La maison en pain d'épices
Carin Gerhardsen
380 pages
Couverture cartonnée
Réf : 416977
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Au lieu de 19,00  (prix public)
Résumé
Une vague de meurtres frappe la Suède. Excepté leur âge, 44 ans, rien ne semble lier les victimes. Leurs chemins se sont pourtant croisés, il y a longtemps, dans la petite ville de Katrineholm. La police voit bientôt en un ancien camarade de classe, un coupable idéal...

La tension psychologique va crescendo dans ce nouveau polar venu du froid, servi par une plume affûtée comme un scalpel.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :13
Le 05 mars 2012
Vaut le detour
J'ai eu du mal à accrocher au début du livre mais j'ai finalement été très vite pris par le livre et son personnage principal, un peu de difficulté aussi avec le nom des villes, pas facile à lire :) Je conseillerai ce livre.
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Remarque de leslie fiche du 10/04/12
Je suis d'accord avec ce commentaire mais on est pris rapidement par le déroulement de l'histoire, ce n'est pas non plus un livre inoubliable mais je le conseille.
Le 05 février 2012
Manque de suspense
Agréable à lire, personnages attachants, mais j'avais cru deviner qui était le meurtrier à la 10ème page... Je me suis dit que ce n'était sûrement pas aussi simple, et qu'il y allait avoir un rebondissement... et bien non ! Dommage.
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tyliapop
Le 18 janvier 2012
Pas mal !
On est un peu intrigué par ces noms de villes scandinaves, mais le suspense est au RDV. J'ai bien aimé.
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thinkhappy
Le 03 mai 2012
Un peu décevant
Un bon thriller, mais je suis cependant restée sur ma faim...
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Jenni
Le 10 avril 2012
Déçue...
L'histoire manque de piquant, on a envie de connaître la fin alors on ne lâche pas le livre mais finalement pas de grosse surprise pour le dénouement.
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Le 24 avril 2012
La maison en pain d'épices
Déçu.
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daisy1313
Le 01 juin 2012
Moyen
L'histoire est pas mal mais je trouve qu'il manque quelque chose pour pimenter le tout.
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BBoop
Le 30 mai 2012
Décevant
L'histoire est sympa, mais j'avais deviné dès le début... donc pas de grande surprise ! Et beaucoup de questions apparues à côté de l'enquête fil rouge restent sans réponse.
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daisy1313
Le 01 juin 2012
Moyen
L'histoire est une bonne idée mais je trouve qu'il manque quelque chose pour la pimenter, j'ai eu du mal à accrocher.
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Pat63
Le 27 août 2012
Très moyen
Peu surprenant, l'idée était bonne mais son exploitation n'a rien de sensationnel.
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Le 15 juillet 2012
Pas vraiment transcendant
J'ai moi aussi eu du mal à accrocher au début du livre. Le fait que l'histoire se déroule en Suède m'avait, de prime abord, beaucoup attiré, mais en pratique, c'est plutôt difficile à lire. D'autre part, beaucoup de descriptions, ce qui alourdit là encore la lecture. Bref, on lit jusqu'au bout car le suspense est tout de même là mais ce n'est pas un livre qui restera dans les annales...
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CherryBomb
Le 18 décembre 2012
Une déception
Une énorme déception pour moi ! J'ai très vite découvert qui était le meurtrier même si on se dit que ça n'est pas possible, c'est trop facile. Eh bien non c'était bien ça. J'ai pourtant accroché au style de l'auteur, j'ai beaucoup apprécié la description des scènes de vie quotidienne qui ne sont pas toujours faciles à rendre intéressantes. Là c'était le cas, on était plongé dans la vie des différents personnages. Quelques incohérences sont également à déplorer. Bref, je ne le conseille pas tellement. J'espère que son 2ème roman est meilleur car il est dans ma PAL.
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Le 16 mars 2013
Enquête passionante
Un livre que je recommande à tous les amateurs de thriller. Univers prenant, qui m'a rendu fébrile. Bref, je l'adore.
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Carin Gerhardsen est née en Suède en 1962. Cette mathématicienne de formation a mis sa carrière de consultante en informatique entre parenthèses pour se consacrer à l'écriture de polars, une passion de longue date. Mariée et mère de deux enfants, elle vit actuellement à Stockholm.
Après La maison en pain d'épices et Hanna était seule à la maison, La comptine des coupables est le troisième roman de l'auteur à paraître en France. Il a remporté le Book Bloggers' Literature Prize et, rien qu’en Suède, la série s’est déjà vendue à plus de 600 000 exemplaires !
Extrait

Katrineholm, octobre 1968


Au sommet de la colline, parmi les pins, se dresse l’imposante bâtisse de bois. Elle semble tout droit sortie d’un conte de fées, avec ses volutes de boiseries blanches et sa façade couleur pain d’épices. Tout l’été, les pins ont protégé les enfants du soleil. Depuis l’arrivée de l’automne, ils forment une barrière de gardiens austères, empêchant le vent glacial et les intrus malveillants de pénétrer dans la cour de l’école. Un linceul de neige humide, presque fondue, recouvre le paysage. Seuls les aboiements d’un chien, au loin, viennent troubler le silence.

