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Confessions d'une accro du shopping
416 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 186956
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Jeune, jolie, seule et follement drôle !
Résumé
Votre job vous stresse ? Vos amours laissent à désirer ? Adoptez la devise de Becky : rien de tel qu'un peu de shopping pour remonter le moral. Petits ennuis à prévoir cependant... avec son banquier, notamment. (Re)découvrez le premier volume d'une série désormais cultissime !
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :21
eliselapeste
Le 19 août 2009
Accro aux confessions de Becky !
Aprés avoir dévoré "Les petits secrets d'Emma", j'ai adoré entrer dans l'univers drôle et trépidant de l'attachante Becky Bloomwood. Un véritable régal déculpabilisant qui permet de dédramatiser les petits soucis du quotidien d'une accro du shopping comme moi !!!
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Le 01 avril 2009
Tout moi surtout une amie
Super livre, heureusement que la suite est déjà dans les bacs. Dommage que je ne trouve pas dans vos magasins "Elle a dit oui" et "Elle a une soeur". Ce livre correspond parfaitement à la situation des femmes d'aujourd'hui. Surtout l'une de mes amies, j'en rie avec elle lorsque je lui dit que ça lui correspond parfaitement. A LIRE ABSOLUMENT.
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BRACCO BRIGITTE
Le 29 avril 2009
A se tordre de rire !
Un régal ! Vraiment. On est embarqué avec Becky, cette jeune femme unique en son genre, amusante et qui a un sens bien à elle de l'argent et de ce que l'on peut en faire. On rit, on doute avec elle. Ce livre est tout simplement génial ! Si vous voulez passer un excellent moment de lecture avec des personnages aussi attachants les uns que les autres et une héroïne hors du commun... ce livre est fait pour vous !
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TRAE EMILIE
Le 25 mai 2009
SUPER
Livre que l'on dévore du début à la fin. Dommage qu'il n'y ait pas les tomes suivants : Becky à Manhattan, L'accro du shopping dit oui, L'accro du shopping a une soeur. Le dernier étant vendu L'accro du shopping attend un bébé.
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Nadia
Le 03 avril 2009
Parfait !
Hihi, Rebecca nous faire rire, on ne peut que l'adorer ! Elle s'embarque dans de sacrées aventures et on est à fond avec elle. Ce livre est très bien écrit, facile à lire et on ne peut que passer un bon moment en sa compagnie. J'ai hâte de voir l'adaptation au cinéma...
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Le 21 avril 2009
Adaptation au cinéma
SUPER, j'ai reçu une pub d'I..ég.a.e (marque de titre de transport) pour gagner une journée de folie. La sortie en salle du film ATTENTION LE 22 MAI 2009.
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nounette30
Le 16 juin 2009
Merci Sophie !!!
Un moment de détente assuré avec ce livre et tous ceux de la série, en un mois je les ai tous les 4 dévorés ! Je ne suis pas allée voir l'adaptation au cinéma mais ca ne saurait tarder. Je recommande à 200% !!!
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Slo
Le 01 juillet 2009
Très drôle !
J'ai passé un excellent moment. Un roman drôle pour la détente et la rigolade.
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loaka
Le 26 août 2009
Bidonnant !
C'est drôle, ça se lit avec plaisir et on se met vite dans la peau de cette "accro du shopping" !!
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hibiscus1980
Le 08 juillet 2009
Génial, très drôle !!!
Franchement quand j'ai commencé ce livre, je me suis dit: "Mais qu'est-ce que c'est SUPERFICIEL!!!". Puis après, on se laisse porter par les aventures de Becky et c'est vraiment très drôle et divertissant. Je me suis surprise à rigoler toute seule dans le métro en lisant ce livre ! Je recommande vivement !!!
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savin julie
Le 15 juillet 2009
Très réel
Dès la première page, on est pris dans le bouquin !!! Et qu'est ce que j'ai pu me reconnaitre dans ses excès de dépenses à tout va ! Dépenser juste parce que ça nous fait envie, en sachant que d'une on a pas de sous et de deux, ça sera porté une fois et zoup au placard !!! J'ai hâte que la suite soit chez France Loisirs pour continuer à lire ces folles aventures !!!
