Les déferlantes
Prix des lectrices de Elle 2009
Les déferlantes
588 pages
Couverture souple
Réf : 156739
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 21,50  (prix public)
Un petit bijou !
Résumé
Ornithologue, elle est venue sur ce bout du monde en pointe du Cotentin observer les oiseaux. Et surtout oublier. Lui est arrivé un jour de tempête. Les anciens l’ont reconnu, il venait là enfant. C’est Lambert, ses parents sont morts en mer, il y a longtemps, on n’a jamais retrouvé le corps de son frère. Drôle d’histoire... 
Pourquoi on l'a choisi
Les silences du passé. De rebondissements en révélations, de tempêtes en murmures, un roman magnifique tissé de mystère et de houle. Porté par un bouche-à-oreille exceptionnel, il est très vite devenu le best-seller inattendu de l’année 2008. Ne passez pas à côté des Déferlantes !
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :24
ROUELLE Patricia
Le 06 mai 2009
Une beauté
J'ai adoré l'histoire, très bien écrit par l'auteur Claudie Gallay que je ne connaissais pas. Un livre superbe, un vrai dépaysement, un bol d'air, bref c'était magnifique.
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chatchat
Le 06 avril 2009
Dommage
C'est dommage, un peu long à démarrer, d'accord il y a la mer, on s'y croirait mais grosse déception...
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Le 03 mars 2009
Précipitez-vous...
Ouvrez ce livre, laissez-vous emporter dans cette belle histoire, la mer n'est jamais loin, on en sent les embruns. Ecriture limpide. Un des meilleurs livres que j'ai jamais lus et je dévore... Croyez-moi... Ce livre vaut le détour...
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galide
Le 13 mars 2009
Style surprenant
Mal écrit, mais on s'habitue à la lourdeur du style qui nous entraîne jusqu'à la fin.
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gris carol
Le 25 avril 2009
Savoir lire entre les lignes
Un livre écrit de façon étrange, un livre sur les silences, l'intime et les secrets. Des personnages profonds qu'il est dur de quitter à la fin. Profond et pénétrant comme l'océan qui déferle et coule, engloutissant parfois nos vies. L'auteur écrit comme on parle une autre langue, celle des non dits, celle du silence, celle du secret. Tombée par hasard sur ce livre acheté parce qu'il parle de l'océan que j'adore, je suis restée sous le charme de ses pages. Lorsque je lis, je sens l'odeur de la mer, le vent sur mon visage et je vois les oiseaux au-dessus de ma tête. En résumé je suis à l'intérieur des pages comme les personnages, je ressens les mêmes choses qu'eux. Lorsque le livre nous emporte aussi loin dans le voyage, c'est qu'il a atteint son objectif, nous faire décoller et nous donner des émotions fortes, nous emporter en lui.
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Remarque de nadine roynette du 09/11/11
Si loin de la mer, j'en ai senti l'embrun lors de cette lecture; j'ai adoré.
serre roland
Le 25 avril 2009
Captivant
J'ai été séduite par le lieu où se déroule l'histoire (la Pointe de La Hague) et bien sûr par les personnages et leurs secrets. Moi, j'ai bien aimé le style d'écriture qui décrit une atmosphère lourde. Par moment, cela ressemble à un roman policier. J'avoue que je redoutais de terminer cette lecture.
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APPERE Maryse
Le 15 avril 2009
Quel ennui !
Arrivée aux 3/4 du livre, (j'attendais de trouver enfin quelque chose d'intéressant), j'ai abandonné. Perte de temps libre (précieux!), et perte d'argent !
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Le 21 février 2009
Magnifique
Des goûts et des couleurs... Eh bien, moi, j'ai aimé le style, l'écriture et l'atmosphère envoûtante de ce récit. J'avais l'impression de me trouver balayée par les vents et d'entendre les vagues s'écraser sur les rochers... Mais ce genre de roman ne se lit pas n'importe quand : il nous saisit quand on est prêts à l'être ! Laissez-vous aller, c'est superbe !
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Eliane
Le 06 février 2009
Longueur et langueur
Style d'écriture simpliste, désolée pour l'auteur mais à la 200ème page, la lecture m'ennuie. Je vais essayer de ne pas craquer pour refermer le livre.
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Le 09 février 2009
Revigorant comme une tempête
Une écriture qui vous entraîne comme la marée, des allées et venues entre le présent et le passé, un moment de lecture "déconnectant" pendant lequel il m'a semblé humer l'odeur iodée de la Bretagne.
