La sophrologie au féminin
La sophrologie au féminin
Laurence Roux-Fouillet
256 pages
Couverture souple. 15 x 21 cm
1 CD audio de 60 min. inclus
Réf : 331672
Résumé
Pas assez de temps ? Stressée, coupable, fatiguée, angoissée, plus confiance en vous ? Femmes actives, ce guide est fait pour vous ! Largement illustré de techniques testées auprès de centaines de femmes, il vous propose de cerner vos problèmes en vous posant les bonnes questions, puis de supprimer en douceur les sources de stress grâce à des méthodes simples et des exercices pratiques (3 à 20 minutes). Mettez du zen dans votre vie !
Pourquoi on l'a choisi
En plus : un CD de 60 minutes enregistré par l'auteur, reprend quelques-uns des exercices du livre pour vous accompagner plus loin dans la relaxation.  
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Laurence Roux-Fouillet commence à pratiquer la sophrologie en 1993. Diplômée de sophrologie et relaxation en 2003, elle exerce depuis à Boulogne-Billancourt (L'Espace du calme) tout en poursuivant ses recherches et l'élaboration de nouvelles techniques, qu'elle transmet également dans le cadre de formations.
Extrait

1

Le stress au féminin : attention, dangers !


De quoi se plaignent la plupart des femmes actives ? De stress ! Puisque le mot est lâché, tentons d'approfondir un peu sa signification.
Le stress est un phénomène transitoire, puisqu'il régit nos facultés d'adaptation.
Or, si la plupart des femmes le ressentent tout au long de leur vie, c'est bien parce que celle-ci fournit un potentiel de stresseurs plus importants, et socialement difficiles à éviter. Nous allons essayer de décrire ce qu'est le stress au féminin.

Un mécanisme physiologique bien identifié

Tout le monde sait aujourd'hui ce qu'est le stress, même si on place sous ce vocable des réalités bien différentes, qui vont de la simple inquiétude à l'angoisse chronique, en passant par divers stades de nervosité.
Il est bon de rappeler que le stress existe bel et bien ; c'est un syndrome parfaitement décrit sur le plan médical depuis une soixantaine d'années, grâce aux travaux du psychiatre canadien Hans Selye.
Non, vous ne vous faites pas d'illusions lorsque vous vous sentez « stressée » !
Une succession de réactions animent notre corps et notre psychisme, malgré nous, dès lors que survient un danger ou un événement qui exige de nous un effort d'adaptation¹.
Le danger ou l'événement à l'origine du stress est appelé « stresseur ».
Il peut être d'intensité variée : agression, annonce d'une mauvaise nouvelle, coups de téléphone répétés, surcharge de travail, licenciement, craintes pour sa santé...
L'apparition d'un stresseur met en route, via le cortex, des réactions de l'organisme qui impliquent les systèmes nerveux et endocrinien, selon une alternative : combattre ou fuir.
Le stress est éminemment positif ; c'est un réflexe de survie archaïque, sans lequel l'espèce humaine aurait disparu de la surface de la Terre depuis bien longtemps. Lucy, notre lointaine ancêtre préhistorique, n'aurait pas contredit cette analyse. Face à une attaque (un prédateur, par exemple, ou un australopithèque malintentionné), deux solutions se présentaient instinctivement à elle : se battre pour se défendre, ou prendre ses (petites) jambes à son cou.
Ces deux attitudes sont aussi bénéfiques l'une que l'autre puisqu'elles nous ont permis d'arriver jusqu'ici.
Qu'il soit question d'agir ou de se cacher, deux types de réactions biologiques se manifestent : l'une, rapide, libère dans notre corps, dès les premières secondes, des hormones naturelles, parmi lesquelles l'adrénaline, qui nous stimule et nous aide à réagir vite et bien. Si le stress se poursuit, d'autres hormones vont prendre le relais au bout de quelques minutes, pour soutenir notre action. Celles-ci peuvent rester plus longtemps dans notre corps, surtout si la situation favorise le maintien du stress. De stimulant, le stress va bientôt devenir handicapant.


Stress positif et négatif

Passé la phase d'action (appelée phase d'alarme), le stress — cet état naturel de tension / attention — devrait retomber de lui-même. Si Lucy, notre arrière-grand-mère des cavernes, s'en sortait avec une belle frayeur, celle-ci s'estompait sitôt la menace disparue. À cette époque, le stress était intense (la vie était en jeu) mais limité dans le temps.
Aujourd'hui, notre stress est différent : modéré, mais répété. Personne ne va mourir (et surtout pas vous) si le dossier Duchemin n'est pas expédié avant 18 heures. Pourtant, cette déconvenue, ajoutée aux mauvaises notes de votre fille, à un pneu crevé et à l'annonce d'un découvert bancaire, va faire pencher la balance du mauvais côté. Toute la journée, vous avez résisté comme vous avez pu. Vous êtes entrée dans la phase dite « de résistance », pendant laquelle les hormones de l'effort ont agi. Ces hormones (les glucocorticoïdes) ont pour effets secondaires, à terme, de fatiguer l'organisme ; elles agissent même sur nos défenses immunitaires. Vitamines et repos devraient donc venir à bout de cet « épuisement ». Hélas, pas toujours, car il est aussi psychique.
Au-delà des « ratés » de votre journée, en effet, s'installe progressivement l'impression (bien vite transformée en croyance) que vous n'y arriverez jamais, que l'on vous en veut, que la vie est mal faite... Le stress et les échecs qu'il génère influent sur votre estime de vous. Vous ne vous faites plus confiance, vous doutez, parfois même vous vous trouvez moche !


