C'est la fête à la grenouille !
Prix public   : 32,00 
19,95 €
Y'a plus de saison !
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Chronique des grandes variations climatiques et phénomènes extrêmes
Guillaume Sechet
Disponible
224 pages
Couverture cartonnée. 19,3 x 26 cm. Illustrations. Schémas.
Réf : 331727
Résumé
Un champ fleuri enneigé au mois de juin, des maisons noyées suite à des pluies torrentielles… C’est à ces épisodes extrêmes qu’est consacré ce livre à mi-chemin entre l’atlas et le livre des records des aléas climatiques en France et dans le monde. Un inventaire passionnant des « sautes d’humeur » météorologiques qui ont parfois influencé l’Histoire. 
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Extrait

QU'EST-CE QUE LA CHALEUR ?

Dans nos régions, on associe volontiers la notion de chaleur aux vacances et aux loisirs, mais les canicules d'août 2003 et de juillet 2006 nous ont fait prendre conscience que la chaleur peut être classée parmi les risques climatiques et se révéler dangereuse.

À partir de quelle température considère-t-on qu'il fait chaud ? Pour les services de météorologie, c'est lorsque la température atteint ou dépasse 25 °C. Mais la perception de la chaleur dépend surtout du métabolisme de chacun, de l'humidité, du vent et de l'ensoleillement, et même de facteurs psychologiques.

Chaleur et degré de confort
Subjective, la notion de chaleur est donc difficile à définir. Un indice, l'indice Humidex, calcule pourtant la température perçue par l'homme et exprime l'effet combiné de la chaleur et de l'humidité. Il a permis de se rendre compte que plus l'humidité est forte, moins la chaleur est supportable. Nos climats ignorant cette chaleur humide et « tropicale », les bulletins météo diffusés en France ne mentionnent jamais l'indice Humidex, contrairement, par exemple, à ceux qui émanent des services météorologiques américains ou japonais. Dans certaines situations, cet indice serait pourtant utile car, à température égale, une chaleur humide a des conséquences plus fâcheuses pour le corps humain qu'une chaleur sèche.

Comment mesure-t-on la température ?
La température ne se mesure pas n'importe où et n'importe comment : comme il est important de pouvoir comparer les valeurs mesurées, le thermomètre doit être placé dans les mêmes conditions partout sur la planète. L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a fixé les règles suivantes : la température doit être mesurée dans un abri ventilé, pour que le thermomètre ne soit pas perturbé par les rayons du soleil ou par la pluie, et pour que l'abri ne subisse pas d'« effet de serre ». On le peint en blanc pour qu'il réfléchisse les rayons du soleil et il est placé à 1,50 mètre du sol : la température mesurée à la surface du sol réagirait de façon trop sensible aux rayons du soleil et au rayonnement nocturne, et ne serait donc pas représentative de l'air ambiant.

→ Si quelqu'un vous affirme avoir relevé une température extérieure de 50, voire 60 °C, interrogez-vous car une telle valeur ne peut pas être mesurée à l'ombre, du moins en France. Cette valeur est représentative de l'endroit précis où elle a été mesurée (par exemple un mur au soleil), mais pas de l'air ambiant dans cette zone.

Le pourtour méditerranéen : un climat à part
Cela ne surprendra personne : en France, les températures les plus élevées sont relevées dans les régions méditerranéennes. C'est au mois de juillet qu'il fait le plus chaud*. Ceci est lié à trois facteurs. D'une part, plus on se rapproche de l'équateur, plus le soleil est puissant car ses rayons sont moins rasants que dans les régions du Nord. D'autre part, les Pyrénées, le Massif central et les Alpes jouent un rôle de barrière face aux masses d'air humides et fraîches en provenance de l'Atlantique et du Nord. Ce type de situation est assez fréquent sous nos latitudes, où le courant dominant vient de l'ouest ou du nord-ouest. Lorsque cette situation se présente, c'est-à-dire plus de la moitié du temps, le ciel est nuageux sur une bonne partie de la France alors que les régions méditerranéennes bénéficient d'un temps ensoleillé et souvent chaud. La troisième raison pour laquelle les températures estivales sont plus élevées dans les régions méditerranéennes est liée à la proximité de la mer : la Méditerranée étant une mer fermée, elle est encore plus chaude qu'elle ne devrait l'être à cette latitude. Il s'agit donc d'une source de chaleur presque permanente, à l'exception des heures les plus chaudes de la journée où la température de la mer est plus basse que celle qui est mesurée sur le continent et où la brise (vent marin) a, au contraire, un effet rafraîchissant.
* Si le début du mois d'août est souvent le moment le plus chaud de l'année, la température moyenne (normale généralement calculée sur trente ans) décroît assez rapidement à partir de la troisième semaine du mois.

