Scarpetta
Scarpetta
658 pages
Couverture souple
Réf : 264737
Cet article ne rapporte pas de points
Au lieu de 22,50  (prix public)
Achat avec points impossible
Résumé
Bane exige son admission en psychiatrie. Blessé, terrorisé, il prétend avoir échappé à la folie meurtrière d’un inconnu. Seule Kay Scarpetta pourra l’examiner. Kay accepte et mène l’enquête avec Benton et Lucy. Il faut agir vite. Une femme a été torturée et tuée, d’autres morts sont à craindre. À l’évidence, le tueur connaît parfaitement Kay, pire encore, anticipe ses décisions... Il est l’incarnation du Mal ! 
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :7
LAPLACE SUZANNE
Le 19 avril 2009
Super !!
Comme d'habitude je ne suis pas déçue et je suis contente que Marino soit de retour :) J'attends avec impatience le prochain !!!
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
BENEDETTI ALEXIA
Le 07 avril 2009
Fabuleux
Un des meilleurs Patricia Cornwell depuis Combustion. Chaque personnage reprend sa place. Marino fait à nouveau partie intégrante de l'équipe et Scarpetta devient plus humaine. Vivement le prochain.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 07 juillet 2009
On en veut encore...
Difficile de se replonger dans un bouquin après la lecture de "Scarpetta"... A quand le prochain ?
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Murphette29
Le 31 août 2009
Décevant ...
Je suis une fan incontestée de Patricia Cornwell seulement son dernier livre me déçoit. Pas que l'histoire n'est pas bien mais c'est la façon d'écrire qui est de plus en plus descriptive et de plus en plus longue. Pour une scène comme par exemple, le relevé d'empreinte avec Oscar m'a paru interminable presque une cinquantaine de pages ! J'avoue que j'ai du mal à le terminer. Mais j'espère que les prochains seront moins descriptifs.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
LAFONT SANDRA
Le 27 novembre 2009
A quand le prochain ?
Juste un mot à dire : excellent !!!! Un livre qui tient en haleine son lecteur et ce jusqu'à la dernière page !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Yvon
Le 26 août 2010
Intriguant
Comme toujours on plonge et on en redemande. Formidable. Marino me manquait. Je suis attachée à tout l'équipe fictive, et je suis pressée de lire le prochain.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Emmanuelle
Le 02 juin 2011
Scarpetta
J'ai attendu, attendu qu'il se passe quelque chose, et même aux trois-quarts du livre toujours rien ! Malgré ma ténacité à le lire jusqu'au bout, j'ai craqué et l'ai finalement abandonné ! J'avais l'impression de perdre mon temps !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Extrait

1


De la matière cérébrale collait aux manches de la blouse maculée de sang que portait le Dr Kay Scarpetta, évoquant des flocons d'ouate. Les scies Stryker stridulaient, l'eau tambourinait dans les éviers et de la poussière d'os s'élevait en volutes comme une farine très fine. Trois des tables étaient occupées. D'autres cadavres allaient arriver sous peu. C'était mardi, le 1er janvier, jour de la nouvelle année.
Scarpetta n'avait nul besoin d'analyses toxicologiques pour savoir que son patient avait bu avant de presser la détente à l'aide de son doigt de pied. À l'instant où elle l'avait incisé, elle avait perçu cette odeur à la fois âcre et écœurante de l'alcool en cours de métabolisation. Des années auparavant, alors qu'elle était interne en pathologie, elle s'était souvent demandé si une visite guidée de la morgue aurait une chance de choquer et de dissuader les toxicomanes divers et variés. Si elle leur montrait une calotte crânienne découpée tel un œuf à la coque, s'ils reniflaient les relents désagréables du champagne post mortem, peut-être passeraient-ils au Perrier ? Si seulement les choses pouvaient fonctionner de cette façon !
Elle lança un regard à son assistant en chef, Jack Fielding, comme il soulevait les organes luisants de la cavité thoracique d'une étudiante d'université, volée et abattue alors qu'elle retirait de l'argent à un distributeur automatique. Scarpetta attendait son mouvement d'humeur. Ce matin, au cours de la réunion du personnel, Fielding avait balancé, révolté, que la victime avait le même âge que sa propre fille et que toutes deux, non contentes d'être étudiantes en médecine, étaient en plus des championnes d'athlétisme. Rien de bon ne pouvait survenir lorsque Fielding personnalisait un cas.
— Et alors, on ne donne plus les instruments à aiguiser ? beugla-t-il.
La lame oscillante d'une scie Stryker hurlait et l'assistant de morgue, qui ouvrait une boîte crânienne, cria en retour :
— J'ai l'air de regarder les mouches voler, là ?
Fielding balança son bistouri sur un chariot. L'instrument rebondit dans un cliquettement métallique.
— Bordel, comment est-ce que je suis censé faire quelque chose de correct ici !
— Ah, mon Dieu, mais qu'on lui file un Xanax ou un truc du même genre ! protesta l'assistant de morgue en soulevant la calotte à l'aide d'un ciseau à os :
Scarpetta déposa un poumon sur une balance et en nota le poids avec son stylo numérique sur un « calepin » non moins numérique. Il n'y avait plus un stylo ou une feuille de papier en vue. Lorsqu'elle remonterait, il ne lui resterait qu'à enregistrer directement sur son ordinateur ce qu'elle avait noté ou dessiné. Toutefois, la technologie n'était pas d'une grande aide en ce qui concernait ses incessantes réflexions, et elle persistait à vouloir les dicter dès qu'elle avait terminé et retiré ses gants.
