Le testament d'Ariane
Françoise Bourdin
340 pages
(saga en 2 tomes)
Couverture cartonnée
Réf : 449790
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Au lieu de 20,50  (prix public)
Résumé
Au cœur des Landes, une famille est bouleversée par la mort d’Ariane. La transmission de son héritage fait ressurgir de douloureux secrets, quand Anne, la nièce, apparaît comme l’unique bénéficiaire du legs. La jeune femme et son mari mettront-ils leur amour en péril dans une lutte pour la succession ?
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Le chant de l'océan
Marie-Bernadette Dupuy
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :15
Isabelle80
Le 08 mars 2012
Vite... la suite!!!
Je n'ai pas lu ce livre... je l'ai dévoré en une journée !!! Lorsqu'on commence sa lecture, on ne peut plus s'arrêter ! Vivement, fin mai, le nouveau catalogue pour connaître la fin de l'aventure.
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Le 24 janvier 2012
Testament d'Ariane
2 jours le nez dedans, tout ça pour voir qu'il y avait un tome 2. A quand cette parution, j'ai hâte de voir la suite ? Merci.
Réponse du modérateur : Le tome 2 "Dans les pas d'Ariane" sera présenté à notre catalogue d'Eté, à la fin Mai.
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mcr64
Le 15 février 2012
testament d'Ariane
super, lu en 2 jours, vivement la suite....que va faire Ariane?????
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Emilie691
Le 07 février 2012
Le testament d'Ariane
J'ai lu ce roman en une journée, je ne suis habituellement pas du tout conquise par ce genre de lecture mais j'ai trouvé ce roman très prenant. J'ai hâte de pouvoir lire la suite.
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mask14
Le 02 mars 2012
Le Testament d'Ariane
Absolument magnifique, jamais déçue par cet auteur, je suis toujours à l'affût d'une nouvelle publication, encore plus aujourd'hui après avoir fini le premier tome, je suis trop impatiente de recevoir le deuxième.
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Le 10 mars 2012
Sublime !
Comme toujours, un livre magnifique de Françoise Bourdin prenant du début à la fin, une envie de le dévorer et de dévorer la suite... Eh bien c'est fait, je n'ai as pu attendre le prochain catalogue et c'est tout simplement formidable. Merci.
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tatadanielle
Le 06 mai 2012
Le testament d'Ariane
Tout simplement passionnant - quand on commence, on ne peut plus le lâcher !!!! Françoise Bourdin a le pouvoir de nous faire entrer dans l'histoire- j'attends le deuxième avec impatience.
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fafaphanie
Le 20 avril 2012
Magnifique
On attend la suite avec impatience, histoire passionnante de notre vie actuelle.
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NANOU47
Le 29 mars 2012
Le testament d'Ariane
Superbe ! Comme tous les livres de Françoise BOURDIN. Je n'ai pas pris le temps d'attendre la publication par France Loisirs du 2e tome, je l'ai acheté directement en librairie et je peux vous dire qu'il est aussi prenant et passionnant que le 1er tome. Quant au dernier livre "Secret d'Automne" sorti le 19/03/2012, il est magnifique, et je l'ai dévoré en deux jours !!! Bonnes lectures à tous ! Avec cet écrivain, on sait que l'on va passer un bon moment et à chaque livre, on découvre encore plus son talent ! Merci encore pour toutes ces belles histoires Mme BOURDIN.
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Remarque de DANIELLE ROY du 06/05/12
Quel titre a le TOME II du "Testament d'Ariane" - il me tarde aussi de le trouver même en librairie. merci d'avance.
goyave1
Le 02 avril 2012
Le testament d'Ariane
Comme les autres lecteurs, j'ai lu en 2 jours et attends la suite avec impatience ! Je lance aussi un appel : je voudrai lire la suite des "Vendanges de juillet", malheureusement "Juillet en hiver" ne se trouve plus ! Si queiqu'un le possède...
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Remarque de Gladys du 30/04/12
Oh je suis comme vous je ne trouve la suite nulle part... quel dommage !!!!
LEFEVRE GLADYS
Le 30 avril 2012
Extra !
Je l'ai lu d'une traite et j'attends la suite avec grande impatience !
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Le 16 janvier 2013
Epoustouflant !!!
Dès que l'on commence ce livre on ne peut plus s'en détacher !!! On s'arrête à la derniere phrase !!! J'ai dévoré ce livre et j'en ferai autant avec le tome 2 et tous ses livres !!! Chapeau madame bourdin !!! Et merci !