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Le 07 août 2009
Nickel
Le livre : un superbe cadeau pour toutes celles qui se croient "accros", il y a bien pire que nous, il y a Becky... Néanmoins je me suis surprise à regarder le film et à ne pas accrocher du tout, c'est un melange entre le premier tome et le second à Manhattan, trop de passages manquants, dommage... Heureusement le livre est là !!!
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lilice
Le 18 septembre 2009
Becky Bloomwood un personnage très attachant !
J'ai tout simplement adoré lire les aventure de notre petite Becky. J'ai commencé par lire le dernier tome, ce qui m'a tout de suite donné l'envie d'acheter les autres que j'ai tous lu d'une seule traite ! Comment ne pas adorer un personnage aussi attachant et drôle ? Et il faut dire que l'on se reconnait assez facilement dans certains aspects de l'héroïne ! Je le recommande fortement !!! J'attends avec impatience le film !
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Le 13 août 2009
Pétillant
J'ai adoré ce livre. On ne s'ennuie pas du début à la fin. L'héroïne est attachante par son côté névrosé du shopping. A lire de toute urgence pour passer un bon moment et dédramatiser sur ses petites dépenses personnelles.
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Le 06 septembre 2009
J'ai aimé ce livre, ainsi que le film
Dès la première page du livre on peut rire avec la première lettre de la banque... Cela veut tout dire... et donne envie de connaître la suite.
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audrey44270
Le 11 octobre 2009
A devorer
Livre qui se lit d'une seule traite, on rigole du début à la fin. Pressée de retrouver Becky dans ses autres aventures, dommage que vous ne vendiez que le dernier! =D
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Le 28 août 2009
Sympa et divertissant
Une jolie histoire romantique comme on en rencontre souvent dans ce style de livres, mais toute la différence est l'humour dans lequel elle est racontée. J'ai hâte de lire la suite...
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Le 08 juin 2010
J'ai vu le film
Le film est excellent. On est mort de rire du début jusqu'à la fin. Je compte m'acheter le livre : j'espère
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NinieCh
Le 27 mai 2010
Avis
Tous les tomes de l'accro du shopping sont à lire et à relire ! A quand le suivant ?!
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CamilleW
Le 27 juillet 2011
Amusant et attachant !
Pour toutes les adeptes de romans chick-lit, ce livre est à lire absolument !! Amusant et attachant à la fois, Becky nous surprend et nous fascine énormément. Tous les autres tomes sont tous aussi drôles !
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addict
Le 09 septembre 2011
Génial
Cette série de romans est tout simplement géniale. J'ai vraiment adoré tous les "tomes" de cette accro du shopping. Les aventures de Becky sont drôles et le personnage est attachant. J'ai presque envie de dire qu'elle nous ressemble un peu :-). Autrement dit, je vous le conseille fortement.
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Extrait

1


Tout va bien. Pas de panique. Surtout pas de panique. Après tout, ce n'est qu'une facture de carte bancaire. Un bout de papier et quelques chiffres. C'est fou comme quelques chiffres peuvent vous fiche la trouille.
Par la fenêtre, je regarde un bus descendre Oxford Street tout en m'adjurant d'ouvrir cette enveloppe blanche posée sur le fouillis de mon bureau. Ce n'est qu'un bout de papier, me dis-je pour la énième fois. Et je ne suis pas idiote, que je sache. Je connais le montant exact de ce relevé. Enfin presque. Il y en a environ pour... deux cents livres¹. Trois cents peut-être. Oui, plutôt trois cents. Trois cent cinquante maxi.
Je ferme à demi les yeux et commence à calculer le total. Il y a le tailleur de chez Jigsaw, et le dîner avec Suze chez Quaglino. Et aussi ce somptueux tapis rouge et jaune. Il coûtait deux cents livres. Mais il en valait vraiment la peine. Tout le monde l'a admiré. Enfin, Suze l'a admiré. Soit dit en passant, le tailleur était soldé à 30 %, j'ai donc réalisé des économies.
