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Les aventuriers de la mer, tome 8 : Ombres et flammes
Les aventuriers de la mer, tome 8 : Ombres et flammes
448 pages
(série en 9 tomes)
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 159643
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Au lieu de 21,50  (prix public)
Résumé
Le sort s’acharne sur les Vestrit. Vivacia, leur vaisseau en bois sorcier, a renié Althéa, Terrilville est en flammes et Malta, après avoir été faite prisonnière par les Chalcédiens, tombe aux mains des pirates. À bord du Parangon, tous se préparent au combat. Mais si les serpents géants entrent dans la partie, l’aventure risque de très mal finir... 
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :4
Le 19 mars 2008
Vivement la suite
L'action s'intensifie, les dragons apparaissent ou se devinent, Althéa et Brashen vivront-ils leur amour, Malta retrouvera-t-elle Rheyn ? Que de suspense et de découverte, Kennit un Ludchance ! Merci Robin et à bientot pour la suite. Mais combien de tomes encore ? C'est long d'attendre l'échéance suivante. <em>[<b>Réponse du modérateur :</b> Le tome 9, "Les marches du trône", est prévu au Club pour la fin du mois de mai.]</em>
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CZAR Virginie
Le 17 février 2008
La suite...
J'adore les sagas de Robin Hobb, je les dévore à une vitesse fulgurante. Sauriez-vous me dire quand le tome 9 sortira chez France Loisirs ? Je l'attends avec impatience, Malta, Althéa et les autres me manquent. <em>[<b>Réponse du modérateur&nbsp;:</b> Le tome 9 paraîtra au catalogue Eté.]</em>
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orseau isabelle
Le 15 avril 2008
Super saga
Vivement le volume 9, j'ai devoré cette histoire, on devient vite acro aux Vivenefs.
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Le 15 décembre 2007
Passionnant !!!!!!!!!
Cette saga de Robin Hobb est passionnante, on ne peut s'arrêter de lire les aventures d'Althéa, de Malta et des autres. Vivement la suite, il me tarde de découvrir ce qu'il va advenir de tout ce petit monde !!!!!
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Extrait

