L'héritage du sang
528 pages
Couverture souple
Réf : 261503
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Au lieu de 22,00  (prix public)
La nouvelle reine du suspense psychologique !
Résumé
Pour survivre à la mort tragique de son mari, Madeleine a fui le décor idyllique de la Floride et s’est installée comme psychothérapeute dans la grise Angleterre. Alors qu’elle commence à reprendre sa vie en main, l’arrivée d’une nouvelle patiente, Rachel, va faire voler en éclats son fragile équilibre. Car, malgré l’hostilité affichée de cette jeune femme abîmée dont la vie de l’enfant est menacée, son histoire va résonner étrangement avec le plus noir secret de Madeleine...
Pourquoi on l'a choisi
Secrets de famille trop lourds, menace qui se rapproche... Madeleine doit affronter sa propre vérité. Un roman riche et captivant par l’auteur du phénoménal Fleur de glace.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :18
Anabelalezieubleu
Le 26 juin 2009
On s'y croirait...
J'ai DEVORE ce livre en deux jours. Simplement fascinant : l'intrigue, les personnages, les descriptions des paysages... je m'imaginais, spectatrice invisible, dans chacune des scènes de ce roman. Je ne connaissais pas cet auteur et j'ai été agréablement surprise par cette "découverte".
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JeudiProchain
Le 31 mai 2009
Encore un bon moment de lecture
Avec sa personnalité attachante et les déboires que lui a réservé la vie, on suit volontiers Madeleine dans cette aventure humaine et palpitante. Richesse des portraits psychologiques, finesse des protagonistes et originalité des situations se conjuguent à l'écriture nerveuse et efficace de Kitty Sewell pour un roman qu'on ne lâche pas avant la dernière page.
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JPdu83
Le 08 août 2009
D'un ennui pas loin d'être... mortel...
Conseillé en boutique par une conseillère à qui j'avais largement expliqué mes goûts de lecture, à savoir en priorité le thriller policier, je dois avouer que ce livre m'enuie au plus haut point et qu'il ne correspond en rien à mes attentes. Le style est parfaitement lisible et agréable mais l'histoire se traine en longueur sans manquer de tomber dans les clichés. En terme de thriller, il n'y a rien du tout qui puisse en porter l'étiquette. En terme de psychologie, oui peut-être. le personnage principal est psychothérapeute, il y a peut-être un rapport en effet. En bref, arrivé à force d'ennui, de courage et d'abnégation, à la page 410 en 3 semaines (je lis un livre de 500 pages en deux, trois jours habituellement), cet ouvrage aura eu l'intérêt unique, si ce n'est de me divertir, de me faire réaliser d'importantes économies sur mon budget lecture cet été. Perso, je conseille ce livre aux fans d'Elizabeth George, Frances Fyfoield et autre Nicci French. Mais certainement pas aux accros de Michael Connelly, Baldacci et autres John Connolly ou Peter James.
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ricorouge
Le 19 juillet 2009
On me l'avait vivement recommandé...
Une amie me l'avait vivement recommandé... et pourtant, ce n'était pas le genre de livre que j'avais spécialement envie de lire en ce moment... un soir, j'ai juste mis le nez dedans pour voir... 75 pages après, je me suis dit qu'il était temps de se coucher (3h du mat). Je l'ai donc dévoré quelques heures plus tard. Excellent, effectivement. Difficile de le lâcher une fois qu'on l'a ouvert. Alors faites comme moi, faites confiance, à lire d'urgence.
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lire
Le 19 août 2009
Mortel d'ennui
J'ai acheté sur le conseil d'une vendeuse, mais cela est vraiment mortel. A quitter le roman à moitié pour reprendre à fin, mais vraiment aucune passion. A ne pas acheter même à 8 euros.
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Casix
Le 11 août 2009
Bon moment de détente
J'ai assez bien aimé l'intrigue. On est plongé dans l'histoire assez facilement. Bon moment de détente.