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Remarque de du 16/03/13
J'aime beaucoup cette romancière. Le livre "le testament d'Ariane" est attachant mais quelle surprise à la dernière page de voir "à suivre". Salutations. Mme Cuzol.
roberto
Le 17 mai 2013
Et la suite
Toujours emballé par la lecture d'un roman de Francoise Bourdin mais à quand la suite dans les pas d'ariane on devait l'avoir en mai hélas rien on reste sur sa faim doit on aller l'acheter ailleurs qu'à France Loisirs DECEPTION...
Réponse du modérateur : "Dans les pas d'Ariane" (réf. : 503965) n'est plus disponible sur notre site web. Pour l'obtenir, contactez vite le Service Client à cette adresse : http://www.franceloisirs.com/contact/contact.jsp.
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nicolette20
Le 28 mars 2013
Le testament d'Ariane
A quand la suite ? Et sous quel titre s'il est déjà connu ?
Note du modérateur : La suite s¿intitule "Dans les pas d¿Ariane" (référence : 503965) ! Il n'est plus disponible sur notre site web. Pour l'obtenir, contactez vite le Service Client à cette adresse : http://www.franceloisirs.com/contact/contact.jsp.
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Remarque de CATHERINE GOBBO du 12/05/13
J'ai contacté le service client afin de pouvoir acheter les 2 tomes.....
LEROY CORINNE
Le 04 octobre 2013
Super
J'ai adoré lire ce livre.
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Née à Paris en 1952 de parents chanteurs lyriques, Françoise Bourdin est plongée dès son plus jeune âge dans le monde artistique. Passionnée d'équitation depuis l'adolescence, elle l'est aussi par la littérature. Elle commence, dès quinze ans, à écrire des nouvelles et publie son premier roman, Les Soleils mouillés, à l'âge de vingt ans.
Plusieurs grands succès littéraires font d'elle une romancière reconnue :
    Les Vendeanges de juillet
    Comme un frère
    Nom de jeune fille
    Le Secret de Clara
    Les Bois de Battandière
    Les Années passion
    Le Choix d'une femme libre
    Rendez-vous à Kerloc'h
    Une Passion fauve
    L'Inconnue de Peyrolles
    Dans le silence de l'aube
    D'Espoir et de promesse
Elle a également signé de grandes sagas télévisées à succès : Un été de canicule et Terre indigo.
Mère de deux filles, Françoise Bourdin vit en Normandie.
Lu dans la presse
« Un ouvrage prenant, bien écrit, passionnant. Une belle saga familiale dont on attend avec impatience la suite. »

Le Courrier indépendant


« Une fois encore, Françoise Bourdin sait judicieusement camper les personnages, leurs sentiments. »

Midi Libre
Autres titres de Françoise Bourdin
D'eau et de feu
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Serment d'automne
Françoise Bourdin
Extrait

1



— Tout pour Anne, alors ?
— Oui, tout. Si je léguais une théière ou un chandelier aux autres, ils prendraient ça pour de l’humour noir. Avec un geste insouciant de la main, comme si elle chassait un moucheron, Ariane Nogaro ébaucha un sourire.
— Anne est une jeune femme remarquable, affirma-t-elle. Je la préfère depuis toujours et, à mon âge, on a le droit de se montrer sélectif dans ses affections. On a fait le tri !
— Mais vous avez trois autres neveux et nièce, lui rappela le notaire d’un ton patient.
— J’ai aussi un frère et une belle-sœur. Et alors ? On ne choisit pas sa famille, vous savez bien. Hormis Anne, ils sont tous sans intérêt pour moi.
Dans son visage émacié et ridé, ses grands yeux clairs conservaient un reste d’éclat, elle le vérifiait chaque matin dans son miroir. Elle en profita pour toiser son notaire.
— Allons, ironisa-t-elle, ne prenez pas cet air contrarié, vous n’êtes pas concerné. Quand vous leur lirez mon testament, ce n’est pas à vous qu’ils s’en prendront. D’ailleurs, je crois qu’ils n’attendent rien, je ne leur ai jamais laissé à penser qu’ils hériteraient quoi que ce soit. Je suis la tante Ariane, la vieille toquée…
Elle se leva, fit quelques pas vers la fenêtre battue par la pluie. Durant une longue minute, elle observa les gouttes d’eau qui glissaient, se rejoignaient en rigoles et filaient le long des carreaux. Un vent fort rôdait autour de la bâtisse, faisant gémir les huisseries délabrées.
