Accueil Livres Suspense-SF Fantastique, SF, Fantasy L'épée de vérité, tome 4 : Le temple des vents
L'épée de vérité, tome 4 : Le temple des vents
Terry Goodkind
608 pages
(série en 12 tomes)
Couverture souple. 15,4 x 24 cm
Réf : 118624
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 25,00  (prix public)
Disponible
Un combat entre le bien, le mal... et l'amour !
Résumé
« L'incendie viendra avec la lune rouge. Celui qui est lié à l'épée verra mourir les siens. »
Ainsi commence la prophétie qui se referme, tel un piège mortel, sur Richard et Kahlan. L'Épée de Vérité en main, Richard Rahl a combattu la mort en personne et secouru le peuple de D'Hara. Mais à présent l'empereur Jagang, puissant jusqu'à la démence, lui oppose un ennemi insaisissable : une horrible maladie, un fléau qui déferle inexorablement sur le pays et frappe des milliers de victimes innocentes, à commencer par les enfants.
Pour étouffer les flammes de l'enfer, Richard doit chercher un remède dans le vent... mais il est pris entre deux feux, car selon la fatale prophétie, il devra perdre la femme qu'il voulait épouser, ou sa propre vie.
Dans ce combat, Richard et Kahlan vont tout risquer, y compris leur amour, pour mettre au jour la source du fléau : une magie enfermée depuis trois mille ans dans le Temple des Vents...
« Mais sur ce chemin, la foudre le frappera, car sa bien-aimée le trahira dans son sang. »
Ainsi parle la prophétie.
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :15
PADL
Le 17 octobre 2006
Excellent mais...
Histoire sublime, le tome 5 existe déjà dans les autres librairies, mais à 23 euros environ voire plus. J'attends aussi la collection France Loisirs. Cependant, bien que je sois âgé de 24 ans et très spécialisé dans ce genre de romans, je trouve qu'il existe dans ces histoires des passages très violents pour des gamins de moins de 15 ans. Même moi, j'ai été plus ou moins choqué par certaines descriptions. Je conseille donc aux parents de faire attention à leurs enfants, comme pour un film trop violent à la télé.
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Le 04 janvier 2006
Meilleure série
C'est sûrement la meilleure épopée de science-fiction que j'ai lue jusqu'à aujourd'hui et j'ai hâte de lire la suite. J'aimerai savoir quand le tome 5 paraîtra. D'avance merci.
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Le 10 janvier 2006
Fantastique
C'est un livre tout simplement excellent. J'étais d'abord un peu réticente lorsqu'une amie m'a conseillée de le lire, j'ai été complètement conquise dès les premières pages. J'ai lu les 4 en un rien de temps et j'attends avec impatience le tome 5 !
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MILHET Michel
Le 12 janvier 2007
Incontournable
Je rejoins un peu l'avis de Mika pour le côté répétitif de la série. En fait, c'est surtout la structure globale de chaque tome qui est répétitive : une situation initiale sereine, une succession de péripéties et un retour à la stabilité. *Cependant*, cela présente l'avantage d'offrir une fin partielle au lecteur à la fin de chaque tome, ce qui permet d'attendre plus facilement la suite, sans avoir à se demander "J'en étais où déjà ? Il a abattu son épée sur le Mriswith à la fin du précédent tome ou pas ?". De plus, cela peut aussi encourager les lecteurs qui ont peur du multi-volumes à découvrir cette fabuleuse épopée, et qui pourront éventuellement s'arrêter en chemin si la lassitude les guette. Concernant l'histoire, je la trouve très originale. Terry Goodkind nous fait découvrir de nouvelles peuplades, de nouveaux pouvoirs, lieux et personnages à chaque tome. Les personnages principaux sont attachants et réalistes. Et les prophéties qui vous tiennent en haleine sont bien ficelées, surtout dans le tome 4 ! Une saga à recommander à toutes et à tous. Vivement la suite !
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sulik alisendre nathalise
Le 01 janvier 2007
Un régal !
De la première ligne du tome 1 à la dernière du tome 4, difficile de s'arrêter ! J'ai dévoré la série cet été et attends avec impatience le tome 5. Toutefois, non recommandé pour des enfants, des scènes très violentes.
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Le 18 janvier 2007
Vivement les deux prochains tomes
Trés bonne saga ! J'attends les deux autres tomes avec impatience.
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tauby laetitia
Le 27 janvier 2006
Le meilleur livre que j'ai lu
Il me tarde de lire la suite. Quand sort le tome 5 en collection France Loisirs ?
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flavignard Gaëlle
Le 05 août 2007
Du pur bonheur !