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Le 05 août 2009
Pas le roman de l'année
Bonne intrigue. Le personnage principale bien décrit. L'histoire mouline dans la semoule par moment. Pourquoi attendre 250 pages pour que l'histoire commence ? Un livre qui a du rythme, lisez Fred Vargas.
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ducky33
Le 12 août 2009
J'attendais mieux
J'avais très envie de lire ce livre, l'intrigue était alléchante à souhait mais le tout donne l'impression de ne pas être vraiment terminé. L'auteur prend beaucoup de temps pour installer son histoire (alambiquée il faut bien le dire), on s'habitue et puis tout à coup, tout s'accélère et tout s'embrouille, l'héroïne découvre un sombre secret, sa mère a un rôle très important que l'on ne comprend pas très bien, le vilain disparaît mais un autre arrive... bref, la fin est bâclée et c'est fort dommage au regard de la première moitié du livre !
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Le 30 septembre 2009
Pas encore fini
C'est la première fois que je mets autant de temps à lire un livre, je m'ennuie, mais je m'ennuie... Y a vraiment mieux, beaucoup mieux ! Si c'était du satisfait ou remboursé, je voudrais être remboursée, ça c'est sûr !
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vanille
Le 08 septembre 2009
Une patiente pas si inconnue que ça !
C'est une histoire très émotive avec une petite note de surnaturel. Le suspense y est jusqu'au bout, j'ai beaucoup aimé ce roman, je le recommande vivement.
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kikilumina
Le 28 août 2009
Un peu décevant
Bon début qui promettait !!! Mais très vite déçue par la longueur de certains passages. Dommage ! Et pourtant, ce n'est pas mon genre de décrocher d'une intrigue quand je commence à lire.
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vanouche
Le 09 septembre 2009
Un livre pour passer le temps ...
Je viens de terminer ce livre que j'ai acheté sur le conseil d'une vendeuse. L'histoire est pas mal mais il y a des passages qui tirent en longueur ! Je voulais essayer un nouveau genre de livre, j'avoue que je n'en suis pas totalement satisfaite ! A lire si on a vraiment rien à lire d'autre !
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esmeralda9
Le 11 octobre 2009
Du grand n'importe quoi
Au début, l'histoire parait intéressante et plus on avance plus elle vire dans le n'importe quoi. Je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'histoire. Vraiment déçue !
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Le 26 septembre 2009
Llecture passionnante
J'ai trouvé ce livre très prenant. Je le recommande.
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Le 23 septembre 2009
Bof !
Recommandé en boutique, j'ai fait confiance au conseiller en omettant toutefois de lui dire que je venais d'achever la trilogie Millénium. Ce livre ne m'a pas du tout enthousiasmée : l'intrigue est cousue de fil blanc, les descriptions des pratiques de "magie blanches ou noires" ne sont pas assez creusées (j'aurais aimé en savoir plus .. Millénium oblige !!)... en bref un livre très décevant en regard de ce que l'on m'en avait dit en boutique.
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Le 25 octobre 2009
Bon
Bon bouquin, un peu trop long parfois sur des détails anodins. Se laisse lire malgré tout.
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Le 17 novembre 2009
Déçue !!
A première vue, il nous donne envie, mais ca traîne trop, l'histoire est bien, mais le denouement est trop lent, pas assez de suspense.
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lucille
Le 14 janvier 2010
Avis sur "L'héritage du sang"
Très beau livre qui raconte la vie de Madeleine et de sa fille. J'ai trouvé le livre trop long, trop d'explications et de retour en arrière. Pourtant la fin était très bien avec de l'action. Dommage qu'elle soit si longue à venir.
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Interview