— Pierre, dit-elle sans se retourner, vous êtes mon ami, n’est-ce pas ? J’ai si souvent signé, dans votre étude, de ces petits papiers qui modifient le cours d’une existence ! Pour vous, mon parcours semble peut-être cohérent, mais ma famille n’y comprendra rien. Si besoin est, vous leur expliquerez que mon seul but était de retrouver le paradis perdu. Cette quête, évidemment vouée à l’échec, m’a tout de même fait tenir debout pendant plus d’un demi-siècle.
— Pourtant, fit-il remarquer, il s’agissait d’une cause perdue, vous venez de le dire.
— Perdue mais magnifique ! J’ai eu ma revanche, je suis revenue ici.
— Pour vivre dans vos souvenirs ?
— Si on veut. La fête était finie depuis longtemps, les lampions éteints et ma jeunesse enfuie, mais j’étais de nouveau chez moi. Chez moi. Ma terre, mes murs, mon identité, le petit morceau d’horizon qui m’appartient.
— Anne ressentira peut-être les choses différemment, risqua-t-il.
— Peu importe, je ne serai plus là pour le voir. Je ne pense pas qu’on se désespère à six pieds sous terre ou du haut du ciel.
Elle fit volte-face et regagna son fauteuil. Hormis le cercle de lumière diffusé par deux lampes aux abat-jour de guingois, le reste de la pièce était dans l’ombre.
— Je suis malade, annonça-t-elle sans aucune emphase. Et je vous prie de croire que je ne deviendrai jamais grabataire, je m’en suis fait la promesse. L’hôpital est mon cauchemar car les médecins sont des ânes, ils vous prolongent au-delà du raisonnable, souvent jusqu’à l’indécence. Toutefois, je ne veux pas non plus mourir ici, ce serait trop désagréable pour Anne au cas où… Vous voyez le dilemme, mon ami ?
Elle y réfléchit quelques instants, pesant le pour et le contre.
— À une époque, on ne dissimulait pas la mort, on se recueillait devant elle, on veillait les corps. Maintenant, on les fait disparaître au plus vite, ou bien on les maquille pour leur donner « bonne mine ». La mort fait peur, on l’occulte, on l’escamote, quelle idiotie ! Nous redeviendrons poussière, c’est une de nos rares certitudes à tous.
— Ariane, murmura-t-il, vous en parlez trop. Faire votre testament vous a donné des idées noires.
— Au contraire, je suis soulagée d’avoir tout mis en ordre. Durant mes insomnies, je vais pouvoir imaginer Anne ici. Avec son caractère, et à condition qu’elle se prenne au jeu…
La grimace dubitative du notaire l’agaça mais elle décida de ne pas en tenir compte.
— Quand elle me rend visite, et au passage je rappelle qu’elle est la seule à trouver des moments pour sa vieille tante, elle est toujours délicieusement tonique. Jamais complaisante, elle me parle d’égale à égale comme si nous avions le même âge. Elle ne propose pas de faire mes courses, ne me conseille pas de me reposer, ne me demande pas si je prends bien mes médicaments, bref, toutes ces fadaises qu’on sert aux gens âgés. Elle se contente de bavarder à bâtons rompus, ensuite on mange les gâteaux qu’elle apporte chaque fois pour satisfaire ma gourmandise. Je la remercie en lui offrant deux doigts de porto qu’elle fait semblant d’apprécier, c’est son unique concession. Et puis…
Penchée en avant, elle agita son index devant le visage du notaire qui l’écoutait, sourire aux lèvres.
— Et puis elle aime mon chien !
Ils rirent ensemble, en vieux complices qu’ils étaient. Le chien en question était un molosse de cinquante kilos, doux et affectueux, mais qui effrayait tous les visiteurs.
— La première fois qu’elle l’a vu, elle ne s’est pas récriée comme mon abruti de frère : « Il va te mordre, ou au moins te faire tomber, ma parole, tu es folle ! » Non, Anne est d’une autre trempe, elle a trouvé l’animal très beau, très impressionnant, et elle a estimé que je serais en sécurité avec lui. D’après elle, c’est mieux qu’une alarme. En réalité, Goliath se montre surtout un très gentil compagnon malgré son incroyable voracité.
