De Gaulle à Londres
De Gaulle à Londres
Le souffle de la liberté
Jean-Pierre Guéno
Jérôme Pecnard
144 pages
Couverture cartonnée. 21 x 28 cm
Réf : 188276
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Prix public*
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Disponible
Résumé
70 ans après l’appel du 18 juin, cet album richement illustré (250 photos dont une grande partie inédite) rend hommage à l’épopée de la France libre exilée à Londres. Vous découvrirez sous un jour nouveau la capitale britannique ravagée par le Blitz, mais aussi le Général avec les siens ou encore en homme seul, révolté et déterminé qui deviendra dès 1940 la voix et le souffle de la liberté.
Ancien élève de l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud, Jean-Pierre Guéno a dirigé le développement culturel de la Bibliothèque Nationale pendant 7 ans, puis les éditions de Radio France de 1997 à 2008. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont :
    Paroles de poilus
    Paroles d'étoiles
    Paroles du Jour J
    Paroles de Verdun
    Paroles de l'ombre
    Paroles de détenus
    La mémoire du Grand Meaulnes
    La mémoire du Petit Prince
    Un amour de stylo
Chaque année, depuis qu'il a créé et lancé Paroles de poilus, il définit un nouveau sujet. Il lance un appel sur les antennes puis lit chacun des documents reçus. Après avoir trié, sélectionné et ordonné les textes en fonction de leur force, il remonte la piste des documents privés (lettres, autographes, photos de famille, objets) qui donnent à l'album son parfum d'émotion et d'authencité.
Jérôme Pecnard est graphiste, photographe et directeur de création de Mond-Event. Il a conçu et réalisé avec Jean-Pierre Guéno plusieurs albums, dont :
    Chère école
    Paroles de poilus
    Paroles de détenus
    Paroles d'étoiles
Autres titres de Jean-Pierre Guéno
Paroles de l'ombre
Jean-Pierre Guéno
Autres titres de Jérôme Pecnard
Extrait

Introduction



Plus encore qu'aux plages du Débarquement, c'est à la détermination dont la population britannique a fait preuve en 1940 que nous devons notre liberté.
De Gaulle à Londres. C'est l'histoire d'un homme seul, c'est l'histoire d'un homme révolté, c'est l'histoire d'un homme déterminé, d'un général de brigade à titre temporaire, d'un sous-secrétaire d'État en rupture de gouvernement qui va devenir, à partir du 17 juin 1940, l'âme, la voix et le souffle de la France Libre en utilisant le pouvoir des plus belles armes que l'homme ait su créer, celui des mots.
Pour Charles de Gaulle, Londres n'est pas seulement une terre d'exil provisoire : elle est celle du renouveau. Alors que Saint-Exupéry écrit que la France « n'est plus que silence », qu'elle est « perdue quelque part dans la nuit, tous feux éteints, comme un navire », que « sa conscience et sa vie spirituelle se sont ramassées dans son épaisseur », de Gaulle parle. Il devient le phare de la liberté.
Il sait déjà que la France occupée, que le monde libre, que l'Afrique et les États-Unis finiront par balayer la machine nazie.
Il sait déjà qu'il ne suffira pas de gagner la guerre : il faudra gagner la paix et, en particulier, la paix sociale, et cette bataille-là sera sans doute beaucoup plus longue, plus laborieuse et encore plus complexe que la première. Et, dans ses discours radiophoniques, de 1940 à 1943, de Gaulle le rebelle, de Gaulle le révolutionnaire bâtit déjà les fondations de la Ve République : celle qui prendra forme en 1958 et dont le cycle n'est pas achevé.
Il paraissait indispensable, 70 ans après cette épopée de la France Libre qui a germé sous le climat britannique, de retrouver les mots du libérateur, l'album de sa famille, la trace des lieux qui l'ont hébergé et la silhouette de ses tout premiers compagnons, sur la toile de fond sanglante et chaotique d'une Angleterre en guerre et de sa capitale ravagée par les bombes du Blitz.
Les décombres de Londres en 1940 ont un point commun avec ceux de Dresde en février 1945 et ceux d'Hiroshima en août 1945. Ils sont les ruines symptomatiques du XXe siècle, les signes distinctifs d'une période de l'histoire où le totalitarisme et le matérialisme ont pu donner à penser qu'ils arriveraient à nier les valeurs fondamentales de la liberté, du travail des hommes, de leur spiritualisme, de leur idéalisme et de leur humanisme. Lorsqu'il nous rappelle qu'il convient que le travail ait, dans une entreprise, les mêmes droits que le capital et que les richesses collectives indispensables à la prospérité et à la survie de toute société organisée ne soient pas accaparées par des intérêts particuliers, des trusts ou des oligopoles, lorsque ses analyses montrent qu'une certaine forme de libéralisme débridé peut devenir liberticide, et qu'en fin de compte il est indispensable que l'esprit triomphe sur la matière, de Gaulle nous délivre du fond des années quarante les antidotes à certains poisons de la société de ce début de troisième millénaire. Il ébauche depuis Londres les fondations d'un véritable projet de contrat social et de développement durable qui reste en 2010 d'une actualité brûlante et d'une incroyable pertinence, comme si les hommes de bonne volonté qui gèrent aujourd'hui le devenir de l'humanité n'avaient pas encore donné toutes les réponses que méritaient les multiples appels de l'homme du 18 Juin.

Jean-Pierre GUÉNO