Enfin une série à la hauteur de l'excellent "Assassin Royal" de Robin Hobb ! Richard et Kalahan sont très attachants, l'histoire est riche en rebondissements et le rythme d'enfer ! J'adore !
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duchesne jean-miche
Le 09 janvier 2006
De la Fantasy ?
NON ! De la TRES grande fantasy. On reste scotché, on dévore du début à la fin, c'en est même un crève-coeur que de reposer le livre parce que les yeux n'arrivent plus à suivre. Les 3 premiers tomes avalés en 10 jours, je me ronge les ongles en attendant la livraison du 4. Merci Goodkind, vous venez de rejoindre Tolkien et Eddings dans mon panthéon.
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Le 03 juillet 2007
Magique
En démarrant le premier de la série, je n'ai pu croire qu'un auteur pouvait encore autant capturer mon attention, j'ai eu le sentiment de vivre l'aventure, d'en voir les images. J'attends l'achat du 5ème avec impatience.
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CHAREYRE damien
Le 31 décembre 2005
Du grand livre pour tous les fans de Tolkien
Fan de Tolkien, j'ai lu le tome 1 et suis tombé sur une qualité de détails géniaux et une histoire qui monte crescendo de page en page. Un écrivain que je ne connaissais pas à mon grand regret. Simplement génial, que dis-je extra... A lire sans modération. De plus les personnages sont super-attachants.
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Le 23 janvier 2007
A lire d'urgence
Le tome 4 de "L'épée de vérité" est certainement le plus abouti de la série, le meilleur ouvrage d'aventure que j'ai jamais lu ! Dépêchez-vous d'imprimer le tome 5 qui existe déjà en librairie. Le tome 6 est prévu pour le début de cette année... Cool !
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Le 31 décembre 2005
Un nouveau tolkien est né
Enfin, le dernier tome est arrivé. Depuis la première page du premier tome, on plonge dans un monde féérique, digne des héros de Tolkien "le seigneur des anneaux". Malgré, les nombreuses pages que compte chaque livre, ça se lit à une vitesse incroyable. Pour les amoureux du genre, je vous recommande ce livre. Bonne lecture et bon voyage dans le monde féerique et épique.
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Le 17 janvier 2007
Vite
A quand la traduction chez France Loisirs de la suite......? Dépêchez-vous, j'ai hâte de retouver Richard et Kahlan !
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LAVALL Isabelle
Le 07 janvier 2006
Fantastique
Ce livre est vraiment excellent, dans l'esprit de la "série" de l'épée de vérité, un livre indépendant, écrit magnifiquement, et qui fait vivre cet univers décalé mais pourtant pas si lointain de nous. Un livre tout simplement splendide.
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Terry Goodkind grandit à Omaha, Nebraska. Après ses études, il exerce plusieurs métiers : peintre en faune et flore, luthier, restaurateur d'artefacts rares et exotiques, acquérant ainsi un bagage culturel qui s'avérera fort utile dans son écriture.
En 1983, Goodkind s'installe dans les forêts du nord-est américain qu'il aime tant. Là, dans les bois, non loin de l'océan, il construit la maison dans laquelle il vit en compagnie de sa femme, Jeri. C'est au début des années 1990 que la saga de L'Épée de vérité va naître dans son esprit.

"Dès que j'ai commencé à jeter les premières lignes de L'Épée de vérité sur le papier," dit-il, "j'ai su que je venais de trouver ma voie. J'avais enfin trouvé ce à quoi j'allais dédier ma vie."
Extrait

Chapitre premier


— Laissez-moi le tuer ! insista Cara.
Sur les dalles de marbre, ses grandes enjambées furieuses produisaient un vacarme épouvantable.
— Pas question ! répéta Kahlan.
Les bottes en cuir souple qu'elle portait sous sa longue robe blanche d'Inquisitrice bruissaient à peine tandis qu'elle s'efforçait de suivre le rythme de la Mord-Sith - sans pour autant courir. Une question d'amour propre...
Cara ne dit plus rien, ses yeux bleus rivés sur le bout de l'interminable couloir qu'elles remontaient. Devant elles, une dizaine de soldats d'harans en uniforme de cuir et cotte de mailles traversaient une intersection. Même s'ils ne brandissaient pas leurs armes traditionnelles - des épées très simples ou des haches au tranchant en forme de croissant -, ils gardaient les mains près de leurs poignées. Tous les sens aux aguets, ils sondaient la pénombre, entre les colonnes et sous les embrasures de porte. Immergés dans leur concentration, ils gratifièrent la Mère Inquisitrice de hochements de tête à peine polis.
