"Atmosphère, atmosphère..."
Prix public   : 15,00 
12,90 €
Les plantes dépolluantes
Les plantes dépolluantes
Purifier l'air de la maison ou du bureau avec des plantes
Geneviève Chaudet
Ariane Boixière
Disponible
128 pages
Couverture souple. 16,5 x 24 cm. Photos.
Réf : 115192
Pourquoi on l'a choisi
En plus : luminosité, arrosage, température. On vous explique comment prendre soin de ces végétaux qui assainissent l'air ambiant.
Résumé
Les plantes d'intérieur sont décoratives, mais saviez-vous qu'elles dépolluent l'air de nos appartements, maisons et bureaux propices aux émanations de substances nocives (monoxyde de carbone, ammoniac...). Ce livre propose 38 plantes à adopter pour se faire du bien. À chaque pièce, son choix adapté : ficus dans la cuisine, lierre dans le séjour, fougère de Boston au bureau, palmier dans la salle de bain, etc.
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Le 09 septembre 2009
95 adhérents sur 183 ont trouvé cet avis utile.
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Tout y est
A chaque pièce, sa plante dépolluante ! C'est clair, complet, bien expliqué : indispensable.
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Le 02 avril 2010
33 adhérents sur 56 ont trouvé cet avis utile.
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Verdure
Un bouquin pas mal pour qui veut des plantes. Il permet de savoir quelle plante acheter en fonction de l'endroit où l'on souhaite la mettre. Plein d'explications claires et non barbantes sur les base de la botanique. Joliment illustré, je recommande.
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Paysagiste d'intérieur, Geneviève Chaudet est à l'origine de l'association Plant'airpur, dont l'objectif est de promouvoir l'utilisation des plantes dans la purification de l'air intérieur de nos bâtiments.
Ariane Boixière est journaliste, passionnée par la nature.
Extrait

Avant-propos

Un air plus sain dans votre maison grâce aux plantes ? Cela vous parait peut-être surréaliste, mais accueillir ces invitées qui ne vous veulent que du bien va pourtant contribuer à améliorer notablement la qualité de l'air intérieur de votre maison.

Car, si nous sommes attentifs à la composition de l'eau que nous buvons et si nous nous préoccupons de notre équilibre alimentaire, de la provenance des aliments qui nous nourrissent chaque jour, en revanche, la qualité de l'air que nous respirons reste une notion encore méconnue ; et plus encore les effets nocifs que la pollution de l'air peut induire sur notre santé.

Il ne faut pas oublier que les quelque 12 mètres cubes d'air que nous respirons par jour proviennent d'espaces clos dans lesquels nous passons jusqu'à 80 % de notre temps. Et, bonne nouvelle, si la qualité de l'air extérieur est difficile à maîtriser, nous pouvons au moins contrôler celle de l'air intérieur et nous attaquer davantage aux origines d'un air pollué.

Bien entendu, cela signifie que, pour agir sur cette pollution quotidienne et invisible, il faut avant tout intervenir sur les sources de pollution et les réduire en suivant les recommandations des professionnels de la santé et du bâtiment.

Bien plus qu'un réquisitoire, cet ouvrage se veut un mode d'emploi à l'usage de tous ceux pour qui bien vivre, c'est aussi « respirer sain ». Quel que soit notre niveau de connaissance sur les plantes d'intérieur, il a pour objectif de vous éclairer sur une solution à la portée de tous pour remédier partiellement à la pollution de l'air intérieur.

Chaque geste effectué pour entretenir et maintenir en bonne santé nos amies les plantes est une façon agréable de préserver notre santé et celle de nos proches.




Les recherches
sur la qualité de l'air intérieur

Aujourd'hui, tout le monde ou presque connaît le protocole de Kyoto, établi en 1997, portant sur la pollution de l'air extérieur ainsi que sur ses conséquences les plus immédiates : la réduction de la couche d'ozone et le réchauffement du climat de la planète. Cette prise de conscience, qui a été très lente, est le fruit d'un cheminement initié par de nombreux scientifiques dans le monde entier.

La notion de qualité de l'air est apparue pour la première fois en 1974. Elle concernait non pas l'air extérieur mais l'air intérieur.

La qualité de l'air intérieur a été alors l'objet d'études scientifiques approfondies menées par les Américains, et tout d'abord par un jeune étudiant spécialisé en sciences de l'environnement, Bill Wolverton, qui fut embauché par la National Aeronautics and Space Administration (NASA) pour étudier la qualité de l'air dans les engins spaciaux habités. Il créa ainsi un habitat écologique fermé qui reproduisait à petite échelle les conditions de vie des aéronautes dans l'espace.

