L'appel de l'ange
480 pages
Couverture cartonnée
Réf : 392007
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Au lieu de 20,90  (prix public)
Résumé
Tout commence dans la cafétéria de l’aéroport Kennedy ; Jonathan, restaurateur à San Francisco, et Madeline, fleuriste à Paris, se percutent de plein fouet. Petite dispute, insultes, et chacun repart de son côté, vers son avion. Simplement, dans la bousculade, ils ont échangé leurs téléphones portables. Même modèle, même couleur, mais histoires différentes... chacun fouille dans la vie de l’autre, jusqu’à ce qu’ils découvrent l’incroyable : leurs existences respectives sont liées par un secret.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :18
Lorraine
Le 17 mars 2012
J'ADORE
J'ai adoré ce livre. Je l'ai dévoré et fini en moins d'une semaine. Vivement le prochain !!!!!
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Le 23 mars 2012
Bel appel
Un seul défaut (si l'on peut dire), j'ai mis le nez dans le livre mardi à 14h, fini le lendemain à 8h. La description sur le mobile est tellement vraie !! L'intrigue oblige à poursuivre jusqu'à la dernière page ce petit chef-d'oeuvre. Bravo !
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mariel
Le 22 février 2012
L'appel de l'ange
J'ai adoré ! Un des meilleurs livres de Guillaume Musso à mon avis avec une touche plus "aventure" et "polar". Un excellent moment de lecture.
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Casix
Le 19 mars 2012
Que d'imagination, digne d'un Musso !
D'une simple action, comme un échange de téléphone par inadvertance avec un inconnu, Musso nous entraine dans une aventure incroyable. Quelle imagination, c'est fascinant ! C'est une histoire d'amour, menée sur un fond de thriller. Les personnages sont complémentaires et attachants. C'est la rencontre de deux âmes remplies de solitude, entrainées vers un but commun : assouvir leur curiosité. Chaque début de chapitre est toujours illustré par de magnifiques citations d'auteurs divers. Une écriture simple mais qui reste néanmoins efficace.
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Le 19 avril 2012
Magnifique
Très bon roman. J'ai lu ce livre en deux jours. Prenant, haletant. Quel talent.
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Dadouu
Le 12 avril 2012
L'appel de l'ange
C'est simple Guillaume Musso est mon auteur favori... je dévore ses livres !!! Celui-ci était très beau aussi mais il ne m'a pas tenue en haleine comme les précédents, surtout après avoir lu "La fille de papier" qui lui est tout simplement bluffant, après ça reste une question de goût, j'ai hâte de lire son nouveau roman..."7 ans après" même si le dernier roman n'était pas mon préféré, je reste fidèle lectrice à Monsieur Musso !
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softaye
Le 19 avril 2012
L'appel de l'ange !
J'ai bien aimé, une histoire d'amour qui se dévoile petit à petit, et en même temps des aventures incroyables. Mais d'ou vient cette imagination ? C'est génial, vivement le prochain Musso !...
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CynthiaSR
Le 21 mai 2012
Un peu décue
Bonjour, j'adore les livres de cet auteur mais j'ai été un peu déçue par l'Appel de l'ange (moins surprise par le déroulement de l'histoire, pour ma part je l'ai trouvé trop prévisible) mais cela ne m'empéchera pas de lire son prochain roman.
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Le 20 mai 2012
Super livre !
Toujours fidèle à lui même avec action, suspense, humour... etc... Bravo pour cette belle histoire !!
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Le 15 juin 2012
Très prenant !
Très bonne lecture. Personnages attachants.
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Le 20 juin 2012
Trop trop..
Ca va trop loin, c'est vrai qu'on ne se doute pas tout de suite que l'histoire se déroule de cette façon, mais au final c'est un peu tiré par les cheveux.
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Angel21
Le 30 mai 2012
Passionnant
Je l'ai dévoré (en 2 jours) comme tous les autres livres de Guillaume Musso. Un simple échange involontaire de portable et nous voilà transporté à la suite de Madeline, Jonathan et Alice. Et toujours ces petites citations qui commencent les chapitres. Un vrai délice.
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Maggie
Le 01 juillet 2012
L'appel à la découverte
Au départ, Musso je n'aimais pas beaucoup mais L'appel de l'ange, j'ai adoré. je l'ai dévoré en une journée. Après "la présentation" des personnages, il y avait presque un rebondissement dans chaque chapitre.
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Yoarouke
Le 17 août 2012
Les anges ont aussi un smartphone !!!
Très bon roman ! Ecriture très agréable qui accroche tout suite !!! L'humour des premières pages laisse place à une véritable intrigue policière à faire pâlir plus d'un scénariste du genre !!! Suspense, rebondissements, un peu d'amour pour les fleurs bleues (dont je fais partie !!)... Bref, un bon mélange d'ingrédients à savourer dès maintenant !!!
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Calou
Le 05 septembre 2012
Bravo !
Un livre vraiment excellent, partant d'un constat très actuel : notre mobile contient notre vie. L'histoire se construit pièce par pièce et en même temps le suspense reste entier ! Les personnages sont attachants par leur réalisme. Conclusion : ne pas échanger son mobile !!!
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Le 07 novembre 2012
Sympa
J'ai adoré, c'est sympa à lire et l'histoire est originale.
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lolo83
Le 16 septembre 2012
Déçue
Trop prévisible, je n'ai pas aimé.
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claris
Le 15 septembre 2012
L'appel de l'ange
Histoire très prenante, toujours envie d'en savoir plus... Les rebondissements sont géniaux et j'ai dévoré ce livre, bref j'ai adoré...
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Lu dans la presse
« La fascination opère. On plonge dans le "mystère Musso" comme, gamin, on sautait à pieds joints dans les flaques. »

