Perte et fracas
Perte et fracas
416 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 029315
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Pas si veuf que ça...
Résumé
Difficile de faire son deuil quand on a vingt-neuf ans, du charme et un entourage aussi remuant que celui de Doug. Jeune veuf, il se laisserait bien envahir par la mélancolie, à écrire son journal. C'est sans compter avec sa sœur qui débarque, son beau-fils insupportable et les voisines qui le mettraient bien dans leur lit.
Pourquoi on l'a choisi
Le veuf joyeux. Au fil de l'humeur de son héros, le livre glisse d'une peine sincère à la jubilation excentrique. On s'émeut, on rit car l'humour et la dérision désamorcent la gravité du sujet dans cette réjouissante fresque familiale.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :8
caraibeangal
Le 12 juin 2009
Une bombe
Très bien écrit, les personnages sont en place, le livre ne donne plus envie de de s'arrêter. A lire absolument.
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Devin Anne
Le 06 avril 2009
Excellent
Je ne pourrais pas en dire beaucoup plus ! Car tout est dit. Je viens juste rajouter un "Excellent" car ce roman le mérite ! Bourré de rebondissements ! Prenant et très facile à lire ! Je le conseille vivement !
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Hercule
Le 15 janvier 2009
Un bon cynisme
Le veuf n'est pas si joyeux que ça, au contraire : il est triste, mais il sait que sa tristesse ne pourra pas durer éternellement. Ce qui le désespère plus qu'autre chose ! Doug apprend à faire le deuil de son deuil. Comme il n'est pas du genre à mener une vie sans histoires, chacun de ses gestes devient une source potentielle de complications, et un plaisir de lecture. C'est un roman très agréable, qui se lit avec délice... on en reprendrait bien un peu.
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Le 17 février 2009
Fantastique
A peine l'avais-je entre mes mains que je ne pus m'empêcher de le dévorer littéralement !!! Ce livre m'a fait rire aux éclats, émue aux larmes, bref un vrai bon livre qui donne envie de continuer, page après page, de se plonger au coeur des aventures de Doug. Une fin qui a un goût de trop peu pour moi, mais je crois que le livre aurait fait 1000 pages j'aurais quand même eu cette sensation ^^
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Slo
Le 01 juillet 2009
Pas mal mais sans plus
J'ai bien aimé mais je m'attendais à mieux. C'est un "PS I love you" au masculin. Il y a cependant de bonnes phrases cyniques qui m'ont fait sourire et c'est parfois très touchant.
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guihal huguette
Le 20 décembre 2008
Coup de coeur et de rire
Rien qu'au résumé on a envie de le lire... et dès qu'on plonge dedans, impossible de lâcher ce livre. Les péripéties de Doug qui essaye -à sa manière- de se remettre de la mort de sa femme en s'autoapitoyant tous les jours, seul dans la maison qui a constitué son bonheur. Mais sa famille, sa géniale déjantée famille, trouve que ce n'est pas assez vite : aussitôt sa soeur jumelle débarque avec ses problèmes, son ex-beau fils aussi, sa petite soeur se marie... et j'en passe des belles -notamment la voisine très sexy...- On l'aime Doug, on s'attache à lui, on l'aime quand il est si lucide sur sa vie... Ce livre raconte l'histoire de Doug, et son ré-apprentissage a vivre (conseillé de force certes) et par ses choniques qui nous dévoilent le point de vue d'un veuf. Et on pleure de cette histoire d'amour incongrue entre Hayley et Doug; la relation improbable entre Doug et son beau-fils Russ; la réconcilation avec sa... hum... mère. C'est si cynique que ça fait rire... vraiment, mon livre préféré. Il peut être lu par tous, puisque la lecture est fluide. Un excellent lire, comme tous ceux de Jonathan Tropper.
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Le 28 août 2009
Drôle et émouvant à la fois
La vraie originalité du livre, c'est qu'on vit une histoire d'amour du côté d'un homme. C'est un roman magnifique, très drôle qui vous arrache des éclats de rire, mais aussi une histoire très émouvante qui vous tire des larmes. A lire absolument et à relire l'été prochain.
