Sex and the city made in England
Prix public   : 14,90 
13,50 €
Chroniques d'une croqueuse
Chroniques d'une croqueuse
Catherine Townsend
Disponible
448 pages
Couverture souple
Réservé aux adultes
Réf : 353485
Résumé
Carrie Bradshaw existe ! Elle se nomme Catherine Townsend, habite Londres, et cette pétillante chroniqueuse Sexe – pour The Independent, Cosmo et autres Glamour – est plus délurée encore que la Samantha de Sex and the City.
Pourquoi on l'a choisi
Où l’on suit les pérégrinations désinhibées de Cat qui, en attendant le prince charmant, s’essaye sans (trop) de complexes à des pratiques quelques peu croustillantes : aventures d’un soir avec un (ou plus) partenaire de passage, pratique intensive du sex toys et même absorption de Viagra… On rit (beaucoup) et on rosit (souvent) de plaisir !
Les internautes ayant commandé Chroniques d'une croqueuse ont également choisi
Le joyau
Jacques Monfer
Afin de déposer un avis, vous devez être connecté. Veuillez vous identifier.
Les avis des internautes
Moyenne des avis :Nombre d'avis :7
Le 24 septembre 2009
36 adhérents sur 63 ont trouvé cet avis utile.
Avez vous trouvé ce commentaire utile ?
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Très descriptif...
Lorsque j'ai acheté ce llivre, je ne m'attendai pas à ce qu'il soit si descriptif. En effet, on apprend quelques techniques et il faut l'avouer, certains passage sont assez crus... mais ce livre reste un bon ouvrage.
Si vous souhaitez commenter cet avis, merci de vous identifier en cliquant ici.
Le 21 octobre 2009
25 adhérents sur 48 ont trouvé cet avis utile.
Avez vous trouvé ce commentaire utile ?
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Surprenant et drôle
J'ai été emballée par ce livre, certes cru à certains moments mais très drôle, je l'ai dévoré. On y retrouve les états d'âmes des jeunes femmes d'aujourd'hui avec des conseils (sexe), parfois on aimerait bien être à sa place...
Si vous souhaitez commenter cet avis, merci de vous identifier en cliquant ici.
Le 31 octobre 2009
20 adhérents sur 45 ont trouvé cet avis utile.
Avez vous trouvé ce commentaire utile ?
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Super moment
J'ai acheté ce livre car je suis fan de la série "Sex and the city". Bon, faut le dire : le livre n'a pas beaucoup de rapport avec la série mais je l'ai trouvé excellent, prenant et facile a lire. Un peu cru par moment tout en restant soft. Bonne lecture.
Si vous souhaitez commenter cet avis, merci de vous identifier en cliquant ici.
Le 11 octobre 2009
20 adhérents sur 44 ont trouvé cet avis utile.
Avez vous trouvé ce commentaire utile ?
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Cru mais bon !
En effet les mots sont assez crus. C'est un peu "Sex and the City" mais plus avec la partie Sex que City (comme la série). En attendant, même si certains passage sont osés, ce sont les choses de la vie qu'elle raconte et qu'elle raconte franchement ! Un régal à lire !
Si vous souhaitez commenter cet avis, merci de vous identifier en cliquant ici.
Le 30 novembre 2009
15 adhérents sur 29 ont trouvé cet avis utile.
Avez vous trouvé ce commentaire utile ?
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Bof !
Etant fan de la série "Sex and the city", j'ai sauté sur ce livre qui s'est révélé être sans grand intérêt. L'histoire est en longueur et répétitive... déçue...
Si vous souhaitez commenter cet avis, merci de vous identifier en cliquant ici.
Le 14 décembre 2009
11 adhérents sur 21 ont trouvé cet avis utile.
Avez vous trouvé ce commentaire utile ?
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Pas mal
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, mais je m'attendais à ce qu'il y ait plus de sexe, mais bon, il était très amusant.
Si vous souhaitez commenter cet avis, merci de vous identifier en cliquant ici.
Le 18 janvier 2010
4 adhérents sur 8 ont trouvé cet avis utile.
Avez vous trouvé ce commentaire utile ?
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Manque de croustillant
J'ai bien aimé le livre mais cependant, il manque de croustillant. + de détails aurait été un plus. C'est super, enfin une femme épanouie !
Si vous souhaitez commenter cet avis, merci de vous identifier en cliquant ici.
Catherine Townsend, née aux États-Unis il y a vingt-neuf ans, s'est installée au Royaume-Uni et y a rencontré le succès grâce aux chroniques Sexe qu'elle rédige pour The Independent. Elle collabore également à de nombreux magazines féminins comme Cosmopolitan, Glamour ou Marie-Claire.