Pierre Vavasseur, Le Parisien


« Une intrigue foisonnante (...), un concept original, une écriture très visuelle. »

Thomas Mahler, Le Point


« Une stupéfaite révélation fait basculer L'Appel de l'ange dans un thriller d'une intensité que Musso n'a jamais atteinte jusqu'à présent. »

Bernard Lehut, RTL


« Un personnage formidable (...) qui se révèle le contraire de ce que l'on a pu penser. »

Olivier Barrot, Un livre un jour, France 3


« Un thriller romantique en noir et rose. (...) Une histoire qui pourrait nous arriver à tous. »

Philippe Vallet, France Info


« Une grande force romanesque (...), une intrigue policière particulièrement bien ficelée. »

Michel Wagner, L'Est républicain


« Le final est haletant, confirmant notre impression que ce jeu entre romance et thriller s'avère parfaitement maîtrisé. »

Nicolas Blondeau, Le Progrès


« Dans ce neuvième roman, l'écrivain s'affirme comme un raconteur d'histoire de talent. »

Joëlle Smet, Le Soir Magazine


« Extrêmement astucieuse, l'histoire se lit avec un réel plaisir. On est sans cesse surpris et l'épilogue qui réserve une surprise de taille illustre avec intelligence les intentions de l'auteur (...). L'Appel de l'Ange, à la fois comédie romantique et thriller hors normes demeure aussi un excellent roman sur les forces obscures de la destinée. »

La Provence
Extrait

1

L’échange


Il est des êtres dont c’est le destin de se croiser.
Où qu’ils soient. Où qu’ils aillent. Un jour ils
se rencontrent.