La porte d’entrée s’ouvre brusquement et laisse échapper un flot d’enfants dans un joyeux vacarme. Des enfants avec des vêtements neufs ou raccommodés, des grands et des petits, maigres et ronds, des blonds, des bruns, des enfants avec des nattes, des taches de rousseur, des enfants avec des lunettes ou un bonnet, des enfants qui marchent, d’autres qui sautent, ceux qui parlent et ceux qui écoutent, des enfants qui mènent la marche et d’autres qui les suivent.
La porte claque, aussitôt rouverte par une fillette coiffée d’un bonnet de fourrure synthétique blanche et vêtue d’un anorak rouge. Elle précède un garçon avec une doudoune bleu marine, une écharpe et un bonnet rouge, blanc et noir aux initiales de KSK, la seule équipe de bandy¹ tolérée dans cette partie de la ville.
Les deux enfants ne se parlent pas. Katarina, la fille, dévale la colline jusqu’à la haute grille en fer forgé.
Elle la pousse de toutes ses forces, et parvient enfin à l’ouvrir assez pour se glisser dehors avant qu’elle ne se referme. Thomas, le garçon, attrape la poignée à son tour. Il marque une courte pause et respire profondément avant de passer de l’autre côté.
Il avance et ses appréhensions se confirment. Tous les enfants sont rassemblés sur le trottoir d’en face. Il regarde Katarina. Elle poursuit son chemin sans hésitation, traverse la rue et se jette dans la gueule du monstre. Thomas, plutôt que de la suivre, décide de tourner à gauche, quitte à faire un détour pour rentrer chez lui.
À peine a-t-il fait quelques pas qu’ils se sont déjà rués sur elle. Ann-Kristin, jamais à court d’idées, le sourire narquois et l’œil mauvais, lui arrache son bonnet et le jette à Hans, le Roi Hans, sous les cris et les rires d’encouragement du reste de la meute.
Thomas s’arrête, se demande s’il doit lui venir en aide.
À cet instant, ils l’aperçoivent. Hans donne le signal et les plus excités foncent vers Thomas et le renversent. Les autres suivent, tels des chiens enragés, oubliant Katarina qui se retrouve seule, étonnée et soulagée. Elle ne s’en tire pas si mal cette fois. Elle se penche pour ramasser son bonnet en fourrure, plus tout à fait blanc, le remet quand même, et rejoint la troupe pour assister au spectacle.

D’où vient cette inventivité débordante ? Et cette solidarité indéfectible qui rassemble vingt, si ce n’est vingt-deux enfants sur vingt-trois ? Et cette autorité implicite du meneur qui galvanise une partie du groupe, soudain uni comme un seul homme et capable d’attacher un petit garçon à un poteau avec des écharpes et des cordes à sauter, pendant que quelques-uns ramassent des pierres pour le lapider ?

Thomas, incapable de résister, incapable de crier, est prostré sur le bitume humide et froid. Il ne bouge pas. Ne dit rien. Il regarde ses camarades qui lui jettent des cailloux. Sur la tête, le visage, sur le corps. Il y en a un qui lui cogne le crâne contre le poteau, plusieurs fois. Un autre le fouette avec une corde à sauter abandonnée. Certains assistent à la scène en ricanant. Des chuchoteurs ont leurs petits visages déformés par le mépris et la condescendance. Enfin, il y a les spectateurs passifs, neutres. Katarina en fait partie. Acceptée par la bande. Pour l’instant.
La maîtresse sort de l’école à son tour, aperçoit le garçon ligoté et ses camarades de jeu. Elle lève la main pour saluer un groupe de filles qu’elle frôle en poursuivant son chemin.

Ils s’arrêtent aussi brusquement qu’ils avaient commencé. En moins de trente secondes, la troupe se disperse, et les enfants reprennent le chemin de la maison, insouciants comme on l’est à leur âge. Ils repartent chacun de leur côté, seuls ou par petits groupes.

Sur le trottoir, reste un petit garçon de six ans. Son corps est couvert de bleus et son chagrin insurmontable.


