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Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates
400 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 186703
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 19,00  (prix public)
Résumé
1946. Juliet cherche le sujet de son nouveau roman, lorsque lui parvient par lettre une histoire singulière. Il était une fois, sur l’île de Guernesey, un club de lecture unique en son genre. Il faut dire qu’il avait été créé pour amadouer les Allemands, un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres avaient dégusté un cochon grillé et une tourte aux épluchures de patates. À suivre... 
Le coup de coeur d'Anna Gavalda
« Délicieux avais-je écrit sur le bandeau de ce livre dans sa première édition, mais je pourrais ajouter "délicieux et profond". Sous couvert de nous raconter une histoire légère, les auteurs nous touchent au cœur. On pleure, on rit, on remercie. »

Anna Gavalda
Pourquoi on l'a choisi
Tout simplement à croquer. Avis à tous les grands gourmands de lecture ! Ce roman au charme fou, plein d’imagination et débordant de tendresse, de drôlerie et d’humanité, se dévore d’une traite.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :11
mamanpaul
Le 11 juillet 2010
Surprise
Un texte rédigé de façon surprenante... Mais que l'on dévore aussi vite qu'une tarte... J'ai adoré.
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Le 31 mai 2010
Titre de ma critique, c'est plutot un avis qu'une critique d'ailleurs
Sur avis d'Anna Gavalda, je me suis lancée, et je ne le regrette pas. C'est un livre étrange, l'échange de lettres (comme Rilke) j'ai d'habitude beaucoup de mal. Pourtant il se lit très bien, de l'humanité pendant une période si douloureuse et si inhumaine...
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JeudiProchain
Le 28 mai 2010
Du Piment dans les épluchures
J'ai lu ce livre lors de sa première parution au Club et c'est un pur délice. Dès les premières pages, on embarque dans l'histoire et c'est parti pour une ribambelle de personnages adorables, de situations cocasses, de moments déchirants... N'hésitez pas : servez-vous de cette tourte aux épluchures de patates dans sa couverture Piment, vous serez surpris de l'effet que ça fait.
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misteclalex
Le 09 juin 2010
Excellent divertissement
A lire absolument et à partager ensuite.
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nyny
Le 15 juin 2010
J'ai adoré
Je suis tombée sous le charme, et pourtant je ne suis pas adepte des romans épistolaires. Je n'ai plus qu'une envie : découvrir Guernesey, et pourquoi pas, lire la suite...
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Remarque de valgue du 30/06/10
Ce livre aurait pu être écrit par Anna Gavalda. J'ai adoré du début jusqu'à la fin.
Le 02 juin 2010
Formidable
J'ai assez de mal à entrer dans un livre constitué de lettres, j'ai donc suivi le commentaire d'Anna Gavalda et je ne le regrette pas du tout. J'aurais eu le temps, je l'aurais fini en une journée, tellement c'est attractif. Les personnages sont émouvants et on se sent proche d'eux dès le départ. Une page d'histoire qui est racontée autrement et sans trop en rajouter, j'apprécie.
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LDV
Le 18 juillet 2010
Un bon bain de littérature anglaise avec un zeste d'humour...
Ce roman est rédigé sous forme de lettres écrites par les personnages principaux qu'ils s'adressent mutuellement. Ce qui est surprenant au départ mais finalement très agréable. Juliet, la trentaine, est le personnage principal. Elle est journaliste à Londres et ses meilleurs amis sont Sidney, qui est notamment son éditeur et sa soeur, Sophie. Les investigations de Juliet en vue de son prochain article vont la mener vers l'île de Guernesey, l'histoire se trame juste à la fin de la 2ème guerre mondiale. Tout commence par des correspondances avec des habitants de l'île ; elle y découvre des gens merveilleux et pleins de bonté. Juliet, la citadine, décide de leur rendre visite, mais elle ignore à quel point cette visite va changer à jamais le cours de sa vie. C'est un très bon roman plein d'humour, très grave parfois, qu'on veut lire d'une traite et qui est plein de petites trouvailles comme la petite histoire d'Oscar Wilde... A recommander à tous les lecteurs !
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mamoue
Le 22 juillet 2010
Un échange de lettres...
...qui constitue un livre très beau et qui finalement se lit tel un véritable roman. A lire sans hésiter.
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Le 19 août 2010
A ne pas rater
J'ai passé un moment délicieux où tout le registre des émotions a été visité. Un fois ouvert, on a du mal à le refermer.
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JessicaJuan
Le 03 juin 2011
Excellent
Que dire de plus à part vous inviter à le découvrir...
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addict
Le 09 septembre 2011
Extraordinaire
Ça faisait un moment que je n'avais pas lu un roman aussi fantastique. Que de tranches de vie racontées avec douceur et pudeur... Toutes les émotions sont joliment approchées et les personnages sont géniaux. C'est un savoureux moment de lecture. Un grand merci.
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Extrait
8 janvier 1946,

