Accroche-toi Anna !
Accroche-toi Anna !
496 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 157465
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Au lieu de 19,00  (prix public)
Résumé
Anna, trente-deux ans, en a assez de vouer sa vie à la finance et troque son job à la City contre celui d'architecte paysagiste. Sa rencontre avec Xan va transformer son univers bien plus qu'elle ne l'imaginait avec notamment l'arrivée d'une petite Milly, neuf mois plus tard. Et voilà le papa qui s'éclipse et un vieux secret de famille qui pointe son nez. Trop, c'est trop !
Pourquoi on l'a choisi
Petites embrouilles et gros tracas. En surfant sur le quotidien des jeunes femmes d'aujourd'hui, l'auteur de Misérable Miranda et autres succès, nous offre une fois encore une irrésistible comédie aux mille rebondissements !
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :5
Le 25 février 2009
N'accroche pas
Blabla et encore un de plus et d'une anglaise en plus, non il ne m'attire pas du tout. Cordialement.
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garnier christelle
Le 03 mars 2009
Je suis fan
J'adore, je trouve que c'est du terroir moderne. Une histoire amoureuse sur un fond de métier méconnu de nos jours. Dans chaque livre d'Isabelle wolf, elle propose de découvrir de nouveaux métiers. A lire et relire. Et à France Loisirs : plus de choix de cette auteur !
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Le 09 juin 2009
J'ai adoré !!!
Une véritable histoire, de l'humour, de la tristesse, de l'amour, bref un reflet de notre vie au quotidien... et bien que ce roman se situe à Londres, j'ai été transportée tout au long des pages, j'ai pris le métro avec Anna, partagé sa passion pour les plantes, bref une évasion totale...
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caraibeangal
Le 12 juin 2009
A lire absolument
Facile à lire, l'intrigue vous tient en haleine jusqu'au bout ! Je vous conseille vivement ce bouquin.
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Le 12 octobre 2009
Vivement conseillé
Sur un fond d'intrigue familiale, plein de rebondissements dans la vie d'Anna, on ne s'ennuie pas une seconde. Le personnage est attachant et on s'identifie facilement. En plus on apprend le métier de paysagiste, passionnant !! Pourquoi s'en priver :)
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Extrait

1


— C'est dur, n'est-ce pas ? dit papa. De faire ses adieux.
Je hochai la tête en frissonnant légèrement dans l'air de février.
— C'est triste de la voir comme ça, vidée de ses meubles, reprit-il.
Nous contemplâmes l'arrière de la maison, dont les fenêtres sombres réfléchissaient le soleil de fin de journée.
— Tu n'aurais peut-être pas dû venir, fit-il enfin.
Je secouai la tête.
— Je voulais la voir une dernière fois.
Je sentis la main minuscule de Milly dans la mienne.
— Je voulais que Milly la voie une dernière fois, elle aussi, ajoutai-je.
J'étais passée à plusieurs reprises pour aider papa à faire les caisses, mais aujourd'hui, c'était le dernier adieu. Dès demain, l'arrivée des déménageurs de Surrey Removals mettrait un point final à notre longue histoire dans cette maison. Les souvenirs défilèrent dans mon esprit comme les images d'un film muet. Moi en short rose sur la balançoire ; mes parents enlacés sous le cerisier pour la photo de leurs noces d'argent ; Mark lançant des balles de tennis à Bob, notre border collie ; Cassie faisant la roue sur la pelouse.
— Je vais faire un dernier tour, dis-je. Juste pour vérifier... que je n'ai rien oublié.
Papa hocha la tête, compréhensif.
— Viens, Milly.
Nous entrâmes, avançant avec précaution entre les caisses ; nos pas résonnaient légèrement sur les parquets dénudés.
J'adressai un adieu silencieux à la cuisine à l'ancienne avec ses carreaux rouges et noirs ; au grand salon avec ses baies vitrées et ses murs marqués de l'empreinte fantomatique des tableaux qui y avaient été suspendus pendant trente-cinq ans. Puis nous montâmes à l'étage, vers la salle de bains.
— Étoiles de mer ! annonça Milly en indiquant les rideaux.
— Étoiles de mer, répétai-je. C'est ça. Et des coquillages, regarde, et des hippocampes... J'adorais ces rideaux, mais ils étaient trop vieux pour être conservés.
— « Bosse » à dents ! s'exclama Milly en agrippant la brosse à dents de papa. « Bosse » à dents, maman ! Elle se mit sur la pointe des pieds et tendit une main dodue vers le robinet.
— Pas maintenant, ma puce, dis-je. De toute façon, c'est la brosse à dents de grand-papa et on ne se sert pas des brosses à dents des autres, n'est-ce pas ?