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nadine
Le 27 février 2009
En douceur
Il est vrai que quand on ouvre le livre, l'odeur de la mer, le bruit des vagues et des mouettes ainsi que le souffle du vent sont présents. Des personnages peu bavards et les secrets survolent au fil des pages, il faut être patient pour lire cette histoire. Je serai présente au salon du livre en espérant le faire dédicacer par CLAUDIE GALLAY.
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Le 30 mai 2009
Passionnant
Habituée à lire des livres de 300 pages maxi, j'ai lu "Les déferlantes" en 3 jours, très agréable à lire, histoire très sympa.
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NATSI
Le 09 juin 2009
La parenthèse
Un très bon moment de lecture, pendant lequel on s'évade, on débranche tout pour se mettre au rythme de ces personnages qui sont tous en attente...et qui se dévoilent petit à petit. Des êtres en souffrance qui vont peu a peu renaître à la vie. Finalement tout peut recommencer un jour...
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MYRTILLE
Le 10 juin 2009
Superbe, envoûtant
On ne peut que se laisser porter par les embruns et le mystère. C'est un des meilleurs livres actuels. Pour moi un bon livre, c'est celui que qui vous submerge et que l'on n'oublie pas. Les Déferlantes en fait partie. A lire absolument.
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amina
Le 19 juin 2009
Simplement superbe !!!
Style d'écriture surprenant au début, c'est vrai ! Mais on se laisse emporter très vite ! J'ai adoré ! Quel plaisir de lire ce livre bien calé dans son canapé avec une bonne couverture et partir en voyage à travers ce récit ! Ce livre nous transporte vraiment dans l'univers de l'auteur ! Ce livre est vraiment poignant et généreux ! Il se peut que les non-satisfaits n'aiment pas la mer ou ne la connaissent pas suffisamment pour se laisser emporter ! Note pour Claudi Gallay : j'habite à Saint Nazaire(44), quand serez-vous dans ma région pour avoir une dédicace ? Et merci pour ce livre, je vous découvre à travers lui et j'ai beaucoup aimé ! Mmina "dite Mimi"
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Ada
Le 06 août 2009
Persévérance
Ecriture quelque peu dérangeante. Phrases courtes. Utilisation de language parlé un peu déroutant au début. L'histoire des personnages principaux est un peu délayée dans les histoires d'autres personnages sans grand intérêt. Il faut persévérer, s'accrocher malgré tout. C'est surtout la fin qui est intéressante.
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SAOU Françoise
Le 01 septembre 2009
J'ai aimé... tout simplement
J'ai bien aimé ce gros "pavé" que j'ai lu, en vacances dans le Cotentin; l'ambiance, la mer, les vagues y étaient. Agréable à lire. Ma fille l'a lu avant moi et partage mon avis...
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so50
Le 19 août 2009
J'ai adoré
Tout est réuni pour nous tenir en haleine jusqu'à la fin... et notre belle région du Cotentin, mise suberbement à l'honneur, est trop rare !!! Merci Claudie !
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apb
Le 17 septembre 2009
Déferlante... d'écume !
Rarissime : je n'ai pas fini le livre ! C'est très très lent, on n'en finit pas de traverser une route ou d'entrer dans un café ! L'histoire n'avance pas, et les personnages non plus d'ailleurs. Une ambiance Bretagne en novembre super pesante : rien à voir avec le titre, dommage !
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Le 29 octobre 2009
Eaux troubles...
J'ai adoré , je me suis retrouvée dans un autre monde où les personnes n'osent rien dire du passé , tout est caché, des non-dits et du suspense... tout cela dans une histoire d'amour et beaucoup de dépaysement, je me suis évadée, régalée.
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Le 20 novembre 2009
Agréable lecture
J'ai lu ce livre cet été, au bord de l'océan, et il m'a transporté. Les personnages sont très attachants un peu à la manière d'"Ensemble c'est tout" d'Anna Gavalda... J'ai vraiment passé un très agréable moment.
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Raf
Le 27 décembre 2009
Trop long
Je n'ai pas aimé. Trop long et pas de style pour une enseignante, dommage...........
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Le 17 janvier 2010
Le secret du phare
Ouvrage excellent tant par son suspense, que par le cadre dans lequel se déroule cette histoire. Deux coeurs brisés qui se cherchent. Très émouvant.
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LDV
Le 07 septembre 2011
Envoûtantes déferlantes...