Interview de Kitty Sewell

par Iris Graedler



Votre dernier roman, L’Héritage du sang, est un suspense psychologique à plusieurs niveaux. Comment vous en est venue l’idée ?

Il y a quelques années, alors que j’exerçais en tant que psychothérapeute, j’ai reçu une patiente qui ressemblait étrangement à ma sœur. Ma sœur vivait à cette époque une période difficile. Nous habitions dans des pays différents et n’avions pas beaucoup de contact. Mes réactions vis-à-vis de cette patiente m’ont beaucoup perturbée et je me suis sentie coupable de mon manque de soutien envers ma sœur. Ensuite, pendant que j’écrivais L’Héritage du sang, ma sœur est décédée. Sur son lit de mort, elle a déclaré qu’elle n’avait aucune famille, ainsi, nous n’avons rien su de son état avant qu’il ne soit trop tard. Cette terrible accusation a ajouté un élément poignant et angoissant à la signification de ce roman.


Vous nous offrez, à travers ce roman, un panel très intéressant de personnages forts. Lequel est votre préféré ? Avec lequel d’entre eux vous êtes-vous le plus identifiée ?

Sans aucune hésitation avec Madeleine, le personnage principal. Pendant l’écriture du roman, je suis devenue elle. Mais une partie de moi-même s’est aussi identifiée à Rachel. Comme je l’ai déjà dit, je voyais ma sœur en elle. Rachel n’est pas toujours un personnage très appréciable, mais je pense que le lecteur aura quand même de la sympathie pour elle, pour sa façon d’être, et elle se rachète par sa volonté de tout sacrifier pour son enfant.


Madeleine est psychothérapeute. Votre propre expérience professionnelle comme thérapeute vous a-t-elle influencée pour la création de ce personnage ?

En partie, seulement. Son métier sert plus d’outil au développement de l’histoire. Evidemment, il m’était facile d’écrire au sujet de ses aptitudes professionnelles, ayant connu cela moi-même. Le caractère profond de Madeleine ne la destinait pas à être psy.


Vous avez autrefois habité dans le grand Nord canadien, un paysage glacé dans lequel vous avez situé votre premier roman, Fleur de glace. Votre travail est-il – consciemment ou inconsciemment – influencé par vos expériences personnelles ?

Tout à fait ! Fleur de glace est né d’une expérience que nous avons vécue mon mari et moi : un matin, nous avons reçu une lettre d’une jeune fille disant qu’elle était sa fille. En fait, cet évènement dramatique a agi comme un déclencheur pour moi, c’est ainsi que j’ai commencé à écrire. Et l’écriture a changé ma vie. Les autres écrivains ne seront peut-être pas d’accord mais je suis convaincue qu’on écrit avec plus de sentiments et plus de convictions lorsqu’on écrit sur des choses qui nous sont chères. Ma chance (et ma malchance), c’est d’avoir une famille complexe grâce à laquelle, en fait, j’ai matière à de nombreux romans ! De plus, le fait d’avoir vécu dans plusieurs pays me permet de décrire les décors de mes livres avec justesse et sensibilité.


En plus d’écrire, vous peignez et vous sculptez. De quelle manière ces différents moyens d’expression artistiques s’influencent-ils les uns les autres ?

Ce n’est pas tant qu’ils s’influencent. Je dirais plutôt qu’ils s’informent. Je nourris mon écriture de beaucoup d’éléments de la sculpture. L’art que je préfère est la sculpture et de la même manière que je taille une pierre pour lui donner une forme, je cisèle mes personnages et mon histoire lorsque j’écris. Je peux écrire simultanément des scènes au début et à la fin du roman, tourner l’histoire pour qu’elle prenne forme, et voir ainsi tous les angles. L’écriture pour moi n’est pas un processus linéaire.


Madeleine est la fille d’un artiste célèbre et est elle-même peintre, connue pour son travail à la fois original et perturbant sur les fourmis. D’où vous est venue l’idée de cet intérêt particulier chez votre personnage ?

Je suis moi-même passionnée de myrmécologie, je l’ai toujours été. J’adore observer les fourmis vaquer à leurs occupations. J’ai des fourmis dans ma cuisine et j’interdis à quiconque de les asperger d’insecticide parce que ces bons petits soldats sont les rois du ménage : il n’y a jamais une miette sur mon plan de travail ! Bon, chacun ces petites manies, pas vrai ?


Quelles recherches avez-vous menées sur les fourmis parasol ?

Tout ce qu’il y a à savoir se trouve sur internet ! J’ai découvert des fans de myrmécologie à travers le monde entier ! Du coup, Madeleine, avec son amour des fourmis, n’est pas si bizarre qu’elle y paraît.


Que symbolisent les fourmis dans votre roman ?

S’il y a un symbole, je pense que c’est la continuité de l’existence. Le monde de Madeleine a été complètement chamboulé et c’est dans la compagnie de ces petites créatures prévisibles peuplant la terre depuis des millions d’années qu’elle trouve du réconfort. Elles sont si parfaites et si constantes qu’elles n’ont pas besoin d’évoluer. Même enfant, c’est cet élément de régularité et d’exactitude qu’elle recherchait chez les fourmis, pour se protéger du chaos de son existence.


