Le léopard
Le léopard
768 pages
Couverture souple
Réf : 423027
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Résumé
Deux femmes ont été retrouvées à Oslo, noyées dans leur sang. La brigade criminelle dépêche la belle Kaja Solness à Hong Kong. C’est en effet dans cette cité grouillante que se terre Harry Hole, un policier hanté par son passé... Mais aussi le meilleur spécialiste norvégien des crimes en série.
Pourquoi on l'a choisi
Tel un fauve chassant sa proie, Jo Nesbø referme ses griffes sur son lecteur et l’entraîne dans une traque sans pitié. Un thriller magistral, qui consacre son auteur comme le nouveau maître du genre –  il est l’auteur préféré de Michael Connelly !
Avis Top Lecteur
« Un excellent thriller mêlant suspense, folie et effroi. Le roman est construit de telle façon que le lecteur, croyant enfin toucher la solution, est continuellement redirigé vers de nouvelles pistes. Un rythme effréné, violent. Une intrigue complexe mais parfaitement maîtrisée. Avec ce roman, qu’on dévore en un temps record, le lecteur est tenu en haleine du début à la fin.[...] Alors n’attendez plus, lisez ce livre et entrez dans le monde de Nesbo ! »

Nicolas Durupt


« C’est un livre à vous scotcher à votre fauteuil ; tellement facile à lire grâce à un style clair, fluide, aéré, sans fioriture ou retour en arrière. [...] La construction est souple, mais très bien maîtrisée. Le récit est rapide, énergique, presque sans temps mort, on en ressort abasourdi. [...] Cet ouvrage n’est pas seulement un polar, mais un voyage de glace et de feu. »

Bernadette Milan
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :7
DARKCHYLDE
Le 21 février 2012
Excellent
Amateur de suspense, vous allez être servi. Quand vous ouvrez le livre difficile de le fermer. Personnages principaux très attachants. Impossible de prévoir la fin...
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Le 27 mars 2012
Magnifique
J'ai adoré ce livre ! Malgré le volume de pages, ce livre se lit très vite et très bien. Bien écrit, les mots sont fluides et l'histoire envoûtante. Une fois un chapitre fini, on pense que l'on sait dejà tout, mais ce n'est pas fini ! Une histoire pleine de rebondissements, bref un livre comme je les aime !!
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puceronne
Le 06 mars 2012
Le fauve est lâché
Deux histoires. La meurtrière : celle qui nous fait frémir, sur laquelle on s'interroge (qui peut être l'assassin ? Quel serait son mobile ?); celle sous-jacente entre services de police; le jeu du pouvoir et ses différents visages. Et le héros, blessé au sens moral qui contre vents et marées résiste aux trahisons, aux coups physiques et moraux, qui reste un "homme" au sens général mais qui "renaît". Excellent roman policier ; suspense garanti et frissons assurés.
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MRSVIRGIE
Le 02 mars 2012
Achète-moi au plus vite !
J'ai lu l'extrait et il me faut ce livre de suite, en plus il est assez costaud en nombre de pages. Voilà, je l'achète c'est tout et pour le plaisir 1 DVD pour mes pupuces.
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GUIZIOU CELINE
Le 08 juin 2012
Un peu déçue
J'ai trouvé ce livre un peu mou et du coup un peu long. Les relances de l'intrigue semblent tomber de soi. Un peu déçue !
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Remarque de corinne leclerc du 03/08/12
Je suis de cet avis , déçue !
tonton59
Le 02 juillet 2012
Aarrrghhhh !
Zéro, nullissime... à éviter sauf insommiaque, ça peut aider !
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HENRI34
Le 05 juillet 2014
Terrible la " Pomme de Léopold" !
L'inspecteur Harry Hole est tout aussi différent du célébrissime inspecteur Harry Callahan porté à l'écran par Clint Eastwood qu' Oslo peut l'être de San Francisco. Véritable antihéros, cet inspecteur Harry là, déprimé, alcoolique, amateur d'opium, abandonné par sa femme et son fils, sur le point de perdre son père, s'accroche à son enquête dans un contexte dévastateur de guerre des polices. Autour de lui, les meurtres se succèdent dans des refuges de montagne où il ne fait pas bon se réfugier. Les fausses pistes, noires bien entendu, se croisent sur les pentes enneigées de Norvège et sur celles tout aussi dangereuses d'un volcan congolais. Les trahisons et autres compromissions tombent en avalanche sur ce pauvre Harry alors que les souvenirs d'un certain bonhomme de neige ne cessent de le harceler et qu'il voit son père glisser vers une mort inéluctable. Dans ce très bon polar, noir, très noir, l'auteur fait souvent référence au grand artiste peintre norvégien Munch. Mais, s'il avait été invité à en illustrer la couverture, quelles couleurs aurait-il utilisées ? On peut s'amuser à y réfléchir : - Le gris pour le ciel de Norvège - Le blanc pour la neige qui recouvre ces magnifiques contrées - Le rouge pour le sang et la lave qui coulent à flots - Le noir , la couleur dominante, pour l'âme de l'assassin, le désespoir des victimes, et le sombre tunnel dans lequel chemine l'inspecteur Harry Hole. Enfin, pour terminer, un petit conseil : Si vous voulez savourer comme il se doit ce gros pavé de 761 pages , ne perdez pas de temps entre deux séances de lecture. Car entre les noms norvégiens vraiment pas faciles à mémoriser et les indications subtiles savoureusement instillées au fil des pages entre deux fausses pistes, il est facile de "perdre le nord" et de se trouver englouti par l'avalanche.......
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Lu, vu, entendu...
« Jo Nesbø est mon auteur de thriller favori et Harry Hole mon nouveau héros. »

