Lamorkand, car il tomba sous les coups d'une lance zémoch dans une embuscade près des rives du lac Venne en Pélosie, détail dont les annales ne font aucun état.
Un fidèle vassal mortellement blessé prit la couronne de son seigneur abattu et se fraya un chemin jusqu'aux marais de la rive orientale. Là, aux abois, agonisant, il jeta la couronne thalésienne dans les eaux boueuses et goudronneuses du lac, alors même que Ghwerig, qui avait suivi son trésor perdu, l'observait avec horreur, caché dans une tourbière voisine.
Les Zémochs qui avaient occis le roi Sarak se mirent à sonder les profondeurs brunâtres afin de retrouver la couronne et la rapporter en triomphe à Azash, mais ils furent interrompus dans leur quête par une colonne de chevaliers alcions descendus de Deira pour se joindre à la bataille de Lamorkand. Les Alcions tombèrent sur les Zémochs et les tuèrent jusqu'au dernier. Le fidèle vassal du roi thalésien reçut une tombe honorable et les Alcions reprirent leur route sans savoir que la couronne fabuleuse de Thalésie gisait sous les eaux troubles du lac Venne.
On dit en Pélosie que par les nuits sans lune, la silhouette spectrale de l'immortel Troll nain hante le marécage. Peu sûr de ses membres malformés, Ghwerig n'ose pénétrer dans les eaux ténébreuses pour sonder les profondeurs du lac et il est condamné à errer sur les rives, tantôt hurlant son amour pour le Bhelliom, tantôt dansant sa déconvenue de ne pas recevoir de réponse.