Les symboles en général sont-ils un élément important de votre processus d’écriture ?

Lorsque j’étais étudiante en psychologie, j’ai lu avec avidité l’œuvre de C.G. Jung. En écriture, je crois qu’il est plus intéressant de laisser la symbolique s’installer de manière instinctive.


Edmund Furie, le tueur psychotique, à qui Madeleine rend visite une fois par semaine en prison, n’est pas sans rappeler le célèbre personnage d’Hannibal Lecter, monstre par excellence, créé par Thomas Harris. Vouliez-vous que le lecteur pense à Anthony Hopkins et Jodie Foster dans Le Silence des agneaux ? Si oui, pourquoi un tel parallèle ?

Peut-être qu’inconsciemment, j’ai été influencée par Le silence des agneaux, qui est un film excellent. Mais consciemment, je n’ai pas du tout pensé au film. J’ai été guidée par mon travail avec les Samaritains dont une partie des activités consistent à rendre visite aux prisonniers.


Rosario, la mère de Madeleine, agit-elle comme un double d’Edmund ?

En fin de compte, Rosario et Edmund ont beaucoup en commun. L’un est schizophrène, l’autre psychotique. Il existe des différences drastiques entre ces deux états mais chacun comprend une propension à l’extrême et une violence calculatrice. Il fallait à Madeleine ces deux opposés. Inconsciemment, elle espère qu’ils serviront d’exutoire à sa propre disposition à la violence… et avec raison.


Qu’est-ce qui vous a fasciné dans le culte vaudou et les pratiques de Rosario, la prétendue santera ?

J’ignorais tout de la Santeria quand j’ai commencé la rédaction de ce roman. Puis je me suis rendue pour une longue période à Key West pour mes recherches (c’était aussi de très agréables vacances) et j’ai découvert ce culte afro-cubain fascinant. La Santeria, bien que surtout pratiquée à Cuba, l’est aussi beaucoup en Floride, et dès que j’ai commencé à discuter avec les gens de ce sujet et à lire des ouvrages sur le sujet, j’ai été captivée. Il fallait que je mêle des éléments de santeria à mon roman, L’Héritage du sang.


Croyez-vous à la sorcellerie et aux pouvoirs magiques des shamans ou des santeras ? Et pensez-vous que ces pouvoirs se transmettent comme vous le dites dans L’Héritage du sang ?

J’ai toujours été intéressée par l’ésotérisme. Disons simplement que je garde un esprit ouvert sur ces sujets.


Rachel, le second personnage principal, est très différente de Madeleine. Vous a-t-il été difficile de vous glisser dans la peau d’un personnage dont le caractère, le langage, les émotions sont influencés par un monde de drogues, de violence et de prostitution ?

Non… j’ai trouvé facile d’être Rachel, ce qui est assez inquiétant. Je suppose que j’ai une imagination débordante.


Quelles recherches avez-vous menées concernant la vie des jeunes prostituées ?

Pendant un temps, j’ai travaillé dans un quartier défavorisé du Sud du Pays de Galles et j’ai rencontré plusieurs jeunes prostituées. Leurs médecins me les envoyaient et ainsi, elles n’avaient pas besoin de payer leurs séances de thérapie. J’ai appris énormément sur la vraie vie grâce à ces jeunes filles, ainsi que grâce à d’autres personnes dans des situations misérables. Pour commencer, j’ai appris à me rendre compte de la vie merveilleuse que je menais.


Aviez-vous l’intention de faire une critique sociale et de mettre en lumière le trafic sexuel des européennes de l’Est qui sont envoyées en Occident pour ensuite être brisées, violées et battues ?

Ce n’était pas mon intention, mais les jeunes femmes, et jeunes filles, piégées par l’esclavage sexuel est l’un des problèmes qui me préoccupent (pas seulement en Europe mais dans le monde entier), et il a ainsi trouvé sa place dans le roman. Je ne m’habituerai jamais au fait que ceci se passe juste sous nos yeux. La souffrance engendrée est incommensurable.


Dans L’Héritage du sang, tout comme dans Fleur de glace, un enfant est au cœur du conflit, ce qui entraîne un retournement dramatique – un enfant en danger, né sous une mauvaise étoile ou dont l’existence est inconnu de l’un des parents. Les problèmes familiaux sont-ils ce qui vous intéresse le plus dans votre travail ?