Je ne connaissais pas l'auteure de ce livre dont j'ai tant entendu parler dans les milieux littéraires. J'ai trouvé cet ouvrage formidable. L'auteure possède une finesse et une élégance de style qui lui est propre ; elle maîtrise l'écriture des phrases courtes qui entraînent des non-dits au sens si explicite. Je recommande cet ouvrage aux amoureux du style littéraire car Claudie Gallay possède un véritable don très particulier. L'histoire des personnages peut paraître banale mais elle a su la rendre extrêment envoûtante et y mêler un suspense haletant, tout en décrivant perpétuellement l'âme tourmentée, inquiétante ou rassurante à la fois de la Hague, petit coin du monde si sauvage et reculé mais tellement vivant.
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Lu dans la presse
« Les Déferlantes est un petit bijou ! 500 pages qui claquent, giflent, se dévorent et, au final, explosent et vous laissent KO. KO et heureux. Chaque phrase est ciselée dans l'acier des sentiments les moins avouables. On commence à lire et l'on est hypnotisé. Par le style, simple et superbe. Par les personnages, troubles et duplices. Par l'histoire, inquiétante et ensorcelante. »

François Busnel, L'Express


« Une intrigue qui commence là où se termine la terre : des personnages écorchés vifs, une nature omniprésente et hostile. Claudie Gallay confirme son talent avec ce nouveau roman. »

Christine Ferniot, Lire
Extrait
La première fois que j'ai vu Lambert, c'était le jour de la grande tempête. Le ciel était noir, très bas, ça cognait déjà fort au large.
Il était arrivé un peu après moi et il s'était assis en terrasse, une table en plein vent. Avec le soleil en face, il grimaçait, on aurait dit qu'il pleurait.
Je l'ai regardé, pas parce qu'il avait choisi la plus mauvaise table, ni pour cette grimace sur le visage. Je l'ai regardé parce qu'il fumait comme toi, les yeux dans le vague, en frottant son pouce sur ses lèvres. Des lèvres sèches, peut-être plus sèches que les tiennes.
J'ai pensé qu'il était journaliste, une tempête d'équinoxe, ça pouvait faire quelques bonnes photos. Derrière la digue, le vent creusait les vagues, boutait les courants, ceux du Raz Blanchard, des fleuves noirs venus de très loin, des mers plus au nord ou des tréfonds de l'Atlantique.
Morgane est sortie de l'auberge. Elle a vu Lambert.
— Vous n'êtes pas d'ici, elle a dit en lui demandant ce qu'il voulait.
Elle avait le ton maussade des jours où elle devait servir des clients quand le temps était mauvais.
— Vous êtes là pour la tempête ?
Il a fait non avec la tête.
— Alors c'est pour Prévert ? Tout le monde vient là pour Prévert...
— Je cherche un lit pour la nuit, il a fini par dire.
Elle a haussé les épaules.
— On fait pas hôtel.
— Je peux trouver ça où ?
— Il y en a un au village, en face de l'église... ou alors à la Rogue. À l'intérieur des terres. Mon patron a une amie, une Irlandaise, elle tient une pension... Vous voulez son numéro ?
Il a hoché la tête.
— Et manger, c'est possible ?
— C'est trois heures...
— Et alors !
— À trois heures, c'est jambon-beurre.
Elle a montré le ciel, la barre de nuages qui avançait. Le soleil filtrait un peu par en dessous. Dix minutes encore et il ferait nuit.
— Ça va être le déluge ! elle a dit.
— Le déluge n'empêche rien. Six huîtres avec un verre de vin ?
Morgane a souri. Lambert était plutôt beau gosse. Elle a eu envie de lui tenir tête.
— En terrasse, on sert seulement les boissons.
Je buvais un café noir à deux tables derrière lui. Il n'y avait pas d'autres clients. Même à l'intérieur, c'était vide.
Des petites plantes au feuillage gris prenaient racine dans les fissures des pierres. Avec le vent, elles semblaient ramper. Morgane a soupiré.
— Faut que je demande au patron.
Elle s'est arrêtée à ma table, ses ongles rouges pianotant sur le rebord de bois.
— Ils viennent tous pour Prévert... On viendrait là pour quoi hein ?
Elle a jeté un coup d'œil par-dessus son épaule et elle a disparu à l'intérieur. J'ai cru qu'elle ne reviendrait pas mais elle est ressortie un moment après avec un verre de vin, du pain dans une soucoupe et les huîtres sur un tas d'algues, elle a tout posé devant lui.
Le numéro de l'Irlandaise aussi.
— Le patron a dit, D'accord pour les huîtres mais dehors, c'est sans nappe... et il faut faire vite parce que ça va tomber.
J'ai commandé un deuxième café.