Claudie GALLAY

New York
Aéroport JFK
Une semaine avant Noël

ELLE


— Et ensuite ?
— Ensuite, Raphaël m’a offert une bague en diamants de chez Tiffany et m’a demandé d’être sa femme.
Téléphone collé à l’oreille, Madeline déambulait devant les hautes baies vitrées qui donnaient sur le tarmac. À cinq mille kilomètres de là, dans son petit appartement du nord de Londres, sa meilleure amie écoutait, impatiente, le compte rendu détaillé de son escapade romantique à Big Apple.
— Il t’a vraiment sorti le grand jeu ! constata Juliane. Week-end à Manhattan, chambre au Waldorf, balade en calèche, demande de mariage à l’ancienne…
— Oui, se réjouit Madeline. Tout était parfait, comme dans un film.
— Peut-être un petit peu trop parfait, non ? la taquina Juliane.
— Tu peux m’expliquer comment quelque chose peut être « trop » parfait, madame la blasée ?
Juliane essaya maladroitement de se rattraper :
— Je veux dire : peut-être que ça manquait de surprise. New York, Tiffany, la promenade sous la neige et la patinoire de Central Park… C’est un peu attendu, un peu cliché quoi !
Malicieuse, Madeline contre-attaqua :
— Si je me souviens bien, lorsque Wayne t’a demandée en mariage, c’était au retour du pub, un soir de beuverie. Il était bourré comme une rame de métro à l’heure de pointe et il est parti vomir dans les toilettes juste après t’avoir demandé ta main, c’est ça ?
— OK, tu gagnes cette manche, capitula Juliane.
Madeline sourit tout en se rapprochant de la zone d’embarquement pour essayer de trouver Raphaël au milieu de la foule compacte. En ce début de vacances de Noël, des milliers de voyageurs se pressaient dans l’aérogare qui bourdonnait comme une ruche. Certains allaient rejoindre leur famille tandis que d’autres partaient au bout du monde, vers des destinations paradisiaques, loin de la grisaille de New York.
— Au fait, reprit Juliane, tu ne m’as pas dit quelle a été ta réponse.
— Tu plaisantes ? Je lui ai dit oui bien sûr !
— Tu ne l’as pas fait languir un peu ?
— Languir ? Jul’, j’ai presque trente-quatre ans ! Tu ne crois pas que j’ai assez attendu comme ça ? J’aime Raphaël, je sors avec lui depuis deux ans et nous essayons d’avoir un enfant. Dans quelques semaines, nous allons emménager dans la maison que nous avons choisie ensemble. Juliane, pour la première fois de ma vie, je me sens protégée et heureuse.
— Tu dis ça parce qu’il est à côté de toi, c’est ça ?
— Non ! s’écria Madeline en riant. Il est allé enregistrer nos bagages. Je dis ça parce que je le pense !
Elle s’arrêta devant un kiosque à journaux. Mises bout à bout, les unes des quotidiens brossaient le portrait d’un monde à la dérive qui avait hypothéqué son avenir : crise économique, chômage, scandales politiques, exaspération sociale, catastrophes écologiques…
— Tu n’as pas peur qu’avec Raphaël ta vie soit prévisible ? assena Juliane.
— Ce n’est pas une tare ! rétorqua Madeline. J’ai besoin de quelqu’un de solide, de fiable, de fidèle. Autour de nous, tout est précaire, fragile et vacillant. Je ne veux pas de ça dans mon couple. Je veux rentrer chez moi le soir et être certaine de trouver du calme et de la sérénité dans mon foyer. Tu comprends ?
— Hum…, fit Juliane.
— Il n’y a pas de « hum » qui tienne, Jul’. Alors commence la tournée des boutiques pour ta robe de demoiselle d’honneur !
— Hum, répéta néanmoins la jeune Anglaise, mais cette fois davantage pour masquer son émotion que pour traduire son scepticisme.
Madeline regarda sa montre. Derrière elle, sur les pistes de décollage, des avions blanchâtres attendaient en file indienne avant de prendre leur envol.
— Bon, je te laisse, mon vol décolle à 17 h 30 et je n’ai toujours pas récupéré mon… mon mari !
— Ton futur mari…, corrigea Juliane en riant. Quand viens-tu me rendre une petite visite à Londres ? Pourquoi pas ce week-end ?
— J’aimerais tant, mais c’est impossible : on va atterrir à Roissy très tôt. J’aurai à peine le temps de passer prendre une douche à la maison avant l’ouverture de la boutique.
— Ben tu ne chômes pas, dis donc !
— Je suis fleuriste, Jul’ ! La période de Noël est l’une de celles où j’ai le plus de travail !
— Essaie au moins de dormir pendant le voyage.
— D’accord ! Je t’appelle demain, promit Madeline avant de raccrocher.