Lu dans la presse
« Carrie Bradshaw n'a qu'à bien se tenir ! Catherine ne mâche pas ses mots et nous fait mourir de rire. »

The Observer


« Le récit hilarant des aventures érotiques de la célèbre chroniqueuse de The independent : pour les fans de Sex and the City. »

Closer


« Une mise au point utile sur les nouvelles règles du jeu hommes-femmes. »

Marie-Claire
Extrait

1


Comme beaucoup d'étapes importantes dans une vie, ma carrière de chroniqueuse s'est établie sur les ruines d'une aventure précédente. Non pas la perte d'un job, mais une rupture amoureuse, avec son cortège de poncifs et de clichés. Le fameux « ce n'est pas toi le problème, c'est moi », sur lequel les gens aiment faire des blagues quand ça ne les concerne pas. Pourtant, si cette phrase est devenue presqu'aussi incontournable que le « je t'aime » dans la vie d'un couple, il doit bien y avoir une raison. En tout cas, c'est celle qu'avait retenue Patrick pour me lourder.
Une histoire qui se termine, sèchement. « L'heure de tourner la page », comme je l'ai entendu tant de fois dans la bouche d'autres filles. Bah voyons. Encore un concept bidon. La clé, pour survivre à un larguage en bonne et due forme (j'aime bien parler d'« entretien de débauche »), ce n'est sûrement pas de s'imaginer qu'on peut tout effacer d'un coup de b(r)aguette magique. Mais ce n'est pas non plus de rester bloquée sur ce que le mec a dit. À mon avis, ce serait plutôt de focaliser sur ce qu'il a tu.
Par exemple, le célèbre « j'ai besoin d'espace » est presque toujours tronqué. Ajoutez-lui son « pour baiser avec une autre », et tout de suite, il devient beaucoup plus lumineux. Pareil avec le « j'ai besoin de faire une pause ». Comprendre « comme ça, je te garde sous le coude si je suis en manque, mais si je tombe sur une fille plus intéressante / jolie / riche que toi, je me casse pour de bon ». Sympa, quoi. On pourrait multiplier les exemples, mais il faut aussi admettre que ces raccourcis ont leur utilité. Quand un mec largue sa copine, un mensonge par omission peut souvent épargner à cette dernière beaucoup de temps et d'énergie à se débattre en vain contre le cours des choses.
Seulement voilà, Patrick était différent. Ou en tout cas, c'est ce que je croyais. Nous avions basé notre relation sur « l'honnêteté totale », c'est dire ! Aussi, après cinq mois de demandes incessantes de sa part, j'avais fini par accepter d'aller vivre avec lui — j'habitais alors à Manhattan, et lui était banquier dans la City.
Je venais tout juste de mettre en standby ma carrière de pipelette dans les colonnes « potins » de la presse new-yorkaise, et ça faisait déjà un bail que j'attendais l'ouverture pour partir m'installer à Londres. Forte de plusieurs années d'expérience dans le journalisme, je m'imaginais que je n'aurais aucun problème à y dégotter un boulot, ou au moins un stage qui me permettrait de faire mon trou. Depuis quelques mois, j'avais même enchaîné les allers-retours, dans l'attente du bon plan qui ne manquerait pas de se présenter.
Avec le recul, je réalise combien j'étais naïve, tant dans mon approche du monde professionnel que dans l'opinion que je me faisais des hommes. Je n'avais pas mis longtemps à déchanter. The Independent avait manifesté « le plus vif intérêt » pour les articles que je lui avais soumis. Mais il n'en avait acheté qu'un. Quant à mon stage d'esclavagisme à la rédaction du Times, il avait brutalement pris fin le jour où, connement, j'avais référencé une pièce de théâtre de l'année précédente dans le guide des sorties de la semaine. « Pas mal, non, de réussir à merder en seize mots ? » m'étais-je défendue quand on m'eut indiqué la porte.
Faute de mieux, j'avais donc continué d'arrondir mes fins de mois en pigeant à New York, pour le compte d'un magazine de mode. Expos, défilés, pince-fesses mondain, je passais mes journées à battre le pavé dans Manhattan, et mes nuits à exploser ma note de téléphone pour parler de « notre futur » avec Patrick.
Je finis donc par accepter son offre et pliai bagage, enfin prête à me lancer dans l'aventure d'une vie.