Michael Connelly
Extrait
CHAPITRE 1

Noyade


Elle se réveilla. Cligna des yeux dans l'obscurité complète. Ouvrit grande la bouche et respira par le nez. Elle cilla de nouveau. Sentit une larme couler et dissoudre le sel d'autres larmes. Mais la salive ne coulait plus dans sa gorge, sa bouche était sèche et dure, ses joues tendues par l'objet à l'intérieur. Le corps étranger dans sa bouche lui donnait l'impression que sa tête allait éclater. Mais qu'est-ce que c'était, qu'est-ce que c'était ? En se réveillant, elle avait d'abord pensé qu'elle voulait redescendre. Dans ces profondeurs noires et chaudes qui l'avaient entourée. La piqûre qu'il lui avait faite agissait encore, mais elle savait que la douleur arrivait, elle le savait aux coups lents et sourds qui rythmaient son pouls et à la progression saccadée du sang dans son cerveau. Où était-il ? Juste derrière elle ? Elle retint son souffle, écouta. Elle n'entendait rien, mais sentait sa présence. Comme un léopard. On lui avait dit que le léopard était suffisamment silencieux pour pouvoir se glisser tout près de sa proie dans le noir, qu'il réglait sa respiration sur la sienne. Il retient son souffle quand vous cessez de respirer. Il lui semblait percevoir la chaleur de son corps. Qu'attendait-il ? Elle recommença à respirer. Et crut percevoir au même instant un souffle dans sa nuque. Elle fit volte-face, frappa, mais ne rencontra que le vide. Se recroquevilla, essaya de se faire petite, de se cacher. En vain.
Combien de temps avait-elle été inconsciente ?
Le stupéfiant eut un raté. Cela ne dura qu'une fraction de seconde. Mais ce fut assez pour lui donner un aperçu, une promesse. La promesse de ce qui allait venir.