Elle jouissait de locaux modernes pour son travail de médecin expert, encore améliorés par les perfectionnements, essentiels à ses yeux, dans ce monde qu'elle ne reconnaissait plus, un monde où le public croyait tout ce qu'il voyait à la télé en matière de sciences légales et où la violence n'était plus un problème de société mais une véritable guerre.
Elle entreprit de découper le poumon, se faisant la réflexion qu'il était lisse et brillant, enveloppé du feuillet viscéral de la plèvre et formé d'un parenchyme rose-marron atélectasique. Elle ne remarqua qu'une quantité minimale d'écume rosâtre. Aucune lésion macroscopique apparente, quant à la vascularisation, elle paraissait normale. Elle marqua une pause lorsque Bryce, son assistant administratif, entra, un air de dédain et de feinte indifférence peint sur son visage juvénile. Ce qui se déroulait en ce lieu n'impressionnait certes pas Bryce. Cependant il était ulcéré pour un tas d'excellentes raisons. Il arracha plusieurs feuilles de papier essuie-tout d'un distributeur et s'en couvrit les mains avant de saisir le combiné noir d'un poste téléphonique mural. La ligne 1 clignotait.
— Benton, vous êtes toujours là ? demanda-t-il. Elle est juste à côté de moi, armée d'un énorme couteau. Je suis certain qu'elle vous a énuméré nos spécialités du jour ? Le clou, c'est l'étudiante de Tufts. Sa vie contre deux cents dollars ! Les Bloods ou les Crips, un sale tordu de gang, il faudrait que vous le voyiez sur la vidéo de surveillance. Les médias ne parlent que de ça. Jack ne devrait pas pratiquer cette autopsie. Mais personne ne prend mon avis en compte ! Il va nous faire un anévrisme. Quant au suicide, ahhh ! Le gars revient d'Irak sans une égratignure. Tout baigne pour lui. Allez, mon gars, joyeuses fêtes et une bonne vie !
Scarpetta retira son heaume de protection. Elle enleva ses gants ensanglantés et les jeta dans une poubelle d'un rouge vif, réservée aux déchets biologiques. Elle se nettoya les mains dans un profond évier en inox.
— Pas besoin de mettre le nez dehors pour avoir mauvais temps ! continuait à papoter Bryce au profit d'un Benton que les papotages n'intéressaient guère. On est pleins comme un œuf et Jack est déprimé et irritable. Je vous l'ai dit ? Il faudrait peut-être intervenir. Une sorte de week-end de détente dans cet hôpital d'Harvard où vous travaillez. Ils pourraient nous faire un prix de groupe...
Scarpetta lui enleva le téléphone des mains et chiffonna les feuilles d'essuie-tout avant de les jeter dans une corbeille.
— Arrêtez de chercher des poux à Jack ! Lança-t-elle à Bryce.
— Selon moi, il se bourre à nouveau de stéroïdes et c'est pour ça qu'il est tellement grincheux.
Elle lui tourna le dos, une façon de s'isoler de tout le reste.
— Que se passe-t-il, Benton ?
Ils s'étaient déjà téléphoné au lever du jour. Le fait qu'il la rappelle quelques heures plus tard, sachant qu'elle était au beau milieu d'autopsies, n'augurait rien de bon.
— J'ai bien peur que nous nous retrouvions avec un gros problème sur les bras.
Il avait énoncé la même phrase la veille au soir, alors qu'elle venait tout juste de rentrer de la scène de crime où avait été abattue l'étudiante de Tufts. Il était en train d'enfiler son manteau pour foncer à Logan, l'aéroport international de Boston, et sauter dans le premier avion. Le département de police de New York avait un « problème » et réclamait instamment sa présence.
— Jaime Berger demande si tu peux nous rejoindre, poursuivit Benton.
Entendre le nom du procureur troublait toujours Scarpetta, au point qu'elle sentait sa poitrine se serrer à cette simple évocation. La personnalité de Berger n'était pas en cause. Toutefois, la magistrate serait toujours liée à un passé que Scarpetta souhaitait oublier.
— Le plus tôt sera le mieux, insista Benton. Tu peux peut-être attraper l'avion de treize heures ?
La pendule murale indiquait presque dix heures. Elle allait d'abord devoir terminer son autopsie, se doucher, se changer, et puis elle repasserait chez elle. À manger ! songea-t-elle. De la mozzarella au lait cru, de la soupe de pois, des boulettes de viande, du pain. Quoi d'autre ? La ricotta avec du basilic frais que Benton appréciait tant sur une pizza maison. Elle avait préparé tout cela et plein d'autres choses encore hier, sans soupçonner le moins du monde qu'elle allait passer le réveillon du nouvel an toute seule. Il n'y aurait rien à se mettre sous la dent dans leur appartement de New York. Lorsque Benton s'y trouvait en célibataire, il fréquentait les traiteurs.
— Rejoins-moi directement au Bellevue, précisa-t-il. Tu peux laisser tes sacs dans mon bureau. J'ai ta mallette de scène de crime à portée de main.
Sa voix était couverte par le son rauque produit par une lame aiguisée à grands gestes hargneux, par le beuglement de la sonnette de la baie de déchargement, et elle l'entendait à peine. Elle jeta un regard à l'écran de surveillance posé sur une paillasse. La manche sombre du conducteur émergea par la vitre d'une camionnette blanche, alors que des employés chargés des transferts de corps s'obstinaient à sonner.
— Quelqu'un peut-il s'en occuper, s'il vous plaît ? hurla Scarpetta pour couvrir le vacarme.