— Moi, si. J'ouvris l'armoire à pharmacie. Il n'y restait plus que le nécessaire à raser de papa, son dentifrice et ses somnifères, qu'il était encore obligé de prendre chaque nuit. Sur la tablette inférieure se trouvaient quelques-uns des produits de toilette de maman – son poudrier ; son vernis à ongles rose foncé, strié de blanc à force de ne pas être utilisé ; le pot de crème pour le corps à peine entamé que je lui avais offert pour son dernier anniversaire. J'en passai un peu sur le dos de ma main et fermai les yeux.
Comme c'est gentil, ma chérie. Tu sais que j'adore Shalimar. Et quel pot énorme – j'en ai pour une éternité !
— Maman ! Viens ! (J'ouvris les yeux.) Viens ! m'ordonna Milly.
Elle m'agrippa par la main et m'entraîna vers l'escalier qui menait au deuxième étage, faisant craquer les marches de ses Startrite roses.
— Tu veux aller à la salle de jeux ?
— Oui, maman, souffla-t-elle. La salle de « zeux » !
Je poussai la porte laquée et reniflai son odeur familière de poussière et de renfermé. J'avais déjà jeté la plupart des jouets, conservant pour Milly ceux qui n'étaient pas trop déglingués. Mais il y avait toujours une pile de vieux jeux de société sur une table, un tas de déguisements en fouillis dans un panier et, éparpillées sur le lino vert, de vieilles bandes dessinées. Les débris d'une enfance heureuse, songeai-je en ramassant un vieux Dandy.
Milly fouilla dans un petit landau rose.
— Regarde ! Elle brandit l'une de mes vieilles Sindy avec l'expression de surprise triomphante d'une actrice à qui l'on remet un oscar.
— Ah... Elle, je m'en souviens...
Je pris la poupée, qui m'adressa un regard vide.
— J'avais plein de Sindy, expliquai-je. Cinq ou six. J'aimais bien les habiller.
Cette Sindy portait un chemisier élimé en vichy et une culotte de cheval crasseuse. Sa chevelure en nylon, jadis luxuriante, avait été sauvagement ratiboisée par Cassie, me rappelai-je brusquement. Tout en parcourant son crâne piquant de mon pouce, j'éprouvai un accès d'indignation rétrospective.
Je sais que Cassie t'énerve, ma chérie, me disait maman. Mais essaie de te rappeler qu'elle a six ans de moins que toi et qu'elle ne fait pas exprès d'être une peste.
— C'est toujours une peste, soufflai-je. (Je tendis la poupée à Milly.) Tu la veux, mon chou ?
— Non, fit Milly en secouant ses boucles brunes. Non, non, non, marmonna-t-elle.
Manifestement, la coupe de cheveux la rebutait. Elle fourra la poupée dans le landau.
Je jetai rapidement quelques affaires dans un sac-poubelle. Ce faisant, un billet de banque de Monopoly tomba par terre en tourbillonnant.
— Cinq cents livres... (Je le retournai entre mes doigts.) Dommage que ce ne soit pas un vrai billet – on aurait bien besoin d'un peu d'argent en ce moment... Et ça... (Je ramassai une Land Rover cabossée.)... c'était à Mark. La peinture était écaillée et une roue manquait.
— Tu te souviens d'oncle Mark ? demandai-je. Celui qui t'a envoyé Bébé Annabelle ? (Milly hocha la tête.) Il vit très, très loin, en Amérique.
— « Mérik », répéta Milly en écho.
— Tu l'as rencontré... une fois seulement, dis-je tristement. À ton baptême. (Je regardai autour de moi.) Mark et moi, on jouait souvent ici.
Je me rappelais avoir fixé les sémaphores de son train électrique et disposé des petits sapins de part et d' autre des rails.
— Lui et moi, on était très copains, mais on ne se voit presque plus maintenant. C'est triste.
Surtout pour Milly, qui n'avait pas beaucoup d'hommes dans sa vie. Un père absent, pas de frères, un seul grand-père et Mark, son seul oncle, qui habitait San Francisco depuis quatre ans.
— Ok, ma chérie, on y va. Au revoir, salle de jeux ! ajoutai-je en refermant la porte derrière nous.
— Au revoir, salle de « zeux ».
Nous traversâmes le palier pour passer dans mon ancienne chambre. Nous nous assîmes sur le lit. Je levai la tête vers le plafonnier en verre givré où je remarquai le cadavre rabougri d'une grosse araignée. Elle devait y être depuis plusieurs mois. Puis je jetai un coup d'œil aux carreaux de fenêtre : celui du bas, à gauche, était marqué d'un gros gribouillage.
— C'est moi qui l'ai fait, racontai-je à Milly, quand j'avais six ans. Mamie m'a un peu grondée. C'était vilain.
Nous nous levâmes. Je dis adieu à ma chambre en silence et en refermai la porte pour la toute dernière fois. Je jetai ensuite un coup d'œil à la chambre voisine, celle de Mark. Elle était presque vide ; ses murs blancs poussiéreux étaient mouchetés de Blu-Tack. Il l'avait entièrement vidée avant de partir pour les États-Unis, comme s'il n'avait plus jamais l'intention de revenir. Cela avait profondément blessé mes parents.