→ Cuers est l'une des villes les plus chaudes de France, du moins dans la journée. Elle est située dans l'arrière-pays provençal, dans une sorte de cuvette où le réchauffement diurne est très rapide. Les températures nocturnes y sont beaucoup plus basses que sur la côte et les gelées très fréquentes en hiver. Les villes les plus chaudes de France (moyenne générale des températures) sont plutôt situées sur le littoral de la Méditerranée.


Températures maximales moyennes
de juillet les plus élevées, mesurées en France
métropolitaine
32 °C à Puget-Théniers et Cassis
31,5 °C à Cuers
31 °C à Aramon, Brignoles et Le Luc-en-Provence
30,5 °C à Collobrières et Draguignan


Toutes les villes présentées ci-dessus sont situées dans des vallées ou des cuvettes de l'arrière-pays méditerranéen (Alpes-Maritimes, Var, Gard). Dans ces villes continentales, les effets rafraîchissants de la brise marine sont pratiquement nuls. Cassis est située en bord de mer mais la station météo est suffisamment en retrait pour ne pas être influencée par les effets de la brise. De plus, le mistral est ici un vent généralement chaud car l'air se comprime en passant au-dessus de la montagne Sainte-Victoire. À Marseille, de l'autre côté de la montagne, la présence du mistral a plutôt tendance à faire baisser la température.



VAGUES DE CHALEUR ET CANICULE


QU'EST-CE QU'UNE CANICULE ?

Le terme de « canicule » désigne un épisode de températures élevées, de jour comme de nuit, sur une période prolongée. La canicule commence lorsqu'il n'y a plus de rémission nocturne pour reprendre son souffle.

Pour sa vigilance « canicule », Météo-France a fixé des seuils qui varient en fonction des départements, car la chaleur extrême n'est pas perçue de la même façon dans les différentes régions. En général, une vigilance « canicule » est déclenchée lorsque la température maximale dépasse 35 °C à l'ombre et que la température minimale ne descend pas en dessous de 20 °C durant plus de trois jours. Le seuil est, logiquement, plus élevé dans les régions où les températures estivales sont plus hautes. Par exemple, dans le département de la Manche, la vigilance « canicule » est lancée lorsque la température dépasse 31 °C le jour et 18 °C la nuit durant trois jours. Dans le Gard, l'un des départements les plus chauds de France, le seuil est beaucoup plus élevé : la température nocturne ne doit pas descendre en dessous de 23 °C et la température diurne doit atteindre au moins 36 °C. Il faut noter que dans le sud de l'Algérie on parle de canicule lorsque la température atteint ou dépasse 46 °C !

Les conséquences des vagues de chaleur
La surmortalité
Elle concerne les personnes les plus fragiles, généralement âgées de plus de 70 à 75 ans et habitant en ville : lors des vagues de chaleur, c'est là que la fraîcheur nocturne est la plus rare. Les étages supérieurs des immeubles sont plus exposés, car les températures y sont encore plus élevées la nuit. La déshydratation, l'hyperthermie et les maladies des appareils circulatoire et respiratoire sont les principales causes de mortalité recensées au cours de ces périodes.

Comme chacun sait, l'épisode du 1er au 20 août 2003 a eu un impact remarquable, car les températures n'ont jamais atteint des valeurs aussi élevées durant une période aussi longue. C'est aux environs du 10 août et sur la moitié nord du pays que la surmortalité des personnes de plus de 75 ans a été la plus importante, car la situation était encore moins habituelle que dans la moitié sud.

Au total, la surmortalité de l'épisode du 1er au 20 août 2003 a touché environ 15 000 personnes sur toute la France, dont 1 085 personnes à Paris (4 867 pour toute l'Île-de-France, soit une surmortalité bien supérieure à celle du reste de la France). L'épisode très long mais moins intense du 12 juillet au 2 août 2006 a provoqué la mort de 133 personnes. L'épisode du mois d'août 2003 aura-t-il permis de mieux appréhender les conséquences de ce phénomène ? C'est en tout cas depuis cette période que la vigilance « canicule » de Météo-France est en place. Avec le réchauffement climatique et la multiplication des vagues de chaleur intenses, de nombreux analystes prévoient que, dans les prochaines années, la surmortalité sera plus importante en été qu'en hiver.