Il a bu le vin. Il tenait mal son verre mais c'était un mâcheur d'huîtres.
Morgane a empilé les chaises, elle les a toutes poussées contre le mur et elle les a entravées avec une chaîne. Elle m'a fait des signes.
D'où j'étais, je voyais tout du port. La Griffue, c'est là qu'on habitait, elle avec son frère Raphaël, au rez-de-chaussée, moi seule dans l'appartement au-dessus.
Cent mètres après l'auberge, juste le quai à traverser, une maison bâtie en bout de route, presque dans la mer. Avec rien autour. Les jours de tempête, seulement le déluge. Les gens d'ici disaient qu'il fallait être fou pour habiter dans un tel endroit. Ils lui avaient donné ce nom, la Griffue, à cause des bruits d'ongles que faisaient les branches des tamaris en grinçant contre les volets.
C'était un ancien hôtel avant.
Avant, c'était quand ?
Les années 70.
Ce n'était pas très grand comme port. Un endroit comme un bout du monde, avec une poignée d'hommes et seulement quelques bateaux.
La Hague.
À l'ouest de Cherbourg.
L'est ou l'ouest, j'ai toujours confondu.
J'étais arrivée ici à l'automne, avec les oies sauvages, ça faisait un peu plus de six mois. Je travaillais pour le Centre ornithologique de Caen. J'observais les oiseaux, je les comptais, j'avais passé les deux mois d'hiver à étudier le comportement des cormorans les jours de grands froids. Leur odorat, leur vision... Des heures dehors, dans le vent. Avec le printemps, j'étudiais les migrateurs, je comptais les œufs, les nids. C'était répétitif, j'avais besoin de ça. Je cherchais aussi les causes de leur déclin sur le secteur de la Hague.
J'étais mal payée.
Mais j'étais logée.
Et je n'avais encore jamais vu de grande tempête.


Deux grands goélands sont venus gueuler devant les bateaux, le cou étiré, les ailes écartées, tout le corps tendu vers le ciel. Brusquement, ils se sont tus. Le ciel s'est épaissi encore, il est devenu très sombre mais ce n'était pas la nuit.
C'était autre chose.
Une menace.
C'était cela qui avait fait taire les oiseaux.
On m'avait avertie, Quand ça va commencer, il faudra plus être dehors.
Les pêcheurs ont vérifié une dernière fois les amarres des bateaux et ils sont partis, tous, les uns après les autres. Un rapide coup d'œil de notre côté.
Les hommes sont plus forts quand la mer remonte, c'est ce qui se dit ici. Les femmes profitent de ces moments pour se coller à eux. Elles les saisissent là où ils sont, au fond des écuries ou dans les cales des bateaux. Elles se laissent prendre.
Le vent sifflait déjà. C'était peut-être cela le plus violent, plus encore que les vagues. Ce vent, qui chassait les hommes.
Il restait nos deux tables en terrasse et plus personne autour.
Lambert s'est retourné. Il m'a regardée.
— Fichu temps ! il a dit.
Morgane est ressortie, Vous avez fini ?
Elle a ramassé son assiette, le pain, ma tasse.
Le patron avait préparé les barres, il bloquait déjà la porte.
— Ça va valser ! il a dit.
Morgane s'est tournée vers moi.
— Tu restes ?
— Deux minutes encore, oui...
Je voulais voir, tant que c'était possible. Voir, entendre, sentir. Elle a haussé les épaules. Une première goutte s'est écrasée sur le plat de la table.
— Vous poussez vos chaises en partant !
J'ai fait oui avec la tête. Lambert n'a pas répondu. Elle est partie en courant, les bras repliés autour du ventre, elle a traversé tout l'espace, de l'auberge jusqu'à la Griffue, elle est arrivée à la porte et elle s'est engouffrée à l'intérieur.
Un premier éclair a claqué quelque part au-dessus de l'île d'Aurigny, un autre plus près. Et puis le vent est venu cogner contre la digue, une première rafale, on aurait dit un coup de butoir. Les planches se sont mises à battre sous le hangar où Max réparait son bateau. Un volet mal attaché a claqué quelque part.
La mer s'est durcie, elle est devenue noire comme si quelque chose d'intolérable la nouait de l'intérieur. Le bruit assourdissant du vent s'est mêlé à celui des vagues. Ça devenait oppressant. J'ai relevé mon col. J'ai rangé ma chaise.
Lambert n'avait pas bougé. Il a tiré un paquet de cigarettes de sa poche. Il semblait calme, indifférent.
— Vous partez ?
J'ai fait oui avec la tête.