Sauf que deux jours avant mon départ définitif pour Londres, il m'envoya un mail. Voilà que tout d'un coup, il ne nous sentait plus « sur la même longueur d'ondes », et il ne voulait « plus jamais me revoir ». Enfin si. Il insista quand-même pour que nous nous rencontrions une ultime fois dans un pub, afin qu'il puisse m'expliquer ce revirement soudain. Avec un total manque d'ironie, il avait décidé que nous nous verrions au Bleeding Heart¹ de Farringdon, dans le nord de la City.
J'étais en état de choc, et je m'effraie moi-même quand je me rappelle avec quel soin je choisissais ce que j'allais porter ce soir-là. Dans la vie d'une femme, il n'y a qu'une tenue qui compte davantage que celle du premier rendez-vous : celle que l'on met pour se faire larguer.
Jambes épilées, maillot impeccable, sourcils dessinés à la perfection, je compressai ma taille 38 dans une jupe fourreau noire qu'il adorait, optai pour un top en soie avec les épaules nues, un vieux blouson de biker et des talons aiguilles Christian Louboutin. Côté dessous, j'osai le corset en dentelle La Perla, en anticipation du meilleur des dénouements.
« Mes sentiments pour toi ont évolué, et je pense que ce serait mieux si nous en parlions de visu », avait-il écrit. C'était pourtant limpide. Mais je crois que d'une certaine façon, j'espérais encore qu'il se jetterait à mes pieds en plaidant la folie passagère, puis qu'il me prendrait dans ses bras en se demandant ce qui avait bien pu lui passer par la tête.
Bah non. Il me suffit d'apercevoir le pub, avec sa lumière trop vive et ses couples qui font la gueule, pour comprendre que l'affaire était pliée. Il n'y aurait pas de réconciliation sur l'oreiller. Le Bleeding Heart était un endroit où les histoires d'amour venaient mourir, point à la ligne. Il faut croire que Patrick l'avait choisi avec discernement : le lieu était suffisamment cosy pour qu'il soit sûr que je ne hausse pas le ton ni ne lui fasse de « scène », et les tables étaient suffisamment larges pour m'empêcher de lui arracher les yeux (ou toute autre connerie que les hommes nous imaginent faire dans un cas semblable).
J'arrivais avec quinze minutes d'avance. J'espérais qu'une vodka-Martini cul-sec et quelques clopes parviendraient à apaiser mes nerfs à vif. Mais Patrick était déjà assis dans un coin, cravate relâchée, à moitié débraillé et sexy en diable. Il était visiblement en train d'envoyer un texto.
Il tenta de se lever précipitamment lorsque nos regards se croisèrent, mais il se cogna le genou contre la table et se rassit, jurant sèchement entre ses dents. Puis il se redressa pour de bon et me gratifia d'un baiser-glaçon sur la joue. « Salut, Cat, euh... tu veux boire quelque chose ? » Il glissa prestement son portable dans sa poche.
« Qu'est-ce que tu bois, toi ? » Je m'efforçai de garder un ton aussi léger que possible, mais ma voix tremblait. Derrière mon look de rock-star, je n'étais qu'une boule de nerfs au bord de l'implosion.
« Un jus de tomate », répondit-il platement. Venant d'un semi-Irlandais qui boit de la Guinness comme du petit lait, ce n'est généralement pas bon signe.
« Je prendrai une vodka-tonic. Ou plutôt une double, tiens. ». Je m'assis et retirai mes énormes lunettes noires, posant mes mains à plat pour ne pas lui montrer qu'elles tremblaient. Contrairement à la plupart de mes copines, en cas de coup dur, je préfère picoler que bouffer. Ça m'évite de trop penser, et l'alcool peut être un bon anesthésiant contre les gros chagrins. Question de dosage. Le truc, c'est de se maintenir pilepoil au niveau d'ébriété qui permet d'être gai sans sombrer dans la morosité — c'est-à-dire, pour moi, aux alentours de trois verres. Un de plus et je me retrouve à pleurnicher, ou bien dans les toilettes, ou bien sur les genoux du premier type venu. Ça reste un équilibre fragile.
Une fois revenu cocktail en main, Patrick s'assit et me fixa en silence. J'allai droit au but :
« Tu as quelqu'un d'autre ? » lui demandai-je en luttant pour contenir mes larmes.
Je n'allais pas non plus pleurer, ça lui aurait fait trop plaisir.
« Si c'est ça, je peux comprendre, repris-je. Je crois même que ça m'aiderait à accepter. »
Il soupira et dénoua complètement sa cravate.
« Bon Dieu, Cat, je voudrais que ce soit aussi simple » lança-t-il en baissant prudemment les yeux, la main serrée sur son verre.
J'ai toujours aimé les mains de Patrick. Certaines de mes copines ne jurent que par la taille des pieds, mais moi, je n'ai jamais pu contempler ses doigts longs et épais sans les imaginer en train de m'explorer de l'intérieur.