Le corps étranger posé sur la table avait la taille d'une boule de billard en métal brillant, couverte de petits trous dessinant des motifs. Un cordon rouge terminé par une boucle sortait de l'un d'entre eux, et lui avait fait penser à l'arbre de Noël qu'il faudrait décorer chez ses parents pour le réveillon, dans sept jours. Avec des boules brillantes, des pères Noël, des petits paniers, des bougies et des drapeaux norvégiens. Dans huit jours, ils chanteraient Deilig er Jorden¹, et elle verrait les yeux étincelants de ses neveux et nièces quand ils ouvriraient leurs cadeaux. À tout ce qu'elle aurait dû faire d'une autre façon. Tous ces jours qu'elle aurait dû vivre à fond, franchement, remplir de joie, de souffle et d'amour. Les endroits où elle n'avait fait que passer, ceux qu'elle verrait. Les hommes qu'elle avait rencontrés, celui qu'elle n'avait pas encore rencontré. Le fœtus dont elle s'était débarrassée à dix-sept ans, les enfants qu'elle n'avait pas encore eus. Les jours qu'elle avait sacrifiés en échange de ceux qu'elle croyait obtenir.
Puis elle avait cessé de penser à autre chose qu'au couteau brandi devant elle. Et à la voix suave qui lui avait expliqué qu'elle allait mettre la boule dans sa bouche. Elle l'avait fait, bien entendu. Le cœur battant, elle avait ouvert aussi grand qu'elle pouvait et poussé la boule de telle sorte que le cordon sorte de sa bouche. Le métal avait un goût amer et salé, comme les larmes. On l'avait alors forcée à pencher la tête en arrière, et l'acier avait brûlé sa peau lorsque la lame avait glissé à plat sur sa gorge. Le plafond et la pièce étaient éclairés par une lampe placée dans un coin. Du béton gris et nu. Hormis la lampe, la pièce comprenait une table de camping en plastique blanc, deux chaises, deux canettes de bière vides, deux personnes. Elle et lui. Elle avait senti l'odeur d'un gant en cuir quand un index avait tiré légèrement sur la boucle du cordon rouge qui sortait de sa bouche. Et, la seconde suivante, c'était comme si sa tête avait explosé.
La boule avait gonflé et s'était plaquée contre les parois de sa bouche. Mais, même en écartant au maximum les mâchoires, la pression était constante. Il avait inspecté sa bouche avec une expression concentrée, comme un dentiste vérifiant qu'un plombage est correctement fixé. Un petit sourire avait trahi une certaine satisfaction.
Elle avait senti que des tiges sortaient de la boule, que c'étaient elles qui appuyaient contre le palais, contre la chair tendre sous la langue, contre la face interne des dents et la luette. Elle avait essayé de parler. Il avait écouté sans s'impatienter les sons inarticulés qu'elle émettait. Hoché la tête quand elle avait renoncé, et attrapé une seringue. La goutte au bout de l'aiguille avait brillé dans le faisceau de la lampe. Il lui avait murmuré à l'oreille : « Ne touche pas au cordon. »
Puis il l'avait piquée sur le côté du cou. Quelques secondes plus tard, elle s'était évanouie.