LUI


— N’insiste pas, Francesca : il est hors de question de se voir !
— Mais je ne suis qu’à vingt mètres de toi, juste en bas de l’escalator…
Portable collé à l’oreille, Jonathan fronça les sourcils et se rapprocha de la balustrade qui surplombait l’escalier roulant. Au bas des marches, une jeune femme brune à l’allure de madone téléphonait tout en tenant la main d’un enfant emmitouflé dans une parka un peu trop grande. Elle avait des cheveux longs, portait un jean taille basse, une veste en duvet cintrée ainsi que des lunettes de soleil griffées à large monture qui, tel un masque, cachaient une partie de son visage.
Jonathan agita un bras en direction de son fils qui lui rendit timidement son salut.
— Envoie-moi Charly et casse-toi ! ordonna-t-il, à cran.
Chaque fois qu’il apercevait son ex-femme, une colère mêlée de douleur l’envahissait. Un sentiment puissant qu’il ne contrôlait pas et qui le rendait à la fois violent et déprimé.
— Tu ne peux pas continuer à me parler comme ça ! protesta-t-elle d’une voix où perçait un léger accent italien.
— Ne t’avise pas de me donner la moindre leçon ! explosa-t-il. Tu as fait un choix dont tu dois assumer les conséquences. Tu as trahi ta famille, Francesca ! Tu nous as trahis, Charly et moi.
— Laisse Charly en dehors de ça !
— Le laisser en dehors de ça ? Alors que c’est lui qui paie les pots cassés ? C’est à cause de tes frasques qu’il ne voit son père que quelques semaines par an !
— J’en suis déco…
— Et l’avion ! la coupa-t-il. Tu veux que je te rappelle pourquoi Charly a peur de prendre l’avion tout seul, ce qui m’oblige à traverser le pays à chacune des vacances scolaires ? demanda-t-il en élevant la voix.
— Ce qui nous arrive, c’est… c’est la vie, Jonathan. Nous sommes adultes et il n’y a pas d’un côté le gentil et de l’autre la méchante.
— Ce n’est pas ce qu’a estimé le juge, remarqua-t- il, soudain las, faisant allusion au divorce qui avait été prononcé aux torts de son ex-femme.
Pensif, Jonathan posa les yeux sur le tarmac. Il n’était que 16 h 30, mais la nuit n’allait pas tarder à tomber. Sur les pistes éclairées, une file impressionnante de gros-porteurs attendaient le signal de la tour de contrôle avant de décoller vers Barcelone, Hong Kong, Sydney, Paris…
— Bon, assez parlé, reprit-il. L’école recommence le 3 janvier, je te ramènerai Charly la veille.
— D’accord, admit Francesca. Une dernière chose : je lui ai acheté un portable. Je veux pouvoir le joindre n’importe quand.
— Tu rigoles ! C’est hors de question ! explosa-t- il. On n’a pas de téléphone à sept ans.
— Ça se discute, objecta-t-elle.
— Si ça se discute, tu n’avais pas à prendre cette décision toute seule. On en reparlera peut-être, mais, pour l’instant, tu remballes ton gadget et tu laisses Charly me rejoindre !
— D’accord, abdiqua-t-elle doucement.
Jonathan se pencha sur la balustrade et plissa les yeux pour constater que Charly restituait à Francesca un petit combiné coloré. Puis le jeune garçon embrassa sa mère et, d’un pas mal assuré, s’engagea sur l’escalier roulant.
Jonathan bouscula quelques voyageurs pour être à la réception de son fils.
— Salut p’pa.
— Salut p’tit mec, lança-t-il en le serrant dans ses bras.


EUX


Les doigts de Madeline filaient sur le clavier à toute vitesse. Téléphone à la main, elle parcourait les vitrines de la zone de duty free tout en rédigeant presque à l’aveugle un SMS pour répondre à Raphaël. Son compagnon avait bien enregistré leurs bagages, mais il faisait à présent la queue pour passer les contrôles de sécurité. Dans son message, Madeline lui proposa de le rejoindre à la cafétéria.