De l'yper-efficacité à la déprime

Hans Selye a établi que le stress s'accompagnait d'émotions — positives ou négatives. Si vous vous en sortez toujours, vous êtes convaincue d'être une superwoman prête à affronter tous les défis. Vous marchez à l'adrénaline qui vous stimule et vous permet de vous dépasser. Votre système nerveux est fréquemment activé mais réagit positivement. Ce bon stress vous rend par avance performante et certaine d'y arriver. Et ce n'est pas un petit obstacle qui triomphera de votre détermination !
En revanche, si vous commencez à accumuler les mauvaises expériences, vous potentialisez les émotions négatives.
À ce stade, ce sont les effets du stress négatif qui sont ressentis : maux physiques (douleurs au ventre, maux de tête, sensation d'étouffer...) ou plus psychiques (saturation, rumination des pensées, problèmes de mémoire, tristesse...).
À un degré ultime, quand votre seuil de résistance est franchi (même à cause d'un événement mineur), vous basculez dans la phase d'épuisement. Il est autant physique que psychique. Vous êtes à la merci d'une décompensation, avec un risque dépressif réel. Habituées à faire face, les femmes « tiennent », jusqu'à ce que leur corps dise stop. Quand ce n'est pas leur mental qui décroche brutalement, entre dépression et mal-être.
Le stress n'est pas d'entrée de jeu positif ou négatif. Ce sont les situations stressantes (ou les stresseurs) qui vont nous mettre dans un état d'esprit variable selon la façon dont nous les abordons avant, pendant et après. La manière dont nous recevons le stress est donc au moins aussi importante que l'origine du stress en elle-même.
Les techniques sophrologiques sont parfaitement indiquées pour appréhender sereinement ces différentes phases, avec la certitude que c'est vous qui conduisez — et non les événements qui vous mènent.
Vous pouvez d'ailleurs le constater autour de vous : dans une même situation, les différents protagonistes d'une équipe réagiront différemment. Cela tient essentiellement à la conviction qu'ils ont de réussir à y arriver, ou non.


Question sournoise : « Les femmes somatisent-elles davantage ? »
Non, en grande majorité. Pour une fois, elles ont un avantage sur les hommes car elles ont plus de facilité à exprimer leurs émotions. Les hommes les contiennent massivement — leur tempérament autant que le rôle que la société leur assigne les y encourageant. Pour eux c'est un signe de faiblesse, les incitant à une attitude psychorigide (le couvercle de la cocotte est verrouillé à double tour). D'ailleurs ne dit-on pas d'un homme « sensible » (le summum de la sensiblerie consistant à pleurer en public) qu'il laisse parler « le féminin en lui » ?
Malheureusement, je retrouve cette tendance à la psychorigidité, à la fermeture aux expressions, chez les femmes qui exercent de fortes responsabilités, ou dont l'éducation a été trop stricte. Elles ne s'autorisent pas, ou plus, à vider leurs ressentis.

Qu'est-ce qui me menace ?

Il est maintenant possible d'affirmer qu'il existe bel et bien un « stress au féminin ».
Déjà, dans les temps immémoriaux, le stress était différent entre M. et Mme Cro-Magnon. L'homme avait pour mission de protéger l'entrée de la grotte pour défendre le clan contre des attaques². Pendant ce temps, la femme surveillait le feu. À l'homme la sécurité, à la femme la survie, car sans feu, point de salut. C'est déjà une responsabilité exorbitante.
Le stress des femmes d'aujourd'hui s'illustre par deux composantes :
— l'existence de stresseurs féminins qui constituent une menace ;
— plus ou moins entretenus (ou aggravés) par la manière dont les femmes reçoivent et vivent généralement le stress. À la différence des hommes, les femmes associent plus volontiers des émotions à des situations ou des personnes. Elles augmentent ainsi leur sensibilité au stress négatif.
Les stresseurs au féminin tiennent essentiellement au cumul de plusieurs vies.
Cette sur-gestion de situations laisse percer :
— une anticipation permanente, rapidement vécue comme une menace : que va-t-il encore se passer ? Qu'ai-je pu oublier ? La phase d'alarme du stress est manifestement surinvestie chez les femmes ;
— une difficulté à gérer le temps, d'autant plus vive que les pensées occupent plusieurs espaces en même temps.
À ces éléments objectifs s'ajoutent des attitudes fidèlement entretenues :
— la peur lancinante de l'échec, de l'oubli, du non-résultat... Elle vient heurter une volonté farouche de « tout réussir », dans tous les domaines, ou parfois un trop fort niveau d'exigences ;
— le désir de s'en sortir seule, sans demander ni refuser. Un peu comme si refuser entraînait une remise en question totale de l'identité de femme (l'idée d'être « bonne à rien ») ;
— l'ambivalence entre difficultés à oser et recherche de reconnaissance.
Stresseurs, émotions et attitudes se combinent étroitement pour créer un cocktail rapidement explosif !


1 Le stress a d'abord été dénommé syndrome général d'adaptation.
2 Il nous en reste aujourd'hui une habitude majoritairement observée : dans un couple, l'homme dormira le plus souvent près de la porte, afin de continuer à garder inconsciemment cette ouverture. Faites le test autour de vous !