— Vous aimez Anne parce qu’elle aime les chiens ? s’étonna-t-il.
— C’est un bon point pour elle. Mais bien sûr, il y a des choses plus importantes. Elle a de la volonté, de la fantaisie et une sacrée personnalité. Tout ce que les autres n’ont pas. Mon frère et sa femme ont fait des enfants aussi fades qu’eux !
— Vous êtes dure.
— Je n’ai plus beaucoup de temps pour des mensonges de courtoisie.
Il la considéra un instant avec une sorte d’admiration dont il n’arrivait pas à se défendre. Elle savait qu’il la trouvait extraordinaire, non pas parce qu’il devenait sénile mais parce qu’elle était extraordinaire. Son passé tumultueux en donnait la preuve, elle avait abattu tous les obstacles sur sa route sans aucun état d’âme, elle n’était pas Madame Tout-le-monde.
— Ariane, il faut que vous mesuriez les conséquences de votre décision. Ce genre de testament pourrait faire… exploser votre famille. Dans mon étude, j’ai vu des gens se déchirer pour moins que ça. Même lors de successions bien partagées, des jalousies éclatent au grand jour, des rancunes remontent à la surface, on dirait que dès qu’il est question d’argent il n’y a plus ni amour ni respect.
— Eh bien, c’est une manière de découvrir la vérité sur les sentiments qu’on se porte, non ?
Ignorant son cynisme, il poursuivit :
— Peut-être faites-vous à Anne un cadeau empoisonné. Elle n’aura pas forcément les mêmes… priorités que vous. L’opinion de son mari entrera en ligne de compte.
— Elle fera ce qu’elle voudra, trancha sèchement Ariane.
Un petit silence s’installa entre eux jusqu’à ce qu’elle chuchote :
— Vous entendez l’océan ?
Il prêta l’oreille, finit par hocher la tête.
— Ce soir, il semble bien agité.
— Lorsque j’étais enfant, j’adorais voir les gros rouleaux frangés d’écume se fracasser sur le sable. Mon père nous avait appris la prudence, on ne nageait pas ces jours-là, on se contentait de regarder. Désormais, j’en suis réduite à ça, mon âge et mon état de santé ne me permettent plus que de regarder, alors je m’en mets plein les yeux. Heureusement, j’arrive encore à me promener un peu, j’aperçois la plage de loin ou je me traîne jusqu’à la pinède. J’y rêve au bon temps des gemmeurs…
Elle prononçait toujours ce mot avec une infinie nostalgie. Si elle avait pu racheter la propriété familiale et une infime partie des bois, l’activité du gemmage était bel et bien finie. Depuis les années quatre-vingt, on ne récoltait plus aucune résine et toute la forêt de Gascogne avait essentiellement une vocation papetière. Quelle chimère avait-elle poursuivie en voulant se réapproprier l’endroit ? Si le pin, à l’époque surnommé « l’arbre d’or », avait enrichi son père, c’est qu’il possédait alors une grande surface de forêt. Mais une mauvaise gestion de son domaine, d’incessants conflits avec ses résiniers et des goûts assez dispendieux l’avaient totalement ruiné. Il avait vendu les terres, puis la maison, au moment où Ariane fêtait ses dix-huit ans. Ce dernier anniversaire avait été sinistre, dans des pièces à moitié vidées de leurs meubles. Ariane en conservait toujours, cinquante-cinq ans plus tard, un souvenir cuisant. Certains des invités s’étaient décommandés sous divers prétextes, le buffet s’était révélé médiocre, faute d’avoir pu faire appel au traiteur habituel, et ses camarades de l’école privée où elle avait effectué toute sa scolarité l’avaient regardée avec une compassion dédaigneuse. Dans le petit monde des propriétaires forestiers, on savait manifestement que la famille Nogaro était déchue, le père ayant fait faillite. Ah, que ce mot était donc accablant ! La bourgeoisie landaise des années cinquante rejetait sans pitié tout ce qui n’appartenait plus à son milieu. Ariane s’était sentie exclue, pitoyable, une impression odieuse pour une jeune fille élevée dans le luxe et l’insouciance. Ce soir-là, blottie au fond de son lit où elle ne trouvait pas le sommeil, elle s’était juré d’avoir sa revanche. Un serment réitéré devant le camion de déménagement. Le cœur serré, elle avait vu tout ce qui restait de l’ancienne vie des Nogaro s’entasser dans le semi-remorque tandis que son père jetait un dernier regard meurtri à la façade de leur maison. « Je reviendrai ! » avait-elle pensé avec une intensité qui lui avait fait monter les larmes aux yeux. Ce serment en forme de défi avait peu de chances de se réaliser, pourtant Ariane en avait fait le credo de toute son existence et était arrivée à ses fins.