— Le tuer ne suffira pas, dit Kahlan. Il nous faut des réponses...
La Mord-Sith plissa le front, l'air étonné.
— Quand ai-je dit qu'il ne parlerait pas avant de mourir ? Attendez que je me sois occupée de lui, et vous verrez comme il sera volubile. (Cara eut un sourire sans joie.) C'est la définition même du travail d'une Mord-Sith : obtenir des réponses d'un sujet... (le sourire s'élargit, comme toujours quand elle évoquait ses compétences professionnelles)... avant de l'entendre pousser son dernier soupir.
— Cara, soupira Kahlan, combien de fois devrai-je te dire que ce n'est plus ton travail ? Ni ta vie... Aujourd'hui, ton devoir est de protéger Richard.
— C'est pour ça que cet homme doit mourir ! L'épargner mettrait en danger le seigneur Rahl.
— Tu te trompes ! Pour le bien de Richard, nous découvrirons ce qui se trame, mais pas en utilisant tes méthodes douteuses.
— À vos ordres, Mère Inquisitrice ! lâcha froidement la Mord-Sith, son sourire volatilisé.
Kahlan se demanda comment Cara avait pu se changer si vite. Dès que des ennuis se profilaient, une des trois Mord-Sith - au moins - jaillissait de nulle part, miraculeusement vêtue de son uniforme de cuir rouge.
Comme elles le précisaient volontiers, sur cette couleur, le sang ne se voyait pas...
— Tu es sûre que cet homme a dit ça ? Ce sont vraiment ses paroles ?
— Mot pour mot, Mère Inquisitrice. Je vous en prie, permettez-moi de le tuer avant qu'il tente de mettre ses menaces à exécution.
Occupée à ne pas se laisser distancer, Kahlan jugea inutile de gaspiller son souffle en répondant.
— Où est Richard ? demanda-t-elle.
— Vous voulez que j'aille le chercher ?
— Non, mais je désire savoir où le trouver, en cas de problème.
— Parce que selon vous, nous n'en avons pas déjà un ?
— À t'en croire, deux cents soldats pointent leurs armes sur cet homme. Avec autant de haches, d'épées et d'arcs prêts à le tailler en pièces, quel mal peut-il faire ?
— Darken Rahl, mon ancien maître, savait que l'acier ne suffit pas toujours à écarter le danger. C'est pour ça que nous étions toujours à ses côtés, prêtes à agir.
— Ce monstre faisait exécuter des gens sans prendre la peine de savoir s'ils en voulaient à sa vie. Richard n'est pas comme ça, et moi non plus. Quand une menace est réelle, tu sais que je n'hésite pas à l'éliminer. Mais si notre homme est plus puissant qu'il ne le paraît, pourquoi tremble-t-il devant de vulgaires armes ? Pour finir, souviens-toi que les Inquisitrices ne sont pas sans ressources face aux périls insensibles à l'acier...
— Gardons la tête froide, Cara. Quand on exerce le pouvoir, les jugements hâtifs sont dangereux.
— Si vous estimez que l'homme est inoffensif, pourquoi suis-je obligée de courir pour ne pas arriver dix minutes après vous ?
S'avisant qu'elle avait pris un demi-pas d'avance sur sa compagne, Kahlan ralentit l'allure.
— Parce qu'il s'agit de la sécurité de Richard, souffla-t-elle.
— Bref, vous êtes aussi inquiète que moi ! triompha Cara.
— Bien entendu ! Mais si cet homme est plus que ce qu'il semble être, le tuer risque d'amorcer un piège mortel.
— Peut-être... Et c'est justement pour ça que les Mord-Sith existent.
— Bon, où est Richard ?
Cara saisit l'extrémité de son gant renforcé de fer, près de sa manche, le remonta au maximum, plia le poing et fit osciller l'Agiel pendu à son poignet par une chaîne d'argent. Cette banale lanière de cuir d'un pied de long et d'un pouce de large était en réalité un instrument de torture. Sa copie conforme pendait autour du cou de Kahlan. Pour elle, il ne s'agissait pas d'une arme, mais d'un cadeau de Richard, symbole de la douleur qu'ils avaient tous deux endurée - et des sacrifices qu'ils avaient consentis.
— Il est derrière le palais, dans un des jardins privés. (Cara lança une main derrière son épaule.) Celui qui se trouve par là... Raina et Berdine l'accompagnent.
Rassurée d'apprendre que les deux Mord-Sith veillaient sur son bien-aimé. Kahlan s'autorisa une question plus personnelle.
— C'est lié à la surprise qu'il me prépare ?
— Quelle surprise ?