Aucun doute que les liens familiaux complexes reviennent souvent dans mes romans. Avec ma propre famille et mes expériences professionnelles, c’est ce qui m’intéresse le plus. Mais je m’efforce de les combiner à des paysages exotiques et des intrigues intéressantes.


Votre but est-il de délivrer un message à vos lecteurs ou de les divertir ?

Je suis relativement nouvelle en tant qu’écrivain, et je ne peux pas prétendre transmettre un quelconque message philosophique. Peut-être n’ai-je pas ce genre de talent. Pour l’instant, il est déjà assez éprouvant de produire une « bonne lecture ». Cependant, j’espère que les lecteurs apprendront quelque chose sur certains aspects de la vie ou du monde. Dans L’Héritage du sang, par exemple, ils peuvent en apprendre un peu sur la psychothérapie, les fourmis, l’art, la Santeria, le trafic et l’esclavages des européennes. Ou comment survivre à un ouragan.


Le fait d’avoir très jeune vécu dans différents pays a-t-il aiguisé votre esprit créatif ?

Probablement, mais j’ai une grande imagination et je crois avoir hérité de je ne sais où un important gène créatif. J’ai toujours peint, sculpté, fait de la musique, du jardinage, fabriqué des vêtements et même des chaussures. J’ai dessiné les plans et construit trois maisons et je viens de découvrir l’écriture. Ce qui concerne la partie gauche du cerveau, comme tenter de comprendre le fonctionnement de mon ordinateur, me laisse de marbre.


Une devise concernant la vie ?

Se rappeler que, en tant qu’individus, nous sommes comme les fourmis : minuscules, insignifiants et avec une courte espérance de vie. C’est pour cela que nous nous devons de faire de notre mieux, et vivre à fond. En un battement de paupières, tout peut être fini.

Extrait

Prologue


Elle s'appelait Angelina. Née à Cuba, elle avait, comme tout ce qui vient de cette île assiégée, un caractère changeant et passionné. Les Cubaines sont réputées pour leur façon de bouger. Qu'elles soient jeunes ou d'un certain âge, elles ont cette manière sereine d'habiter leur corps, cette sensualité liquide, un héritage qui leur vient sans doute de leurs ancêtres africains. Angelina ne faisait pas exception. Ses mouvements étaient stupéfiants, à couper le souffle, vraiment.
Pourtant, elle n'était pas comme les autres tornades. Elle était animée d'une fureur qui la rendait sournoise et imprévisible. Sa force centrifuge, elle l'avait amassée en secret, prélevée sur une série d'anomalies climatiques, et même les plus sophistiqués des instruments conçus par l'homme avaient échoué à mesurer sa force - encore plus à déterminer sa direction. En quête d'une piste d'atterrissage adéquate, Angelina avait sondé, de cet œil indécis qui la rendait si dangereuse, les différentes îles alentour. C'est ainsi qu'elle avait fait de Cuba la première victime de sa férocité.
À La Havane, on crut qu'Angelina avait été provoquée par une vieille femme : une santera, prêtresse de l'ancienne religion afro-cubaine. Dans cette ville, où l'on pratique la santería en toute liberté, ses sorts étaient bien connus. Une nuit, plus de trente ans auparavant, sa fille l'avait abandonnée, emportant son couteau de sacrifice et un crucifix de grande valeur, et s'était enfuie sur un radeau en direction de la Floride. La santera n'avait jamais pu accepter cette trahison et, avec l'âge, sa soif de vengeance n'avait cessé de croître.
Dans le quartier pauvre de La Havane où elle vivait, elle avait depuis longtemps déclaré à ses voisins qu'elle concoctait la plus fourbe des tempêtes et faisait des offrandes de sang aux orishas, les dieux yorubas, en leur demandant de déchaîner des vents dévastateurs sur la Floride afin d'humilier sa fille.
La nuit où les masses nuageuses perfides d'Angelina commencèrent à tournoyer au-dessus de l'océan, la santera succomba à une attaque. Elle ne sut jamais les ravages que la tornade imminente allait causer, non pas à sa fille, qui avait depuis longtemps quitté les États-Unis, mais à sa petite-fille.
Peut-être n'était-ce que pure superstition, renforcée par la mort circonstanciée de la vieille femme, mais, à La Havane, son nom demeura pour toujours associé à la terrible Angelina.