« Je ne suis pas sûr que tu te rendes compte à quel point c'est dur pour moi.
— Dur pour toi ? Tu te fous de ma gueule ! Ça fait des mois que tu insistes pour que je vienne vivre avec toi, j'ai lâché mon job à New York, rendu les clefs de mon appart, et deux jours avant le grand saut, tu m'envoies paître... Tu ne crois pas que je vais te plaindre, non plus ! Et moi, dans tout ça, tu y as pensé ou tu t'en bats les couilles ? »
Mon cœur, lui, battait la chamade. Mais malgré la verdeur du propos et le sérieux de la situation, j'avais l'entrejambe en feu. Même si tout est perdu, étais-je en train de me dire, un dernier coup pour la route, ce serait vraiment trop bon. Il faut croire que c'est l'effet combiné de l'afflux sanguin et de l'alcool qui me donnait ce genre d'idées. Je continuais malgré tout à me défendre, frénétiquement, sachant pertinemment que dès l'instant où il y aurait un blanc dans la conversation, tout serait fini. Je resterais seule avec ma peine, sans savoir où aller. Chez Victoria ? Je l'avais rencontrée trois semaines plus tôt, chez le coiffeur, et elle m'avait gentiment offert son oreille et son canapé. Mais de là à débarquer chez elle en faisant un drame... Reste que c'était ça ou le Starbucks, option crise de larmes au milieu des touristes et de leurs valises à roulettes. C'est vraiment la merde, d'être SDF.
Ce qui m'effrayait peut-être encore plus, c'était de réaliser que je n'aurais plus jamais l'occasion de baiser avec lui. Jamais, avant Patrick, je n'avais connu une telle alchimie avec le corps d'un homme. Et puis, ne nous le cachons pas, c'est un des grands trucs qui font chier dans une rupture. Quand on a connu le confort douillet d'une sexualité en phase, que l'on sait tout des petits secrets et des points sensibles de l'autre, l'idée de devoir repartir à la conquête d'un corps inconnu a de quoi décourager. Rien que d'y penser, j'en avais la nausée.
Il soupira.
« Quand je t'ai écrit ce mail, je pensais que tu choisirais de rester à New York... »
Cela me mit encore plus en rogne que tout le laïus précédent. En plus, il savait très bien que mon envie de bouger à Londres ne datait pas de la veille. Je me l'étais promis à l'âge de quatorze ans, lors d'un voyage organisé avec la chorale de mon école. Première escapade au nez et à la barbe des adultes. Premier pub. C'est en Grande Bretagne que je suis tombée amoureuse pour la première fois. Non pas d'un homme, mais de la culture de la picole.
Alors certes, des années plus tard, j'ai aussi connu de bons moments aux Etats-Unis. Couvrir les Oscars à Hollywood, c'est plutôt marrant, et on n'y manque pas d'occasions de se beurrer. Mais j'ai fini par me lasser des célébrités et de leurs petits problèmes à la con. J'avais les miens, et ils me suffisaient amplement. Surtout, j'ai réalisé que si je ne bougeais pas, j'allais me retrouver à quarante-cinq ans, grosse conne parmi les autres, en train de régurgiter de la pop-culture de merde tout en commentant la liste secrète des invités à tel ou tel mariage mondain. Je devais absolument fuir New York pour échapper à tout ça. Et même si je ne connaissais personne à Londres, je n'allais pas m'arrêter pour si peu. J'ai toujours aimé les défis.
« Patrick, ça fait plus d'un an que je parle de venir m'installer à Londres. J'en parlais bien avant de te rencontrer. Qu'est-ce qui te fait croire que j'aurais pu renoncer ?
— Bah c'est-à-dire que, euh... Tu comptes faire quoi, ici, au juste ? »
Je le vis jeter un coup d'œil furtif vers son téléphone. Est-ce qu'il voyait quelqu'un d'autre ? La petite blonde, là, sa voisine de bureau, celle qui était censée être « juste une amie » ? Mais j'étais sans doute parano. Et puis de toute façon, quelle différence ça faisait ?
« Je pensais que tu venais pour moi, en fait. C'est que... on ne peut pas dire que tes stages aient débouché sur grand-chose. »
Je reçus sa remarque comme une gifle. Ça avait été suffisamment pénible, à 27 ans passés, d'échanger mon statut de journaliste new-yorkaise branchée contre celui d'apporteuse de café à un rédacteur-en-chef de mauvais poil. Surtout que ledit rédacteur-en-chef avait passé son temps à me répéter qu'il ne me sentait « pas la fibre » du métier, pour finalement me virer à la première bourde.