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Le 01 octobre 2009
Lent mais drôle
Ceci n'est pas le meilleur de Tropper; mais la vie de son veuf est assez amusante, irritante parfois mais tellement drôle. Il faut attendre la moitié du livre pour que les évènements s'enchainent et que l'on arrête de plaindre ce bon veuf.
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Extrait

1


Russ est défoncé. Cela se voit au blanc de ses yeux, plutôt d'un rose vitreux sous les tremblements de la lampe jaunâtre du perron, aux deux disques sombres formés par ses pupilles dilatées, à ses paupières molles et à sa façon de s'appuyer nonchalamment contre le flic furibard qui vient de l'amener devant ma porte, comme s'ils étaient deux potes de beuverie sortis d'un bar en titubant. Il est un peu plus de minuit. Quand la sonnette a retenti, j'étais affalé dans ma position habituelle sur le canapé, à moitié assoupi mais totalement bourré, à m'immoler le cerveau en faisant resurgir mes souvenirs un par un comme on craque des allumettes.
« Qu'est-ce qui se passe ?
— Une bagarre a éclaté au 7-Eleven », m'explique le flic en empoignant Russ par le haut du bras, et c'est alors seulement que je remarque l'état de son visage, couvert de coupures et d'ecchymoses, ainsi que la vilaine égratignure en forme de faucille en travers de son cou.
Son T-shirt noir est déchiré au col, distendu, irrécupérable. L'un de ses piercings a été arraché et lui a laissé une plaie béante dans le lobe de l'oreille.
« Tu vas bien ?
— Va te faire foutre, Doug. »
Ça fait un bail que je ne l'avais pas vu. Il s'est laissé pousser une sorte de bouc, une petite touffe de poils drus sous sa lèvre inférieure.
« Vous n'êtes pas son père ? me demande le flic.
— Non. »
Je me frotte les yeux pour tâcher de revenir à moi. Le whisky avait déjà commencé à me chanter sa dernière berceuse et, dans ce silence juste après mon réveil en sursaut, j'ai encore l'impression d'évoluer sous l'eau.
« Il m'a pourtant dit que vous étiez son père, insiste le flic.
— Ouais. Il m'a comme qui dirait désavoué, marmonne Russ d'un ton amer.
— Je suis son beau-père, rectifié-je. Enfin, je l'étais.
— Vous l'étiez. »
Le policier prononce ces mots comme s'il venait de goûter un mauvais plat thaï et me toise avec sévérité. Il est du genre costaud, et il faut bien cela pour tenir tête à Russ - du haut de ses seize ans, avec ses épaules larges et sa carrure robuste, le gamin dépasse déjà le mètre quatre-vingts.
« Vous semblez assez jeune pour être son frère.
— J'ai été marié à sa mère, dis-je.
— Et où est-elle ?
— Elle nous a quittés.
— Il veut dire par là qu'elle est morte », lâche Russ avec dédain.
Il lève la main et décrit une courbe ascendante en sifflant, puis imite le bruit d'une explosion. « Ciao.
— Arrête ça, Russ.
— Si je veux. »
L'agent resserre son emprise autour de son bras.
« Du calme, fiston.
— Je suis pas votre fiston, rétorque Russ en se débattant pour se dégager de la poigne de fer du flic. Je suis le fiston de personne. »
Sans sourciller, l'homme le plaque contre le chambranle de la porte pour l'empêcher de remuer et se tourne vers moi.
« Et le vrai père, où est-il ?
— Aucune idée. »
Je me tourne vers Russ.
« Où est Jim ? »
Il hausse les épaules.
« Parti en Floride.
— Et Angie ?
— Avec lui.
— Ils t'ont laissé seul ?
— C'était juste pour deux nuits. Ils reviennent demain.
— Angie ?répète le policier.
— La femme de son père. »
L'homme semble un tantinet agacé, comme s'il avait un début de migraine à force de nous écouter. Je suis tenté de tout lui expliquer, de lui faire comprendre que cette histoire de famille n'est pas aussi foireuse qu'elle en a l'air, puis je me souviens qu'elle l'est, en réalité.