Sur une autre île, située au-delà de la pointe la plus au sud des États-Unis, et à seulement cent cinquante kilomètres de La Havane, l'on se préparait activement à l'arrivée d'Angelina. La plupart de ses habitants - les Conques, ainsi qu'ils se dénommaient eux-mêmes - n'étaient pas trop inquiets. Ils étaient habitués aux tempêtes tropicales et, d'ailleurs, l'île n'était pas exactement sur la trajectoire d'Angelina. Elle devait atterrir plus au nord, quelque part entre Miami et Fort Lauderdale.
Néanmoins, les vents pourraient souffler fort. Devant les anciennes maisons des rouleurs de cigares cubains, ces constructions qui semblent faites de pain d'épice, et autour des cahutes nichées au fond de secrètes impasses, les Conques fermaient les volets, puisaient dans des citernes d'eau de pluie pour remplir des bouteilles et mettaient le mobilier de jardin à l'abri.
Les habitants de Houseboat Row avaient une manière bien à eux de se préparer aux tempêtes estivales. Si les propriétaires des bateaux y étaient plus vulnérables que leurs voisins vivant sur la terre ferme, ils avaient aussi un tempérament beaucoup plus je-m'en-foutiste. En plus, on était dimanche matin. Une tasse de café ou une bouteille de bière à la main, ils rangeaient tranquillement quelques affaires et attachaient leurs plantes, chaises longues et bicyclettes au bastingage à l'aide de cordes. Étant donné que le pic de la tempête devait atteindre Key West en milieu d'après-midi, il n'y avait aucune raison de se presser. Les plus avisés d'entre eux, comme les personnes âgées et les pères et mères de famille, préparaient des pique-niques pour aller voir le gros temps chez des amis qui vivaient sur la terre ferme.
Comme tous les dimanches, Madeleine était au lit avec Forrest, où ils faisaient l'amour, mangeaient, écoutaient de la musique et lisaient les journaux jusqu'en milieu de journée, quoique pas toujours dans cet ordre. C'était le moment de la semaine qu'elle préférait. Forrest étant un « actif » invétéré, il était parfois difficile de l'obliger à se détendre. Même s'il prenait la vie avec philosophie, il avait cultivé une éthique du travail que Madeleine passait son temps à essayer de contrer, parfois avec succès. Une fois son esprit et son corps détendus, il devenait le type le plus nonchalamment sexy, drôle et bavard de la terre, un vrai bêta, à croire qu'il ne sortait jamais de son lit.
Adossée aux oreillers, un carnet de croquis sur les genoux, Madeleine était en train de le dessiner, tandis que, couché à plat ventre en travers du lit, il cherchait dans le dictionnaire un mot sur le sens duquel ils s'étaient chamaillés.
Résipiscence, lut-il triomphalement. Nom féminin. Reconnaissance de sa faute avec amendement. Du latin : revenir à soi.
— Ne bouge pas, s'il te plaît.
Le fusain de Madeleine s'activait sur le papier. Dehors, on entendit une sorte de secousse. Judy Montoya grondait ses enfants, comme à son habitude, et Fred lui criait quelque chose du bateau voisin. On entendit des pas précipités claquer sur le ponton avant de s'éloigner.
— Commandons encore du café, marmonna Forrest. Mais où sont passés les serveurs ? Jamais là quand on a besoin d'eux !
— Je leur ai donné leur journée.
La vieille barge rouillée leur avait été cédée par la grand-mère maternelle de Forrest, et le seul employé de bar à être jamais monté à bord était la vieille dame elle-même, naguère barmaid au Turtle Kraals.
— Oh, misère... Je vais faire le café, dit-il en sautant hors du lit et en enroulant une serviette autour de ses reins. Que dirais-tu d'un verre de champagne avec une goutte de jus d'orange ? Et des fraises. J'en ai vu dans le frigo.
— Sur le principe, je suis d'accord, merci.
Madeleine tenta de lui saisir le poignet, craignant qu'il ne se laisse distraire et ne se mette à laver le pont ou à aller ramasser le linge.
— Je reviens, chérie. Juré !