Pourquoi écologique ? Parce que en introduisant une plante, donc un être vivant naturel, dans cet espace, il a tenté de rapprocher ce dernier de l'environnement naturel des humains, la terre. Cet habitat écologique était un espace clos, une boîte hermétiquement fermée dans laquelle de l'air était injecté au moyen d'un tuyau et où se trouvait une plante installée dans un pot. On a introduit dans cette boîte de l'air pollué et mesuré sur vingt-quatre heures les variations en quantité de chaque polluant absorbé par la plante. Bill Wolverton a ensuite élargi ses études à l'air ambiant des bureaux et des habitations.

Le premier biofiltre
Bill Wolverton fut le premier, en 1989, à tester dans sa propre maison un système de biofiltre amélioré associant une plante (un pothos) en pot à du charbon actif et à des micro-organismes contenus dans le substrat. Il installa sous le pot un petit ventilateur chargé de créer un mouvement d'air descendant afin que les polluants soient absorbés et décomposés par les micro-organismes des racines.

Il a mesuré l'absorption de plusieurs composés chimiques par une multitude de plantes d'intérieur choisies parmi les plus courantes. Celles-ci étaient enfermées dans des chambres hermétiques remplies d'air propre, puis il injectait des polluants à des concentrations proches de celles relevées dans les habitations. Il constata alors que certaines plantes étaient plus efficaces que d'autres pour absorber certains polluants.

Un retentissement international
Les travaux de Bill Wolverton vont inspirer bien des scientifiques à travers le monde. En 1991, des chercheurs canadiens se lancent dans des recherches sur l'air intérieur pilotées par le ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources, en testant l'efficacité des plantes dans un logement situé dans la banlieue de Montréal, la maison Novtec.

En 1992, la directrice générale de Plants for Clean Air Council (association américaine promouvant le droit pour tous à un air pur), Jan Roy, se fait la porte-parole de Bill Wolverton et donne une conférence aux Pays-Bas sur le thème de l'épuration de l'air par les plantes, lors des Floriades de cette année-là.

Une diffusion en Europe
Ensuite tout va très vite, notamment en Europe, où des chercheurs se montrent eux aussi intéressés par ces travaux. L'Allemagne et la Suisse se lancent dans les recherches sur l'absorption des polluants de l'air par les plantes. En France, le gouvernement envisage en 1993 la création de l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur.

• Le Syndicat national des paysagistes d'intérieur (SNPI) ne tarde pas à comprendre l'intérêt de ces avancées scientifiques et, dès novembre 1994, souhaite faire valider les recherches du docteur Wolverton par les scientifiques français pour pouvoir communiquer sur le sujet et en tirer des applications concrètes. Il prend alors contact, en février 1995, avec le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) pour engager une collaboration d'études. Le laboratoire de physiologie végétale du centre d'études nucléaires de Cadarache réalise en effet des travaux de recherches sur les émissions de gaz par les plantes cultivées en espace clos ainsi que l'étude des capacités de résistance et d'adaptation des végétaux à de nouvelles conditions climatiques.

• Puis, en avril 1995, le SNPI décide de s'adresser au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), qui s'est associé au laboratoire Pollem pour traquer les gaz polluants émis par les matériaux de construction.

À la suite de ces deux prises de contact, le SNPI remet à ces deux interlocuteurs un projet de recherches intitulé « L'assainissement de l'air à l'intérieur des locaux par l'utilisation des plantes vertes »,appelé également « Biodépollution des atmosphères confinées » (projet BAC). Mais les recherches s'arrêtent !

• En 1996, l'Office hollandais des fleurs, fort d'une étude néerlandaise montrant la corrélation directe entre la réduction du taux d'absentéisme des salariés d'entreprises et la présence de plantes vertes dans leur environnement immédiat, crée Plants for People. Il s'agit d'une agence de communication internationale destinée à assurer la promotion des bienfaits des plantes tropicales sur les lieux de travail.

• En 2000, un groupe d'hommes et de femmes passionnés par leur méfier (paysagistes d'intérieur, architectes, conseillers environnementaux, horticulteurs, fleuristes...) décide de fonder, dans les Pays de la Loire, une association visant à relayer les travaux du Plants for Clean Air Council et approfondir les démarches du Syndicat national des paysagistes d'intérieur (SNPI). Cette association, nommée Plant'Air pur, diffuse les travaux du scientifique américain et fait la promotion des bienfaits apportés par les plantes d'intérieur.

Création de l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur
Parallèlement, le 10 juillet 2001, le gouvernement lance la création - envisagée dès 1993 ! - de l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur. Composé de spécialistes en santé publique et de professionnels du bâtiment, cet organisme a pour missions d'effectuer des campagnes de prélèvement d'échantillons d'air dans des logements puis d'analyser ceux-ci pour recueillir des données scientifiques fiables et représentatives.