J'ouvre les yeux pour prendre l'enveloppe. Au moment de toucher le papier, je me rappelle mes nouveaux verres de contact. Quatre-vingt-quinze livres. Pas donné ! Mais que suis-je censée faire, marcher dans le brouillard ? Et, bien entendu, pour ces nouvelles lentilles, j'ai dû acheter des produits nettoyants, un petit étui sympa et un eye-liner hypoallergénique. On arrive donc à... quatre cents livres ?
Clare Edwards, ma collègue, lève les yeux de son courrier. Comme tous les matins, elle range ses lettres en piles bien nettes, qu'elle entoure d'un élastique avec une étiquette : « Réponse immédiate », « Réponse moins urgente »... C'est bien simple, Clare Edwards me dégoûte.
— Ça va, Becky ?
— Super, dis-je d'un ton dégagé.
Le cœur léger, j'introduis ma main dans l'enveloppe, mais la laisse là. Mes doigts restent crispés autour de la facture tandis que, comme chaque mois, je caresse mon rêve secret.
Voulez-vous connaître mon rêve secret ? Il est apparu à la suite d'un article que j'ai lu dans le journal sur un micmac entre cartes bancaires. Cette histoire m'a tellement plu que j'ai découpé l'article et que je l'ai collé sur la porte de ma penderie. Voici : deux relevés ont été intervertis et, tenez-vous bien, chaque destinataire a payé la facture de l'autre sans s'en rendre compte. Ils ont payé sans même vérifier. Depuis, mon vœu le plus cher est qu'il m'arrive la même chose. Qu'on envoie à une mémé de Cornouailles ma facture monstrueuse et qu'elle la règle sans la regarder. De mon côté, je recevrai la sienne – 4,98 livres correspondant à l'achat de trois boîtes de pâtée pour chat – que j'acquitterai rubis sur l'ongle. Ce n'est que justice, après tout.
Un large sourire irradie mon visage. Ce mois-ci, j'en suis persuadée, mon rêve secret va se réaliser. Mais quand je retire enfin le relevé de son enveloppe sous le regard inquisiteur de Clare, mon sourire faiblit puis disparaît complètement. Ma gorge se noue. La panique, sans doute.
La feuille est noire d'écritures. Une série de noms familiers se bousculent sous mes yeux, j'ai l'impression de traverser un centre commercial en miniature. J'essaie de saisir ces noms, mais ils bougent trop vite. J'arrive à lire : Thorntons. Les chocolats Thorntons ? Qu'est-ce que je pouvais bien fabriquer là ? Je suis censée suivre un régime. Ce relevé est faux. Ce n'est pas le mien. Je ne peux pas avoir dépensé tout cet argent.
Pas de panique ! hurle une voix intérieure. Le tout est de ne pas s'affoler. Il me suffit de lire chaque ligne, lentement, une par une. J'inspire à fond et m'oblige à me concentrer en commençant par le début.

WH Smith (c'est bon. Tout le monde a besoin de papier à lettres).
Bottes (idem).
Verres de contact (indispensables).
Oddbins (vin. Indispensable).
Our Price (Our Price ? Ah ! oui. Le nouvel album des Charlatans. Bon, il me le fallait absolument). Restaurant Bella Pasta (dîner avec Caitlin).
Oddbins (vin. Indispensable).
Esso (essence. Ça ne compte pas).
Restaurant Quaglino (cher, mais ça ne se reproduira pas).
Prêt-à-manger (cette fois, je n'avais plus de liquide).
Oddbins (vin. Indispensable).
Rugs to Riches (qu'est-ce que c'est ? Ah ! oui, le tapis. Ce tapis à la noix).
La Senza (lingerie sexy pour le rendez-vous avec James).
Agent provocateur (lingerie encore plus sexy pour le rendez-vous avec James. Pfft ! Comme si j'en avais besoin).
Body Shop (cette brosse spéciale pour la peau dont je ne peux me passer).
Next (ce chemisier blanc plutôt nul, mais il était en solde).
Millets...

Je suis coupée dans mon élan. Millets ? Je ne vais jamais chez Millets. Le front plissé par la perplexité, je fixe le relevé en réfléchissant. Et soudain, la vérité éclate. C'est évident : quelqu'un a subtilisé ma carte.