— Allons, Cara, il t'en a sûrement parlé !
— Bien entendu, puisqu'il ne me cache presque rien...
— Alors, de quoi s'agit-il ?
— J'ai juré de me taire.
— Si tu me mets dans la confidence, je ne vendrai pas la mèche.
Comme les précédents, le sourire de la Mord-Sith n'exprima aucune joie.
— Le seigneur Rahl a le don de découvrir les choses qu'on préférerait lui cacher...
Pour l'avoir vérifié plusieurs fois par elle-même, Kahlan ne contesta pas cette affirmation.
— Dis-moi ce qu'il fait dehors !
— Des choses qu'on ne peut pas faire dedans, éluda Cara, les mâchoires serrées. Vous le connaissez, il adore ça !
D'un coup d'œil, Kahlan confirma ses soupçons : les joues de la Mord-Sith étaient plus rouges que son uniforme.
— Quel genre de choses ?
Une main gantée devant la bouche, Cara murmura :
— Il apprivoise des tamias.
— Pardon ? Tu ne peux pas parler un peu plus fort ?
— D'après lui, ces écureuils miniatures se sont montrés parce que le temps se radoucit. Et il a décidé de les apprivoiser. (Accablée, la Mord-Sith ajouta :) En leur donnant des graines.
Kahlan sourit en imaginant Richard, le nouveau maître de D'Hara - et depuis peu des Contrées du Milieu, qui venaient lui manger dans la main - occupé à convaincre des tamias de picorer également dans sa paume.
— Cara, voilà une activité qui semble bien innocente...
Alors qu'elles dépassaient deux gardes d'harans, la Mord-Sith s'assouplit de nouveau le poing droit.
— Il leur apprend à manger dans les mains de Berdine et de Raina ! précisa-t-elle, indignée. Si vous les entendiez glousser comme des oies parce que ça les chatouille ! (Désespérée, elle leva les bras au ciel.) Des Mord-Sith qui pouffent de rire !
Kahlan serra les dents pour ne pas en faire autant.
Cara tira en avant la longue natte blonde qui pendait dans son dos et la caressa nerveusement. La Mère Inquisitrice frissonna : ce geste lui rappelait la façon dont Shota, la voyante, flattait ses serpents.
— Tu sais, fit-elle pour apaiser l'ire de la Mord-Sith, elles n'aiment peut-être pas ça. N'oublie pas qu'elles sont liées à Richard. Quand il leur donne un ordre, elles n'ont pas le choix...
Cara en resta bouche bée de surprise. Voilà qu'on essayait de la calmer en lui faisant gober un pieux mensonge !
Si les trois Mord-Sith étaient prêtes à défendre Richard au péril de leur vie - comme elles l'avaient souvent prouvé - le lien magique ne les empêchait pas d'ignorer ses ordres quand elles les jugeaient sans importance, dictés par un caprice ou mal avisés. Et Kahlan le savait parfaitement !
À dire vrai, les trois femmes en rajoutaient dans l'insubordination. Ravies que Richard les ait affranchies des règles strictes de leur profession, elles usaient avec enthousiasme de leur liberté. Darken Rahl, le père de leur nouveau seigneur, les aurait abattues sur-le-champ s'il avait soupçonné qu'elles envisageaient de désobéir à un de ses ordres - aussi peu vital fût-il.
— Il faut que vous l'épousiez au plus vite, Mère Inquisitrice, dit enfin Cara. Quand il viendra vous manger dans la main, il n'aura plus le temps de forcer de pauvres Mord-Sith à se ridiculiser.
Kahlan rayonna à l'idée de ce que deviendrait sa vie quand elle aurait épousé Richard. À savoir, très bientôt...
— Il m'a demandé ma main, et il l'aura. Mais tu devrais te douter, comme tout le monde, qu'il ne viendra jamais y manger. Ce n'est pas son genre, et je ne voudrais pour rien au monde qu'il le fasse.
— Si vous changez d'avis, consultez-moi, et je vous dirai comment vous y prendre...
Cara regarda les soldats qui grouillaient à présent autour d'elles. Sur ses ordres, ils inspectaient tous les couloirs et ouvraient toutes les portes...
— Egan aussi est dans le jardin, continua la Mord-Sith. Le seigneur Rahl ne risquera rien pendant que nous nous occuperons de cet homme.
Kahlan oublia aussitôt ses rêves d'avenir.
— Au fait, comment est-il entré ? Il s'est infiltré avec les pétitionnaires ?