Elle écouta sa propre respiration terrifiée et cligna des yeux dans le noir.
Elle devait faire quelque chose.
Elle posa les paumes sur l'assise de la chaise chaude et moite à cause de sa propre transpiration et se leva. Personne ne l'en empêcha.
Elle alla à petits pas jusqu'à un mur. Le suivit à tâtons jusqu'à une surface lisse et froide. La porte métallique. Elle tira sur le verrou. Qui ne bougea pas. Fermé. Évidemment qu'il était fermé, qu'avait-elle imaginé ? Était-ce un rire qu'elle entendait, ou le son venait-il de l'intérieur de sa tête ? Où était-il ? Pourquoi jouait-il comme ça avec elle ?
Faire quelque chose. Réfléchir. Mais pour réfléchir, elle devait d'abord se débarrasser de cette boule en métal avant que la douleur ne la rende folle. Elle inséra le pouce et l'index aux coins de sa bouche. Tâta les tiges. Fit une tentative désespérée pour glisser les doigts sous l'une d'entre elles. Une quinte de toux survint, en même temps que la panique quand elle se rendit compte qu'elle ne pouvait plus respirer. Elle comprit que les tiges avaient fait enfler la chair autour de la trachée, qu'elle risquait de suffoquer très vite. Elle donna des coups de pied dans la porte en fer, essaya de hurler, mais la boule en métal étouffait les sons. Elle renonça de nouveau. S'appuya au mur. Écouta. Étaient-ce des pas prudents qu'elle entendait ? Se déplaçait-il dans la pièce, jouait-il à colin-maillard avec elle ? Ou n'était-ce que son sang qui battait dans ses oreilles ? Elle se prépara à la douleur et crispa les mâchoires. Elle parvint à peine à repousser les tiges dans la boule avant qu'elles n'obligent sa bouche à se rouvrir. La boule semblait battre, à présent, comme un cœur de fer, comme une partie d'elle.
Faire quelque chose. Réfléchir.
Des ressorts. Les tiges étaient montées sur ressort.
Les tiges avaient été libérées quand il avait tiré sur le cordon. « Ne touche pas au cordon », avait-il murmuré.
Pourquoi ? Que se passerait-il ?
Elle se laissa glisser le long du mur jusqu'à se retrouver en position assise. Un froid humide montait du sol en béton. Elle voulut crier encore, mais n'en eut pas la force. Silence. Calme.
Tous ces mots qu'elle aurait dits en compagnie de gens qu'elle aimait au lieu de ceux qui avaient comblé le silence en présence de personnes qui l'indifféraient.
Il n'y avait pas d'issue. Rien qu'elle et cette douleur insensée, sa tête sur le point d'éclater.
« Ne touche pas au cordon. »
Si elle tirait dessus, les tiges rentreraient peut-être dans la boule, et elle serait débarrassée de la douleur.
Les idées se succédaient en boucle. Combien de temps avait-elle passé ici ? Deux heures ? Vingt minutes ?
Si c'était aussi simple que tirer sur le cordon, pourquoi ne l'avait- elle pas encore fait ? À cause de la mise en garde d'une personne de toute évidence malade ? Ou était-ce une partie du jeu, qu'elle se laisse convaincre de ne pas mettre un terme à cette douleur tout à fait superflue ? Ou le jeu reposait-il sur son mépris de l'avertissement, quand elle tirerait sur le cordon pour que... pour que quelque chose d'épouvantable se produise ? Que se passerait-il, qu'est- ce que c'était que cette boule ?
Oui, c'était un jeu, un jeu horrible. Car elle devait le faire. La douleur était intolérable, sa gorge enflait, elle ne tarderait pas à suffoquer.
Elle essaya de hurler à nouveau mais elle n'émit qu'un sanglot, et elle cilla, encore et encore, sans que d'autres larmes montent.
Ses doigts saisirent le cordon qui pendait contre ses lèvres. Elle le tendit.
Elle regrettait tout ce qu'elle n'avait pas fait, c'était une certitude. Mais si une vie de renoncement l'avait placée ailleurs que là où elle se trouvait à présent, elle l'aurait choisie. Elle voulait juste vivre. Une vie tout à fait banale. C'était aussi simple que cela.
Elle tira sur le cordon.

Les aiguilles jaillirent de l'extrémité des tiges. Elles mesuraient sept centimètres de long. Quatre percèrent les joues des deux côtés, trois pénétrèrent dans les sinus, deux montèrent dans le nez et deux perforèrent le menton. Une aiguille transperça l'œsophage et une le globe oculaire droit. Deux aiguilles passèrent à travers la partie postérieure du palais et atteignirent le cerveau. Mais ce ne fut pas la cause directe du décès. La boule en métal barrant le passage, elle ne parvint pas à cracher le sang qui coulait de ses blessures. Il s'engouffra dans la trachée et les poumons, empêcha l'oxygène de passer dans le sang et entraîna un arrêt cardiaque et ce que la médecine légale qualifierait dans son rapport d'hypoxie cérébrale, soit un manque d'oxygène dans le cerveau. En d'autres termes : Borgny Stem-Myhre mourut noyée.

1. Fairest Lord Jesus, hymne chrétien. (Toutes les notes sont du traducteur.)