1

Alliances


« Parangon, Parangon, que faut-il que je fasse avec toi ? »
Le ton de Brashen était très doux. Le bruissement de la pluie qui aspergeait le pont était plus sonore que la voix grave du capitaine. Et, de cette voix la colère semblait absente, ne se devinait que le chagrin. Parangon ne répondit pas. Depuis que Brashen avait interdit qu'on adressât la parole à la figure de proue, elle-même avait gardé le silence. Lavoy était venu à la lisse, une nuit, et avait tenté d'enjôler Parangon pour le faire sortir de son mutisme mais il était resté inébranlable dans sa résolution. Même quand le second était passé des plaisanteries à la compassion. Si Lavoy avait vraiment jugé que Brashen s'était montré injuste, il aurait essayé quelque chose. Qu'il n'ait rien fait prouvait bien qu'il était du côté du capitaine.
Brashen serra la lisse de ses mains froides et s'y accouda. Parangon faillit tressaillir sous l'effet de sa détresse. L'homme n'était pas un membre de sa famille et le navire n'était pas toujours capable de déchiffrer ses émotions. Mais, à des moments comme celui-là, quand il y avait contact de la chair avec le bois-sorcier, il avait une conscience assez nette de son capitaine.
« Ce n'est pas comme je l'imaginais, navire, lui dit Brashen. Commander une vivenef. Tu veux savoir quel était mon rêve ? Je rêvais que, d'une certaine façon, tu me rendrais réel, solide. Je ne serais plus le marin bourlingueur qui a déshonoré sa famille et perdu à jamais sa place à Terrilville. Je serais le capitaine Trell de la vivenef Parangon. Ça sonne bien, non ? J'ai cru qu'on se rachèterait l'un par l'autre. Je nous voyais retourner à Terrilville en triomphe, moi commandant un équipage bien aguerri et toi voguant comme une mouette à ailes grises. On nous aurait regardés en disant : "Ça, c'est du navire, et celui qui le commande connaît son affaire." Et nos deux familles qui nous ont rejetés se seraient peut-être demandé si elles n'avaient pas fait une bêtise. »
Brashen eut un petit rictus de mépris pour ses rêves insensés. « Mais je ne crois pas que mon père me reprendrait jamais. Je ne crois même pas qu'il aurait un mot aimable pour moi. Je resterai toujours seul, navire, j'en ai peur, et je me retrouverai à la fin de ma vie comme un vieil abruti, une épave échouée sur un rivage étranger. J'ai cru que nous avions une chance et je me suis dit : "Allons, une vie de capitaine est solitaire." Il ne s'agit pas de me dénicher une femme qui me supporterait plus d'une saison. Mais avec une vivenef, au moins, on sera toujours deux. J'ai cru honnêtement que je pourrais te faire du bien. J'ai imaginé qu'un jour je m'allongerais sur ton pont pour mourir, sachant qu'une partie de moi-même continuerait avec toi. Ça ne m'a pas paru si mal, à un certain moment.
« Mais aujourd'hui, regarde-nous. Je t'ai laissé tuer de nouveau. On navigue en plein dans les eaux pirates avec un équipage incapable de se réformer. Je n'ai aucune idée de la façon dont on peut s'en sortir, je ne sais pas si on a la moindre chance, et on se rapproche de Partage à chaque lame qu'on hume. Je suis plus seul que je ne l'ai jamais été. »
Parangon ne put résister au plaisir d'enfoncer le coin, quitte pour cela à rompre son vœu de silence. « Et Althéa est furieuse contre toi. Elle bouillait de colère, maintenant, c'est de la rage froide. »
Il avait espéré le mettre en fureur. Il lui était plus facile d'affronter la colère que cette profonde mélancolie. Face à la colère, on n'a qu'à crier plus fort que l'adversaire. Mais il sentit lui-même la terrible secousse qui ébranla le cœur de Brashen.
« Il y a ça aussi, admit-il, accablé. Et je ne sais pas pourquoi, c'est à peine si elle m'adresse la parole.
- Elle te parle », rétorqua Parangon rageusement. Le silence glacial, c'était à lui qu'il appartenait. Personne ne savait se taire comme lui, et certainement pas Althéa.
« Oh, elle parle, convint Brashen. Oui, commandant. Non, commandant. Et ces yeux qu'elle a, ses yeux noirs restent plats et froids comme de l'ardoise mouillée. Elle est inaccessible. » Les mots s'échappaient tout à coup, des mots qu'il aurait retenus, s'il l'avait pu. « Et j'ai besoin d'elle, ne serait-ce que pour me soutenir. J'ai besoin d'être sûr qu'il y a au moins une personne dans cet équipage qui ne me poignardera pas dans le dos. Mais elle reste là, à me regarder comme si j'étais transparent, et j'ai l'impression d'être moins que rien. Il n'y a qu'elle qui puisse me rendre malade à ce point. Et cela me donne envie de... » La phrase demeura en suspens.
« Tu n'as qu'à la flanquer sur le dos et la prendre. Ça te rendra tangible à ses yeux », compléta Parangon. Voilà qui allait sûrement le faire réagir.
Mais un silence révolté suivit ces paroles. Ni explosion de fureur ni dégoût. Au bout d'un moment, Brashen demanda à mi-voix : « Où as-tu appris à être comme ça ? Je connais les Ludchance. Ce sont des gens durs, grippe-sous, impitoyables en affaires. Mais ils sont convenables. Les Ludchance que j'ai connus étaient incapables de viol ou de meurtre. D'où cela te vient-il ?
- Les Ludchance que moi j'ai connus n'étaient peut-être pas si délicats. J'en ai vu, et combien ! des viols et des meurtres, Brashen, précisément là où tu te trouves, sur mon pont. » Et peut-être suis-je davantage qu'un objet façonné par des Ludchance. Peut-être avais-je forme et substance bien avant qu'un Ludchance ne pose la main sur mon timon.
Brashen ne répondit pas. La tempête s'annonçait. Une bourrasque de vent frappa la toile mouillée et fit gîter légèrement le navire. Le timonier et Parangon lui-même firent le rappel avant que la gîte ne s'accentue. Il sentit Brashen resserrer sa prise sur la lisse.
« Tu as peur de moi ?
- Je suis bien obligé, déclara simplement le capitaine. À une époque, nous étions seulement amis. Je croyais bien te connaître. Je savais ce qu'on disait de toi mais je pensais que peut-être ce n'était pas ta faute. Quand tu as tué cet homme, quand je t'ai vu le secouer jusqu'à le faire mourir, quelque chose a changé en moi. Alors, oui, j'ai peur de toi. » D'une voix plus basse, il ajouta : « Et ce n'est bon ni pour l'un ni pour l'autre. »
Il lâcha la lisse et se tourna pour s'en aller. La figure de proue se lécha les lèvres. La pluie diluvienne de la tempête hivernale ruisselait sur son visage entaillé. Brashen allait être trempé jusqu'aux os, et transi comme seuls peuvent l'être les mortels. Parangon chercha des mots susceptibles de le retenir. Il n'avait plus envie, subitement, d'être seul, de naviguer en aveugle dans cette tourmente, en s'en remettant au timonier qui le traitait à part soi de « maudit bateau ». « Brashen ! » appela-t-il.
Le capitaine s'arrêta, hésitant. Puis il revint sur ses pas, sur le pont qui tanguait, pour se placer à nouveau près du garde-corps. « Parangon ?
- Je ne peux pas te promettre de ne plus tuer. Tu le sais. » Il s'efforçait de se justifier. « Toi-même, tu pourrais avoir besoin que je tue. Et alors, voilà, je serais lié par ma parole...
- Je sais. J'ai essayé de réfléchir à ce que je te demanderais. Ne pas tuer. M'obéir, toujours. Mais je te connais, je sais que tu ne pourras jamais faire ces promesses. » Il ajouta, d'une voix morne : « Je ne te somme pas de promettre. Je ne veux pas que tu me mentes. »
Parangon eut soudain pitié de Brashen. Il détestait quand ses émotions fluctuaient ainsi. Mais il ne pouvait les maîtriser. Il déclara impulsivement : « Je te promets que je ne te tuerai pas, Brashen. Ça te va ? »