Il est financé par les ministères en charge du Logement, de la Santé, de l'Environnement ainsi que par l'Agence pour le développement de l'environnement et la maîtrise de l'énergie (ADEME) et est coordonné par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) dans le cadre d'un programme national de recherches sur la santé dans les bâtiments.

Le programme Phytair
Toujours en 2001, la faculté de pharmacie de Lille, dans une démarche entreprise avec le conseil régional Nord - Pas-de-Calais, souhaite rencontrer l'association Plant'Air pur et le CSTB de Nantes pour réfléchir ensemble à la mise en place d'un programme de recherches. Cette démarche résulte d'une volonté de la région Nord - Pas-de-Calais de trouver des solutions qui répondent à une pollution préoccupante au niveau local. C'est ainsi que naît le programme Phytair, en décembre 2001.

Les recherches sont réparties entre deux pôles régionaux : à Lille, elles portent sur la bio-indication (qui étudie les modifications de l'environnement en observant les plantes), tandis que le CSTB traite plutôt de la bioépuration. Le projet est signé en septembre 2002 entre la région Nord - Pas-de-Calais, le laboratoire de la faculté de pharmacie de Lille, le CSTB de Nantes et Plant'Air pur.

Les acquis des recherches françaises
Début 2007, le programme de recherche Phytair a été mené à son terme. L'évaluation des capacités d'épuration s'est effectuée au CSTB de Nantes alors que le devenir des polluants au sein des végétaux correspondait au domaine de recherche de la faculté de pharmacie de Lille. Le programme de recherche Phytair portait sur trois plantes (Chlorophyium, Drocaena marginata et Scindapsus aureus) et sur trois polluants (toluène, monoxyde de carbone et formaldéhyde).

Il s'agissait dans ces recherches d'établir une méthodologie permettant l'évaluation des procédés d'élimination des composés organiques volatils (COV) de l'air intérieur.

À Nantes, le CSTB a testé plusieurs configurations : plantes avec ou sans feuilles, plantes en cultures hors sol (sans terre ni micro-organismes), feuilles seules, sol seul. Les différentes expériences ont montré que c'est le système le plus complet qui est le plus efficace. Il s'agit bien là d'une synergie entre la plante et les micro-organismes du sol.

À Lille, l'équipe de chercheurs de la faculté de pharmacie chargés des travaux sur la bio-indication a voulu savoir ce qui se passait au sein de la plante et plus particulièrement dans les feuilles.

Comment les plantes agissent-elles contre les polluants ?
Damien Cuny et Marie-Amélie Rzepka nous ont livré le fruit de leurs recherches. Selon eux, les polluants pénètrent dans une plante par deux voies principales. La première est la voie racinaire, après la mise en solution du composé dans l'eau du sol. La seconde voie concerne l'entrée des polluants par les feuilles.

Les deux chercheurs insistent sur la difficulté à comparer les études menées actuellement (et par le passé) à travers le monde du fait de l'hétérogénéité des paramètres environnementaux dans lesquels elles sont réalisées. Ils ont ainsi mis en évidence que les simples variations d'humidité dans l'enceinte en verre au sein de laquelle avaient lieu leurs expérimentations influaient significativement sur les concentrations d'un des polluants étudiés, le formaldéhyde.

De nouvelles recherches permettraient de déterminer quels sont les micro-organismes, associés aux variétés de plantes et aux supports de cultures, impliqués dans le processus d'élimination des COV.

Toute la plante participe

Les chercheurs pensent aujourd'hui que c'est l'ensemble de la plante en terre (avec ses feuilles et ses racines, ainsi que les micro-organismes présents dans le substrat) qui est efficace sur les polluants. Mais les données manquent sur une expérimentation à long terme de l'exposition des plantes à des doses répétées et faibles aux polluants de l'air.

Une efficacité prouvée
L'ensemble des recherches menées depuis les années 1980 nous permet donc maintenant d'affirmer l'efficacité des plantes à purifier l'air intérieur. Ces travaux de laboratoire nécessitent néanmoins un « dimensionnement » grandeur nature pour étudier l'impact du rôle des plantes dans les habitations et les bureaux.

Cependant, en aucun cas les plantes ne doivent venir se substituer aux mesures à prendre pour limiter la pollution de l'air intérieur. Elles doivent accompagner des gestes simples préventifs et curatifs et permettre ainsi d'agrémenter nos lieux de vie tout en ayant un rôle bénéfique.

Tandis qu'au Japon, en 2006, on installe dans les hôpitaux des jardins écologiques destinés à améliorer le cadre de vie des malades, au Canada et en France, des chercheurs et des techniciens réfléchissent au développement de jardins filtrants ou de murs végétaux dépolluants dont les plantes associées à des systèmes de ventilation permettraient à nos immeubles de combattre le « syndrome des bâtiments malsains ».