« Alors le gosse n'habite pas ici ?
— Si. Enfin... autrefois. C'était la maison de sa mère.
— Écoutez », soupire le flic. Il doit avoir la cinquantaine, arbore une petite moustache grisonnante et un regard las. « J'ignore ce qu'il a fumé, je n'ai rien trouvé sur lui. C'est la fin de mon service et je n'ai aucune envie de me coltiner une heure de paperasserie pour une stupide bagarre de parking. J'ai trois garçons, je sais ce que c'est. Monsieur joue les durs, mais tout à l'heure il chialait dans la voiture en me suppliant de le ramener ici. Alors, voilà le deal. Je peux soit le conduire au poste et lui coller un procès-verbal pour écarts de conduite, soit vous le confier si vous me promettez que ça ne se reproduira plus. »
Russ me fixe d'un air maussade, comme si tout était ma faute.
« Ça ne se reproduira plus, dis-je.
— Parfait. » Il relâche sa prise et Russ dégage violemment son bras avant de se précipiter à l'intérieur pour monter dans sa chambre, non sans me jeter au passage un regard de haine pure venant perforer tel un harpon ma bulle de torpeur alcoolisée.
« Merci, monsieur, dis-je au policier. C'est un bon petit gars. Il vient de traverser une année difficile.
— Pour votre information, ajoute-t-il en se grattant le menton d'un air pensif, ce n'est pas la première fois qu'il a des problèmes.
— Quel genre de problèmes ? »
Il hausse les épaules.
« Bah, les bêtises habituelles. Bagarres, essentiellement. Un peu de vandalisme. Et de toute évidence, il touche aussi à l'herbe. Sans vouloir me mêler de vos affaires, quelqu'un devrait commencer par lui imposer un couvre-feu. Voire l'emmener chez un psy.
— J'en parlerai à son père.
— La prochaine fois, il est bon pour le poste.
— Je comprends. Merci encore. »
L'homme me jette une œillade sceptique, et je me vois dans son regard - échevelé, mal rasé, à moitié ivre et les yeux injectés de sang. Il y a de quoi être sceptique.
« Désolé pour votre femme, me dit-il.
— Oui, dis-je en refermant la porte. Moi aussi. »

Là-haut, Russ est parti se coucher dans l'obscurité de ce qui était sa chambre. Tout y est absolument tel qu'il l'a laissé pour la bonne raison que, comme partout ailleurs, je n'ai touché à rien depuis la mort de Hailey. La maison est restée tel un instantané de notre vie d'autrefois, immortalisée juste avant sa désintégration. Debout sur le pas de la porte, dos à la lumière du couloir, j'observe le dessin de mon ombre projetée sur les plis de sa housse de couette tout en m'efforçant de trouver quoi dire à cet étrange gamin plein de rage auquel je suis censé me sentir lié.
« Je t'entends respirer, me lance-t-il sans bouger la tête de l'oreiller.
— Désolé, dis-je en entrant dans la pièce. C'était quoi cette histoire de bagarre ?
— Rien. Juste des connards qui ont commencé à nous chauffer.
— Des gars de ton lycée ?
— Non, plus vieux.
— Ça ne doit pas être facile de se battre quand on est défoncé.
— T'as raison. » Il se retourne et lève la tête, sourire narquois aux lèvres. « Je crois que t'es un peu mal placé pour me faire la morale sur les dangers de la drogue, hein, Cap'tain Jack Daniel's ? »
Je lâche un gros soupir.
« Ouais, c'est bien ce que je pensais. » Il se renfonce dans son lit, la tête entre les bras. « Écoute, j'ai eu une soirée longue et merdique, alors si ça te dérange pas trop...
— Je l'ai perdue moi aussi, Russ. »
Il émet un bruit sourd dans son oreiller - ricanement, sanglot étouffé ? difficile à dire - et murmure :
« Ferme la porte en partant. »