Puis nous descendîmes et je me tins sur le seuil de leur chambre.
— C'est ici que je suis née, Milly...
Tu es arrivée avec trois semaines d'avance, Anna. Mais il y avait beaucoup de neige et je ne pouvais pas me rendre à l'hôpital, alors c'est papa qui t'a mise au monde – tu te rends compte ! Il n'arrêtait pas de plaisanter en disant qu'il était ingénieur et non sage-femme, mais en réalité, il était terrorisé. Ça a été tout un drame...
Leur armoire en acajou, comme tous les autres meubles dont nous ne voulions plus, serait vendue avec la maison. Je l'ouvris du côté de maman. Les cintres cliquetèrent. Je visualisai les robes qui y étaient encore suspendues quelques mois auparavant – papa avait mis deux ans à trier ses vêtements. Pour lui, le plus difficile avait été de regarder ses chaussures, il ne pouvait s'empêcher de l'imaginer en train de les passer.
Milly et moi descendîmes enfin pour faire nos adieux au jardin – ce jardin que ma mère avait cultivé et aimé. Sans feuilles, froid, humide et assoupi, il commençait tout juste à émerger de l'hiver. Mais je me rappelais les plates-bandes débordant de phlox et de pivoines en plein été ; la lavande ondulant au-dessus du sentier ; le lilas de mai et sa jupe claire de muguet ; les ravissantes roses Albertine massées autour du porche. Chaque arbre, chaque buisson, chaque plante m'étaient aussi familiers qu'un vieil ami. Le céanothe et sa masse bleue mousseuse de fin avril ; le cognassier du Japon, ses corolles écarlates et ses fruits verts tavelés dont ma mère faisait de la gelée tous les automnes, mousseline lourde de pulpe cuite sucrée.
Chaenomeles. C'est le vrai nom du cognassier, Anna — Chaenomeles. Tu peux répéter ?
Ma mère adorait m'enseigner les noms latins des plantes : j'étais encore toute petite lorsqu'elle avait commencé à le faire. Tandis que je trottinais derrière elle dans le jardin, elle m'expliquait qu'il ne s'agissait pas simplement de fleurs roses, de buissons jaunes ou de baies rouges. C'étaient des Dianthus, des Hypericum, des Mahonia ou des Cotoneaster.
— Cette plante grimpante mauve, disait-elle, ce sont des clématites. On les appelle Jackmanii, en l'honneur de la première personne qui les a cultivées. Celle-ci, or pâle, est également une clématite – on l'appelle Tangutica. On dirait des lanternes de fée, n'est-ce pas ?
Elle pinçait les mâchoires des gueules-de-loup pour les ouvrir et me montrait les fuchsias avec leurs fleurs-ballerines.
— Regarde leurs tutus magnifiques ! disait-elle en agitant les tiges pour les faire « danser ».
À l'automne, elle frottait doucement les « pièces » argentées de la monnaie-du-pape, avec leur doublure nacrée, pour les ouvrir et me montrer les graines à l'intérieur. Petit à petit, à force de répétition, j'avais mémorisé les noms et acquis un lexique botanique – la lingua franca des plantes. Quand je fus plus grande, elle m'expliqua ce qu'ils signifiaient :
— Les noms latins sont très descriptifs. Ce petit arbre-là est un magnolia, mais on l'appelle un Magnolia stellata parce que stellata signifie « qui ressemble à une étoile » : les fleurs ressemblent en effet à des étoiles blanches – tu vois ? Cette plante-ci est une Hosta tardiflora – l'Hosta à floraison tardive ; et ce gros buddléia là-bas est un Buddleia globosa parce qu'il a des fleurs sphériques, comme de petits globes. Et celui-ci est un Berberis evanescens, ce qui signifie...
Je murmurai :
— Qui s'évanouit. Qui s'amoindrit et disparaît graduellement.
Je songeai amèrement à Xan, en me rappelant une fois de plus le conseil que m'avait donné ma mère la première fois que j'avais eu le cœur brisé. J'avais vingt ans et j'étais assise sur mon lit, en larmes :
— Jason était très... sympathique. Et, oui, il était très beau, et très bien habillé – je suppose qu'il avait aussi une belle voiture. (Je songeai, avec un pincement au cœur, à sa Lotus Elise.) Mais il n'était pas bien pour toi, ma chérie.
— Comment peux-tu dire ça ? gémis-je. Tu ne l'as rencontré qu'une seule fois.
— Mais cela m'a suffi pour constater qu'il était ce que j'appellerais – pour reprendre un terme de jardinage – une plante annuelle. Elles sont tape-à-l'œil et font beaucoup d'effet avant de disparaître pour toujours. Ce qu'il te faut, Anna, c'est une plante vivace. (Je m'imaginai brusquement mariée à un Forsythia.) Une plante vivace ne te décevra jamais. Elle reviendra année après année, fiable, digne de confiance – et sûre. Comme ton père, avait-elle ajouté. Il est toujours là pour moi. Quoi qu'il arrive...