— Lorsque mes parents se sont installés à Biarritz, mon abruti de frère s’est montré tout content ! Il n’avait que onze ans, il trouvait ça à son goût. L’animation de la ville l’a ébloui car il n’aimait pas l’isolement de notre ancienne maison. Et la villa étriquée où nous nous sommes entassés lui a plu, on aurait presque dit qu’il était enfin dans son élément. Moi, je me sentais anéantie.
Jolie fille mais un peu garçon manqué à force de courir dans les pinèdes ou de se jeter dans l’océan, elle avait vite compris où était son intérêt, optant soudain pour une gracieuse féminité qui avait immanquablement attiré les regards… et les prétendants. Moins d’un an plus tard, elle s’était mariée avec un homme plus âgé qu’elle et nanti d’une jolie fortune. Le premier pas de sa revanche, qui serait suivi de bien d’autres.
— Ce n’était pas qu’une question d’argent, Pierre.
De nouveau, il eut une expression sceptique. Les trois mariages d’Ariane – deux fois divorcée, une fois veuve – l’avaient indiscutablement enrichie.
— Non, l’argent n’était que le moyen. Je poursuivais un objectif auquel je me suis accrochée bec et ongles. Le temps que je trace ma route, notre ancienne maison avait été plusieurs fois vendue et rachetée. Personne ne s’y plaisait, elle passait de main en main. Moi, je suivais ça de loin, j’attendais mon heure.
Elle avait commencé tôt à consulter Pierre Laborde, jeune notaire à Dax. Bien que n’ayant pas suivi d’études supérieures, elle possédait un sens inné des affaires, en tout cas des siennes.
— Quand j’ai enfin racheté la maison, mon frère a dit, avec l’originalité qu’on lui connaît : « Ma parole, tu es folle ! »
— N’accablez pas toujours Gauthier, protesta-t-il. Savoir se contenter de ce qu’on a est une vertu.
— Vraiment ?
Elle raillait encore mais la réflexion l’avait touchée. Pour sa part, jamais elle ne s’était sentie satisfaite, sauf le jour où elle avait enfin eu en main le trousseau de clefs de la bastide Nogaro. Étrangement, la propriété n’avait pas changé de nom. Manque d’imagination ou négligence des propriétaires successifs, cette appellation facile à retenir lui était restée.
— Gauthier a mené sa barque comme il l’entendait, admit-elle. Il a fondé sa famille, il a aimé son métier, aujourd’hui il coule une retraite paisible, tant mieux pour lui. Mais c’est moi qu’il accable à toujours me traiter de folle.
— Il n’a pas compris votre démarche.
— C’est simple, il ne comprend rien. Que je rachète la maison de notre enfance aurait pu lui sembler merveilleux, ou au moins amusant, or il n’a été que consterné. Quand je lui ai annoncé le prix que j’avais payé, savez-vous ce qu’il a dit ?
— « Ma parole, tu es… »
— Folle, oui. Il n’a jamais très bien su – ou voulu savoir – que j’avais de l’argent. Encore moins ce que j’en faisais. Comme je me suis toujours montrée économe, occupée que j’étais à réunir la somme nécessaire au rachat, peut-être en avait-il déduit que j’étais sans le sou. Ou alors, il me croyait avare !
Elle esquissa un sourire béat, se remémorant la joie guerrière qui s’était emparée d’elle le jour de la signature. Après le départ des vendeurs, Pierre avait sorti du champagne. Il était inquiet à l’idée qu’Ariane, son but étant atteint, ne sombre dans l’ennui ou la mélancolie. Elle avait beaucoup ri à cette idée. L’ennui ? Oh, grands dieux, non ! Reprendre possession des lieux allait l’occuper un moment. Solitaire dans l’âme, elle n’avait besoin de personne pour jouir de ce retour dans sa maison. Elle n’y avait d’ailleurs convié son frère qu’au bout d’un mois, une fois réinstallée dans sa chambre de jeune fille.