Je pris une profonde inspiration.
« Écoute, j'ai la ferme intention de m'imposer en tant que chroniqueuse Sexe dans un journal national. Le rédacteur-en-chef de The Independent a eu l'air très réceptif aux idées que je lui ai soumises, et il a même publié un de mes textes. Une place se libérera tôt ou tard dans sa rédaction ! Il me suffit d'être tenace et de me trouver au bon endroit, au bon moment. Où que ce soit, quand que ce soit.
— C'est exactement cela dont il est question, Cat, rétorqua-t-il exaspéré. Je ne peux pas faire ma vie avec quelqu'un qui est tout le temps dans l'espace. Une chronique dans un journal national ? Non mais il faut garder les pieds sur terre, de temps en temps ! »
Je t'emmerde, pensai-je aussitôt.
Me larguer, c'était une chose. Mais douter de mes capacités professionnelles... Comment osait-il ?
« Il faut que j'aille au petit coin » lâchai-je les dents serrées, sachant très bien que je n'arriverais pas à contenir mes larmes plus longtemps.
Je filai droit sur les toilettes et ouvrais la porte à la volée. Puis appuyée contre le lavabo, je retombais dans une vieille habitude initiée à l'école primaire. Le coup du grand discours devant le miroir.
« T'es une rock-star, me répétais-je en boucle, une main cramponnée sur le mur de vieilles briques, l'autre tentant vainement d'essuyer le mascara qui dégoulinait de partout. T'es une rock-star, et lui, c'est un gros con.
— Est-ce que tout va bien ? »
Je fis volte-face et tombai sur un grand type svelte, dans le genre rocker aux cheveux hirsutes, t-shirt des Sex-Pistols et jean déchiré exprès. Il achevait de s'égoutter au-dessus d'une pissotière. Et merde. Dans ma précipitation, je n'avais pas fait gaffe et j'étais entrée dans les chiottes des mecs. Super. Cette soirée avait décidément tout pour plaire.
« Ouais, ça va. Je viens juste de me faire larguer, et j'essaye de reprendre le dessus. Rien de dramatique, t'inquiète.
— Un mec t'a jetée ? Naaan... dit-il avec un gentil sourire. Ou bien il est complètement barge, ou bien il a besoin de lunettes. »
Un peu malgré moi, je me forçai à sourire à mon tour. Ou bien il était vraiment surpris qu'on puisse larguer une fille comme moi, ou bien il était bon acteur. Dans les deux cas, sa remarque restait douce à entendre.
« Tu es sûre que tout est fini ? poursuivit-il en me tendant un morceau de PQ pioché dans une cabine. Je veux dire, il n'y a vraiment aucun espoir de réconciliation ? »
Je me mouchai très fort et jetai le tampon de papier désintégré dans une poubelle.
« Non, je crois que cette fois, la messe est dite. Mais merci de ta sollicitude, euh... comment tu t'appelles ? Moi, c'est Cat.
— Nick, répondit-il en me tendant la main. »
Puis il se dirigea vers la sortie, ralentit le pas et se retourna.
« Écoute, tu vas peut-être trouver ça un peu cavalier, mais bon... Tu veux mon numéro ? Si tu as besoin de quoi que ce soit... »
Mon esprit passa automatiquement en revue toutes les excellentes raisons que j'avais de refuser sa proposition. Il est trop tôt... Je ne te connais pas... C'est quoi ce vilain poireau, là, sur ta joue ?
C'est donc très logiquement que je me retrouvai à fouiller dans mon sac. Je mis quinze plombes à en sortir un stylo, preuve que la vodka commençait à faire son effet.
« Euh... j'ai bien un stylo, mais je n'ai pas de papier, bafouillai-je en lui tendant la main. Écris sur le dos, au cas où je les laverais. »
Il griffonna un numéro de portable et retint ma main un peu plus longtemps qu'il n'était nécessaire.
« Mes potes et moi, on sort dans une boîte rock, ce soir. N'hésite surtout pas à appeler, à n'importe quelle heure. Bon courage, Cat. »
Je le suivis hors des toilettes et sentit mon cœur se dissoudre en retournant au casse-pipe. Cette scène de rupture était tellement surréaliste. La dernière fois que j'avais vu Patrick, il m'apportait mon petit-déjeuner au lit. Je m'envolais le jour-même pour une ultime pige à New York, et avant de partir du travail, il était venu m'embrasser et me dire au revoir. Il portait son plus beau costume, mon préféré, celui du mâle qui a tout sous contrôle. Celui qui m'avait piégée au tout début.


1. « Le Cœur qui saigne »