Stockholm, novembre 2006, lundi soir


Il n’est que 16 heures, mais il fait déjà nuit.
De gros flocons de neige tombent du ciel et fondent dès qu’ils touchent le sol. Aveuglé par les phares des voitures, il doit rester vigilant pour ne pas se faire éclabousser pendant qu’il marche sur le trottoir. Sont-ils obligés de conduire si vite et de l’asperger de boue au passage ? Éclabousser les piétons est pourtant interdit par le code de la route. Peut-être qu’ils ne le voient pas. Il faut dire qu’il est assez peu visible – il fait nuit, il n’est pas grand et il porte des vêtements plutôt sombres. En plus, il se tient mal, c’est vrai, il marche avec les pieds en dehors, un peu comme un clown.
Non, pas un clown. Un homme discret, oui, qui ne se fâche jamais avec personne. Peut-être parce qu’il ne contredit jamais personne. En même temps, c’est un peu normal, il est presque toujours seul. Sauf au travail, évidemment. Il est employé dans une boîte d’informatique de la banlieue de Stockholm. Il distribue le courrier interne et externe aux ingénieurs, aux secrétaires, aux chefs de service, enfin à tout le monde. C’est tout ce qu’il fait, on ne lui confie pas de tâche plus complexe, comme le tri. D’autres sont mieux qualifiés pour ces choses-là, et capables de prendre des décisions importantes, si une lettre est mal adressée par exemple.
Lui, il a beaucoup de mal à prendre des décisions. En y réfléchissant bien, il n’a jamais vraiment eu d’opinion sur quoi que ce soit. Les rares fois où il a été autorisé à jouer avec d’autres enfants et où, contre toute attente, on lui a demandé son avis, il s’est aperçu qu’il n’en avait pas, finalement. Même en cherchant bien, au fond de lui-même, il ne trouvait pas de réponse sincère, tant son besoin de se fondre dans le groupe et de suivre le mouvement était fort. Tout ce qu’il souhaitait, c’était se faire accepter par son entourage.
Aujourd’hui, il a quarante-quatre ans et rien n’a changé.
Si, un jour, ce souhait se réalise, sera-t-il en mesure d’augmenter quelque peu son niveau d’exigence et d’avoir une opinion bien à lui ? Est-ce que cela viendra naturellement, s’il est respecté et valorisé ?

En arrivant dans Fleminggatan, il promène son regard sur les fenêtres de l’immeuble d’en face. Leur lumière douce et accueillante éclaire le soir d’automne et laisse entrevoir des plantes, des rideaux, des lampes avec de jolis abat-jour, des éventails venus d’Asie et différents ornements. Quelques foyers, décidément idylliques, ont même déjà sorti le bougeoir de l’Avent. Derrière chacune de ces vitres vit une famille unie, un couple harmonieux ou au moins une personne heureuse. La chaleur de la lumière et le soin apporté à la décoration sont là pour en témoigner.
Son regard s’arrête sur la fenêtre de son propre studio, mais ne trouve qu’un trou noir, derrière lequel survit à peine un ficus défeuillé près du fil d’un store à moitié baissé. La fenêtre de la cuisine est, elle aussi, désespérément vide, seul un vieux transistor y trône lamentablement. Il lui arrive pourtant de lire des magazines de déco, mais pas pour trouver des idées et aménager son propre intérieur – à quoi bon prendre la peine de décorer un appartement qu’il est le seul à voir. Et lui, qui est-il ? Une personne insignifiante. Ou peut-être personne tout simplement.
On ne le voit pas puisque les voitures l’éclaboussent de gadoue ; on ne l’entend pas – d’ailleurs il ne s’entend pas lui-même.
Non, il lit des magazines de décoration pour la même raison qu’il contemple les fenêtres éclairées. Dans son imagination, il traverse les murs et vit dans un autre monde, peuplé de gens souriants et bienveillants, confortablement installés dans leur canapé, entre de gros coussins moelleux et colorés.

Aujourd’hui, au travail, on lui a presque offert une part de gâteau.
Pas au centre de tri, où il n’y a jamais rien à fêter et où il ne passe que quelques minutes par jour pour venir chercher le courrier à distribuer dans les autres services. C’était au 11. Ils mangeaient du gâteau quand il est arrivé. Il est toujours mal à l’aise dans ce bureau, parce qu’il y passe au moment de la pause, si bien que tous le voient arriver avec son uniforme – ridicule sans doute – de postier. Uniforme, c’est un bien grand mot, disons qu’il porte une veste et un pantalon bleus. Il est, en tout cas, le seul à être vêtu de la sorte, et ce n’est jamais bon de se faire remarquer.
Et, bien sûr, ils l’ont remarqué, ou plutôt il l’a remarqué. Le comique de service. Il plaisante sur tout et sur tout le monde et a toujours quelque chose à dire. Les autres rient de ses blagues et semblent d’accord avec lui, puisqu’ils n’interviennent pas.
— Hé, toi ! le facteur, a-t-il dit, assis à la table sur laquelle était posé le gâteau, les bras croisés et les jambes étirées devant lui. Tu veux du gâteau ? Sans attendre de réponse, il a continué :
— Mais avant, faudrait que tu sautes sur ta petite trottinette et que t’ailles chercher la carte mère que je t’ai demandée hier et avant-hier. Vous êtes tous des retardés au courrier ou c’est juste toi ?
Les éclats de rire ont fusé autour de la table. À cause du jeu de mots ? À cause de lui ? Peut-être par habitude.
En tout cas, il n’a pas eu sa part de gâteau car, après tout, il n’est pas censé faire le coursier, il ne fait que distribuer le courrier.


1. Variante du hockey sur glace se jouant avec une balle de liège sur des terrains de football gelés. Sport très populaire dans les pays du Nord (N.d.T.).