Mr. Sidney Stark, Éditeur
Stephens & Stark Ltd.
21 St. James Place
Londres SW1
Angleterre

Cher Sidney,
Susan Scott est une perle. Nous avons vendu plus de quarante exemplaires du livre, ce qui est plutôt réjouissant, mais le plus merveilleux, de mon point de vue, a été la partie ravitaillement. Susan nous a déniché des tickets de rationnement pour du sucre glace et de vrais œufs afin de nous confectionner des meringues. Si tous ses déjeuners littéraires atteignent ces sommets, je suis partante pour une tournée dans tout le pays. Penses-tu qu'un somptueux bonus l'encouragerait à nous trouver du beurre ? Essayons, tu n'auras qu'à déduire la somme de mes droits d'auteur.
À présent, les mauvaises nouvelles.Tu m'as demandé si mon nouveau livre progressait. Non, Sidney, il ne progresse pas.
Les Faiblesses anglaises s'annonçaient pourtant si prometteuses. Après tout, on devrait pouvoir écrire des tartines sur la société anglaise pour dénoncer la glorification du Lapinou anglais. J'ai exhumé une photo du Syndicat des exterminateurs de nuisibles, défilant dans Oxford Street avec des pancartes « À bas Beatrix Potter ! » Mais que peut-on ajouter à cela ? Rien. Rien du tout.
Je n'ai plus envie d'écrire ce livre. Je n'ai plus ni la tête ni le cœur à l'écrire.Aussi chère que m'a été (et m'est encore) Izzy Bickerstaff, je ne veux plus rien écrire sous ce nom. Je ne veux plus être considérée comme une journaliste humoriste. Je suis consciente que faire rire - ou au moins glousser - les lecteurs en temps de guerre n'était pas un mince exploit, mais c'est terminé. J'ai le sentiment d'avoir perdu le sens des proportions ces derniers temps, et Dieu sait qu'on ne peut rien écrire de drôle sans cela.
En attendant, je suis très heureuse que Stephens & Stark gagne de l'argent avec Izzy Bickerstaff s'en va-t-en guerre. Le fiasco de ma biographie d'Anne Brontë me pèse moins sur la conscience.

Merci pour tout,
Affectueusement,
Juliet

P.S. : Je suis en train de lire la correspondance de Mrs. Montagu. Sais-tu ce que cette femme lamentable a écrit à Jane Carlyle ? « Ma chère petite Jane, tout le monde naît avec une vocation, et là vôtre est d'écrire de charmantes petites notes. » J'espère que Jane lui a craché au visage.





De Sidney à Juliet

10 janvier 1946,

Chère Juliet,
Félicitations ! Susan Scott dit que tu as captivé ton public du déjeuner comme du rhum un ivrogne, et qu'il te l'a bien rendu, alors, je t'en prie, cesse de t'inquiéter pour ta tournée de la semaine prochaine. Je ne doute pas de ton succès. Ayant assisté à ton interprétation électrisante du Petit berger qui chante dans la vallée de l'humiliation, il y a dix-huit ans, je sais que tu auras tous tes auditeurs à tes pieds en un rien de temps. Un conseil : tu pourrais peut-être t'abstenir de jeter le livre au public quand tu auras fini, cette fois.
Susan est impatiente de t'escorter de librairie en librairie, de Bath à Yorkshire. Et, bien sûr, Sophie fait pression pour que ta tournée se prolonge et te mène jusqu'en Écosse. J'ai pris mon ton de grand frère excédé pour lui dire que rien n'a encore été décidé dans ce sens. Je sais que tu lui manques terriblement, mais Stephens & Stark se doit de demeurer insensible à de telles considérations.
Je viens de recevoir les chiffres des ventes d'Izzy à Londres et dans les comtés limitrophes. Ils sont excellents ! Encore bravo !
Ne te fais pas de bile pour les Faiblesses anglaises ; mieux vaut que ton enthousiasme s'éteigne maintenant qu'après avoir passé six mois à écrire sur les lapinous. Les possibilités bassement commerciales de cette idée étaient séduisantes, mais je suis d'accord : cette histoire aurait vite viré à la farce. Un autre sujet - plus de ton goût - te viendra.
On dîne avant ton départ ? Dis-moi quand.

Je t'embrasse,
Sidney

P.S. : Tu écris de charmantes petites notes.