— Non, répondit Cara, revenue au ton glacial caractéristique de sa profession. Mais croyez-moi, je le découvrirai... Selon ce que j'ai compris, il a abordé une patrouille, près de la salle du Conseil, et demandé où il trouverait le seigneur Rahl. Comme si le maître de D'Hara tenait une boucherie ouverte à tous les badauds en quête d'un gigot de mouton !
— C'est là que les gardes lui ont demandé pourquoi il voulait voir Richard ?
— Oui... Mère Inquisitrice, nous devrions tuer ce type !
Un frisson glacé courut le long de l'échine de Kahlan. Cara n'était pas une garde du corps agressive qui se fichait d'étriper des innocents. Elle avait peur pour Richard, et cette seule idée suffisait à lui glacer les sangs.
— Je veux savoir comment cet homme est entré! Il n'aurait jamais dû pouvoir se présenter à une patrouille à l'intérieur du palais. S'il y a une faille dans notre sécurité, il faut la découvrir avant qu'un intrus moins courtois n'en profite !
— Laissez-moi faire, et nous saurons tout.
— C'est trop risqué! S'il meurt avant d'avoir parlé, nous n'apprendrons rien, et Richard sera encore plus en danger.
— Très bien, capitula Cara, nous agirons à votre manière. Mais n'oubliez pas que j'ai des ordres à exécuter.
— Des ordres ?
— Le seigneur Rahl nous a dit de vous protéger comme nous le protégerions. (D'un coup de tête, Cara renvoya sa natte blonde derrière son épaule.) Si vous êtes imprudente, Mère Inquisitrice - ou si vos scrupules mettent en danger la vie de mon maître - je serai contrainte de ne plus approuver votre union. Car vous savez, bien sûr, que je lui ai permis de vous garder...
Le rire de Kahlan s'étrangla dans sa gorge quand elle vit l'expression fermée de Cara. Avec les Mord-Sith, on ne savait jamais sur quel pied danser. Était-ce une plaisanterie, ou une menace ?
— Allons par là, dit la Mère Inquisitrice. C'est plus court, et après cette étrange intrusion, j'aimerais voir les pétitionnaires du jour. Notre homme peut être un leurre visant à détourner notre attention du véritable ennemi - caché parmi les visiteurs officiels.
— Comment avez-vous deviné que j'avais fait boucler et mettre sous bonne garde le hall des pétitions ?
— Tu as agi discrètement, au moins ? Inutile de terroriser d'innocents pétitionnaires, si ça n'est pas indispensable.
— J'ai dit aux officiers de ne pas les malmener gratuitement. Mais la protection du seigneur Rahl est prioritaire.
Kahlan ne trouva rien à objecter à cette profession de foi.
Imité par une vingtaine de collègues postés un peu à l'écart, un duo de gardes tout en muscles s'inclina devant les deux femmes avant d'ouvrir la lourde porte revêtue de bronze qui donnait sur les arcades du hall des pétitions. Une rampe de pierre, soutenue par des balustres en forme de vasque, courait derrière les colonnes de marbre blanc. Censée séparer les arcades de la salle où attendaient les pétitionnaires, cette barrière était en réalité symbolique.
Placées à trente bons pieds de haut, des lucarnes laissaient filtrer la lumière du jour dans la salle. Cette illumination ne les atteignant pas, les arcades étaient éclairées par la lueur diffuse des lampes pendues dans les petites niches du plafond.
Fidèles à une antique coutume, des requérants - appelés les pétitionnaires - se présentaient régulièrement au Palais des Inquisitrices pour exprimer des doléances de natures très diverses. Souvent, des citoyens venus se plaindre de l'envahissante présence des vendeurs à la sauvette dans les rues côtoyaient des ambassadeurs en quête d'aide militaire pour régler un conflit frontalier. Les affaires mineures, du ressort des fonctionnaires municipaux, étaient orientées vers les bureaux idoines. À condition d'être assez importantes, ou impossibles à traiter autrement, les requêtes politiques se réglaient devant le Conseil. Et le hall des pétitions servait en quelque sorte de centre de tri...
Lors de l'attaque de Darken Rahl, beaucoup d'officiels d'Aydindril avaient perdu la vie. Saul Witherrin, le chef du protocole, comptait au nombre des victimes avec la plus grande partie de ses collaborateurs.
Après avoir vaincu Darken Rahl, et pris sa place à la tête de D'Hara - une succession dont il se serait bien passé, mais qu'il était né pour assumer -, Richard avait mis un terme aux incessantes querelles des royaumes membres des Contrées du Milieu. Radical, il avait exigé leur reddition inconditionnelle afin d'en faire une force apte à affronter l'Ordre Impérial - une menace venue de l'Ancien Monde qui risquait de les balayer tous.