— P’pa, j’ai une petite faim. Je peux avoir un panino s’il te plaît ? demanda poliment Charly.
La main posée sur l’épaule de son fils, Jonathan traversait le dédale de verre et d’acier qui menait aux portes d’embarquement. Il détestait les aéroports, particulièrement à cette époque de l’année – Noël et les aérogares lui rappelaient les circonstances sinistres dans lesquelles il avait appris la trahison de sa femme, deux ans plus tôt –, mais, tout à la joie de retrouver Charly, il le fit décoller du sol en le prenant par la taille.
— Un panino pour le jeune homme, un ! dit-il avec entrain en bifurquant pour entrer dans le restaurant.

La Porte du Ciel, la principale cafétéria du terminal, s’organisait autour d’un atrium au centre duquel différents comptoirs proposaient un large éventail de spécialités culinaires.
Un moelleux au chocolat ou une part de pizza ? se demanda Madeline en examinant le buffet. Bien sûr, un fruit serait plus raisonnable, mais elle avait une faim de loup. Elle posa le gâteau sur son plateau, puis le remit en place presque instantanément dès que son Jiminy Cricket lui eut susurré à l’oreille le nombre de calories que contenait cette tentation. Un peu déçue, elle piocha une pomme dans la corbeille en osier, commanda un thé citron et s’en alla régler sa commande à la caisse.

Pain ciabatta, pesto, tomates confites, jambon de Parme et mozzarella : Charly salivait devant son sandwich italien. Dès son plus jeune âge, il avait accompagné son père dans les cuisines des restaurants, ce qui lui avait donné le goût des bonnes choses et avait développé sa curiosité envers toutes sortes de saveurs.
— Fais attention à ne pas renverser ton plateau, d’accord ? conseilla Jonathan après avoir payé leur collation.
Le gamin approuva de la tête, attentif à maintenir l’équilibre précaire entre son panino et sa bouteille d’eau. Le restaurant était bondé. De forme ovale, la salle s’étirait le long d’un mur de verre qui donnait directement sur les pistes.
— On se met où, papa ? demanda Charly, perdu au milieu du flot de voyageurs.
Jonathan scruta d’un oeil inquiet la foule dense qui se bousculait entre les chaises. Visiblement, il y avait plus de clients que de places disponibles. Puis, comme par magie, une table se libéra près de la baie vitrée.
— Cap à l’est, moussaillon ! annonça-t-il en faisant un clin d’oeil à son fils.
Alors qu’il pressait le pas, la sonnerie de son téléphone retentit au milieu du vacarme. Jonathan hésita à prendre l’appel. Bien qu’il eût lui-même les bras encombrés – son bagage à roulettes dans une main et son plateau dans l’autre –, il essaya d’extirper son appareil de la poche de sa veste, mais…

Il y a une de ces cohues ! se désola Madeline en voyant l’armada de voyageurs envahir le restaurant. Elle qui avait espéré se délasser un moment avant son vol ne trouvait même pas une table où s’asseoir !
Aïe ! se retint-elle de crier alors qu’une ado décomplexée lui écrasait le pied sans un mot d’excuses.
Sale petite peste, pensa-t-elle très fort en lui lançant un regard sévère auquel la jeune fille répondit par un discret majeur tendu dont la signification ne laissait aucun doute.
Madeline n’eut même pas le temps d’être déstabilisée par cette agression. Elle venait d’apercevoir une table libre accolée à la baie vitrée. Elle pressa le pas de peur de laisser échapper le précieux emplacement. Elle n’était qu’à trois mètres de son but lorsque son téléphone vibra dans son sac.
C’est pas le moment !
Elle décida d’abord de ne pas répondre puis se ravisa : c’était sans doute Raphaël qui la cherchait. Maladroitement, elle prit son plateau dans une main – Bon sang, que cette théière est lourde ! – tandis qu’elle fouillait dans son sac pour en extraire son portable noyé entre son volumineux trousseau de clés, son agenda et le roman qu’elle avait en cours. Elle se contorsionna pour décrocher l’appareil
et le porter à son oreille lorsque…

* *
*

Madeline et Jonathan se percutèrent de plein fouet. Théière, pomme, sandwich, bouteille de Coca, verre de vin : tout vola dans les airs avant de se retrouver sur le sol.