De Juliet à Sidney

11 janvier 1946,

Cher Sidney,
Dînons, oui, avec plaisir. Et si nous nous retrouvions quelque part sur la rivière ? Je veux des huîtres, du champagne et du rosbif, si on peut s'en procurer ; sinon, un poulet fera l'affaire. Je suis très heureuse qu'Izzy se vende bien. Se vend-il assez bien pour que je ne sois pas obligée de faire mes bagages et de quitter Londres ?
Puisque S&S a fait de moi un auteur relativement prospère, le dîner est pour moi.

Je t'embrasse,
Juliet

P.S. : Je n'ai pas jeté mon exemplaire du Jeune berger qui chante dans la vallée de l'humiliation au public. Je l'ai jeté à mon professeur de diction. Je visais ses pieds, mais j'ai manqué ma cible.





De Juliet à Sophie Strachan

12 janvier 1946,

Chère Sophie,
Évidemment que j'adorerais te voir, mais je ne suis qu'un pantin sans âme ni volonté. Sidney m'a ordonné d'aller à Bath, Colchester, Leeds et dans divers autres endroits verdoyants dont j'ai oublié les noms. Je ne peux pas laisser tout cela en plan pour te rejoindre en Écosse. Son front se plisserait, ses yeux lanceraient des éclairs, et il gronderait. Tu sais combien il est éprouvant d'être grondée par Sidney.
J'aimerais pouvoir gagner ta ferme en douce et m'y laisser dorloter.Tu me laisserais mettre les pieds sur le canapé, dis ? Et tu me borderais ? Tu m'apporterais du thé ? Alexander accepterait-il d'avoir un résident permanent sur son canapé ? Tu m'as dit que c'était un homme patient, mais ça l'agacerait peut-être.
Pourquoi suis-je si mélancolique ? Je devrais me réjouir de la perspective de lire Izzy à un auditoire conquis. Tu sais que j'aime parler des livres, et que j'adore recevoir des compliments. Je devrais être enthousiaste. Mais la vérité est que je suis d'humeur morose - plus encore que pendant la guerre. Tout semble si effondré, Sophie : les routes, les bâtiments, les gens. Les gens, surtout.
C'est sans doute le contrecoup de ma terrifiante soirée d'hier soir. Le repas était affreux, mais il fallait s'y attendre. Ce sont les convives qui m'ont mis les nerfs à vif. L'assortiment d'individus le plus démoralisant que j'aie jamais rencontré. Ça ne parlait que de bombes et de famine. Tu te souviens de Sarah Morecroft ? Elle était là, elle aussi - sa peau granuleuse sur les os, et ce rouge à lèvres écarlate. A-t-elle jamais été belle ? N'était-elle pas raide dingue de ce gars qui faisait du cheval, parti pour Cambridge ? En tout cas, je ne l'ai pas reconnue dans la foule. Elle est mariée à un médecin blafard qui fait claquer sa langue chaque fois qu'il s'apprête à parler. Un prince charmant comparé à mon voisin de table. Un célibataire. Sans doute le dernier sur terre. Seigneur, pourquoi suis-je si affreusement mesquine ?
Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez moi, Sophie. C'est l'évidence.Tous les hommes que je rencontre me sont insupportables. Peut-être devrais-je viser moins haut ? Pas aussi bas que le médecin grisâtre claqueur de langue, mais un peu moins haut. Je ne peux même pas mettre cela sur le compte de la guerre, je n'ai jamais été douée en matière d'hommes, pas vrai ?
Crois-tu que le réparateur de chaudières de St. Swithin était l'amour de ma vie ? Dans la mesure où je ne lui ai jamais adressé la parole, on peut en douter, et, néanmoins, c'est une passion innocente que je peux évoquer sans amertume. Il avait de si beaux cheveux noirs. Après, j'ai enchaîné sur mon Année des Poètes. Tu te souviens ? Sidney se montrait grincheux à leur égard. Je ne vois pas pourquoi d'ailleurs, c'est lui qui me les avait présentés. Et ce pauvre Adrien. Enfin, pas besoin de t'énumérer cette affreuse liste. Dis, Sophie, qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Suis-je trop difficile ? Je n'ai aucune envie de me marier pour me marier. Passer le restant de mes jours avec un être à qui je n'aurais rien à dire, ou pire, avec qui je ne pourrais pas partager de silences ? Je n'imagine pas d'existence plus solitaire.
Ciel, que cette lettre est triste et larmoyante.Tu vois ? J'ai réussi : à présent, tu dois être soulagée à l'idée que je ne viendrai pas en Écosse. Quoique. Il se peut que je m'y arrête tout de même. Mon destin est entre les mains de Sidney. Embrasse Dominic pour moi et dis-lui que j'ai vu un rat de la taille d'un fox-terrier l'autre jour.

Mes amitiés à Alexander et plus encore à toi,
Juliet