Oh ! mon Dieu ! Moi, Rebecca Bloomwood, j'ai été victime d'un vol. Maintenant, tout est clair. On a fauché ma carte de crédit et imité ma signature. Qui sait combien de fois elle a été utilisée ? Pas étonnant que mon relevé soit couvert de chiffres ! Quelqu'un a fait des folies dans tout Londres avec ma carte en pensant pouvoir s'en tirer comme ça.
Mais comment est-ce possible ? Je fouille dans mon sac à la recherche de mon portefeuille, l'ouvre et tombe sur ma carte de crédit qui me crève les yeux. Je la prends et la regarde intensément. On doit l'avoir piquée, utilisée et remise en place. Il s'agit sans doute d'une personne de ma connaissance. Mon Dieu ! Qui ?
Je jette un coup d'œil soupçonneux autour de moi. En tout cas, ce n'est pas très malin. Se servir de ma carte dans ce magasin ! C'est presque risible.
Je m'exclame à haute voix : « Je n'ai jamais mis les pieds chez Millets !
— Bien sûr que si, me répond Clare.
— Quoi ?
Je me retourne vers elle, agacée d'avoir été interrompue.
— Non, je n'y vais jamais.
— C'est bien là que tu as acheté le cadeau de départ de Michael, non ?
Je la regarde et mon sourire s'efface. Zut alors ! Bien sûr. L'anorak bleu pour Michael. Ce foutu anorak.
Quand Michael, notre rédacteur en chef adjoint, est parti il y a trois semaines, j'ai proposé d'aller acheter son cadeau. J'ai emporté l'enveloppe kraft bourrée de billets et de pièces et j'ai choisi un anorak (vous pouvez me faire confiance, c'est son genre). À la dernière minute, je m'en souviens maintenant, j'ai décidé de payer avec ma carte de crédit et de garder pour moi tout ce liquide bien pratique.
Je me revoyais, comme si c'était hier, ranger les quatre billets de cinq livres avec soin dans mon portefeuille, puis mettre à part les grosses pièces et enfin verser la menue monnaie au fond de mon sac. Parfait, avais-je pensé. Je n'aurai pas à retirer du liquide. J'avais cru que ces soixante livres dureraient une éternité.
Qu'en avais-je fait ? Je ne pouvais pas avoir dépensé soixante livres comme ça, sans m'en rendre compte !
— Un problème ? demande Clare en se penchant.
Ses yeux de fouine me passent aux rayons X à travers ses lunettes. Elle sait fort bien que je suis en train de détailler ma facture de carte Visa.
— Non, rien, dis-je en tournant la première page de mon relevé.
Mais elle m'a déstabilisée. Au lieu de me comporter comme d'habitude – regarder ce qui est à payer immédiatement et ignorer le total –, je lis le montant final.
Neuf cent quarante-trois livres soixante-trois. C'est marqué noir sur blanc. Je contemple cette somme en silence pendant trente secondes, puis fourre le relevé dans son enveloppe. Vous savez quoi ? Je ne me sens pas du tout concernée par ce bout de papier. Peut-être que si je le laissais tomber négligemment derrière mon ordinateur, il disparaîtrait. Les femmes de ménage le balaieraient et je prétendrais ne l'avoir jamais reçu. On ne peut pas me faire régler une facture que je n'ai jamais reçue, tout de même !
Je compose déjà une lettre dans ma tête. « Monsieur le Directeur général de Visa, votre lettre m'a désorientée. De quelle facture parlez-vous ? Je n'en ai jamais reçu de votre société. Votre ton ne m'impressionne pas et, je vous avertis, je vais écrire à Anne Robinson de L'Union nationale des consommateurs. »
Ou alors, je partirai à l'étranger.
— Becky ?
Je redresse la tête et constate que Clare m'observe, intriguée.
— As-tu terminé l'article sur la Lloyd ?
— Presque.
C'est faux, bien sûr. Comme elle me surveille, je me sens obligée d'ouvrir le fichier à l'écran, juste pour prouver ma bonne volonté. Mais cette demeurée continue à m'épier.
« Les épargnants peuvent bénéficier d'un accès immédiat », je recopie mot à mot un communiqué de presse placé devant moi. « Le compte offre aussi différents taux d'intérêt pour ceux qui investissent plus de 5 000 livres. »
Je tape un point final, j'avale une gorgée de café et je tourne la première page du communiqué de presse.
Au fait, c'est mon travail. Je suis journaliste dans un magazine financier. Je suis payée pour expliquer aux lecteurs comment gérer leur budget.
Évidemment, ce n'est pas la carrière de mes rêves. On ne me fera jamais croire que l'on est conseiller financier par vocation. Les gens vous raconteront qu'ils ont « atterri » dans le conseil financier. Ils mentent. Ce qu'ils veulent dire, c'est qu'ils n'ont pas trouvé de boulot de journaliste plus intéressant. En clair, cela signifie qu'ils ont posé leur candidature au Times, à L'Express, à Marie-Claire, à Vogue, à QG et à Loaded, et que chaque fois, on leur a répondu d'aller se faire voir ailleurs.
Alors, ils ont commencé à solliciter un emploi au Mensuel de la métallurgie, à la Gazette des fromagers et à Comment placer votre argent ? Ils ont fini par être embauchés comme assistant de rédaction au niveau le plus nul, sur une base de salaire inexistante, et ils en ont été reconnaissants. Depuis, ils écrivent sur le métal, le fromage ou l'épargne parce qu'ils ne connaissent rien d'autre. J'ai moi-même débuté dans un magazine au titre accrocheur de Périodique des placements privés. J'ai appris à recopier un dossier de presse, à hocher la tête d'un air inspiré pendant les conférences et à poser des questions destinées à convaincre tout le monde que je maîtrise mon sujet à fond. Un an et demi plus tard, tenez-vous bien, j'ai été recrutée par des chasseurs de tête pour Réussir votre épargne.
Bien entendu, je ne connais toujours rien à la finance. Les gens qui attendent à l'arrêt de bus en savent plus que moi sur le sujet. Les enfants en âge scolaire aussi. J'effectue ce travail depuis trois ans maintenant et je m'attends toujours à être démasquée.

Quand Philip, le directeur, m'appelle en début d'après-midi, je sursaute de frayeur.
— Rebecca ? J'ai à vous parler.
Il me fait signe d'approcher. Sa voix me semble tout d'un coup plus basse, une voix de conspirateur, et il me sourit comme s'il était sur le point de m'annoncer une bonne nouvelle.
Mon Dieu ! Ça y est ! Il doit s'agir de ma promotion. Il sait fort bien que mon salaire est injustement inférieur à celui de Clare et il a décidé de me promouvoir au même échelon. Ou même de me faire grimper plus haut. Et il va m'en informer de manière discrète afin qu'elle ne soit pas jalouse.
Le visage illuminé d'un large sourire, je me lève et traverse les quelques mètres qui me séparent de son bureau. J'essaie de rester calme, mais je planifie déjà tout ce que je vais m'acheter avec mon nouveau salaire. D'abord le manteau redingote de chez Whistles, puis des bottes noires à hauts talons de chez Pied-à-Terre. Ensuite, je partirai peut-être en vacances. Et je réglerai cette fichue facture de carte Visa d'un seul coup. Soulagée, je me sens légère. J'étais sûre que tout s'arrangerait.
— Rebecca ?
Il me fourre une carte sous le nez.
— Je suis dans l'incapacité d'assister à cette conférence de presse, mais elle sera certainement intéressante. Pouvez-vous y aller ? Elle se déroule à Brandon Communications.
Mon visage se décompose. Il n'y a ni promotion ni augmentation. Quelle trahison ! Pourquoi m'a-t-il souri de cette façon ? Il devait bien savoir qu'il encourageait mes plus folles espérances ! Pauvre type !
— Ça ne va pas ?
— Si, si, tout va bien, dis-je entre mes dents.
Devant moi, mon nouveau manteau et mes bottes à talons hauts disparaissent comme par enchantement. Pas de promotion, mais une conférence de presse sur... Je jette un coup d'œil à la carte : un nouveau fonds commun de placement. Comment peut-on en toute honnêteté trouver ça intéressant ?
— Vous l'inclurez dans la rubrique des news, ajoute Philip.
— Parfait, dis-je, en haussant les épaules. Et je tourne les talons.

1. 100 livres = 152,45 € environ. (Toutes les notes sont de la traductrice.)