Madeleine tendit l'oreille, guettant ses moindres gestes. La barge dansait sur les vagues qui battaient bruyamment contre l'étrave. Un sac plastique emporté par une rafale passa à l'horizontale devant le hublot. Sa montre indiquait midi et demi. Elle se leva et colla son visage au verre concave. Marian et Greg Possle couraient sur le ponton, des paquets à la main. Ils avaient l'air pressés, bien loin de leur nonchalance habituelle, et leurs queues-de-cheval respectives volaient au vent. À travers le bruit, elle entendit Forrest déplacer des choses sur le pont. Reviens au lit, espèce de traître, songea-t-elle en se recouchant. Je te veux.
Dix minutes plus tard, Forrest revint les mains vides. Il avait l'air préoccupé et alla directement enfiler son short. Madeleine se souleva sur un coude.
— Et alors, où est mon champagne ?
— Tu ferais mieux de t'habiller, chérie.
— Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ?
— Il n'y a plus personne. On dirait qu'ils sont tous partis.
Elle sourit et tapota sur le lit.
— Nous voici donc livrés à nous-mêmes...
— Il faudrait ranger un peu, Madeleine. Le vent se lève.
— Sans blague, dit-elle, toujours sans bouger.
— Allume la radio, qu'on sache un peu ce qui se passe.
— Une demi-heure de plus ou de moins...
Forrest secoua la tête, et elle crut avoir perdu la partie, mais il hésita lorsqu'elle ouvrit sa robe de chambre et lui tendit les bras.
— Viens là et, avant de te sauver, embrasse-moi.
Il l'embrassa longuement, puis murmura :
— D'accord, infâme tentatrice, mais il faudra malheureusement faire vite.
Lorsqu'il commença à bouger contre son corps, elle sentit ses cheveux blonds effleurer doucement ses seins. Quand ils faisaient l'amour, il avait une façon de la regarder... Ses yeux ne quittaient pas les siens, l'hypnotisaient et effaçaient tout le reste. Soudain, une secousse fit tanguer la barge. En riant, ils roulèrent avec elle, n'ayant envie ni l'un ni l'autre de mettre un terme à ce qu'ils avaient entrepris. Malgré le nombre d'années passées ensemble, les étreintes amoureuses leur faisaient perdre toute notion du temps et de l'espace, et leur donnaient immanquablement le sentiment de se loger dans une réalité qu'ils n'avaient nul désir de quitter. Ils retardaient au maximum ce point culminant qui signifiait aussi la fin, la séparation.
Une nouvelle violente secousse fit sourciller Forrest. Il détourna les yeux un instant et resta immobile, l'oreille aux aguets. Puis il se libéra des bras de Madeleine et se leva. Elle demeura dans cet espace lointain, croyant qu'il préparait une variante, mais il lui tapa sur la hanche en disant :
— Viens, c'est de la folie... Nous n'avons plus que cinq minutes. Pas une de plus.
Depuis le lit, Madeleine l'observa à travers le hublot de tribord. Quel angle super ! se dit-elle en gloussant avant de reprendre son carnet. Mais Forrest fut encore plus rapide. Son fusain n'eut que le temps de tracer le contour d'un bras plié, d'une cuisse tendue et d'un torse dont les muscles semblaient indépendants les uns des autres.
Les cinq minutes étaient depuis longtemps écoulées, et elle savait qu'elle devait faire sa part du travail : empaqueter des objets de première nécessité, ranger, attacher les poignées des tiroirs de la cuisine les unes aux autres, passer une sangle autour du réfrigérateur. Elle avait quelque part une liste des « Choses à faire en cas de tornade », mais elle la connaissait plus ou moins par cœur pour avoir déjà connu une bonne douzaine de tempêtes tropicales. Comme tous les Conques. Cependant, elle n'arrivait pas à détacher son regard de Forrest et du crayon qu'elle tenait à la main. Elle ne se lassait jamais d'observer les mouvements de son corps. Forrest était pêcheur de crevettes depuis l'âge de seize ans, et les vingt années suivantes, il s'était presque entièrement consacré à des travaux manuels et physiques. Il avait une intelligence bien réelle, mais il ne se souciait pas de l'utiliser, si ce n'est en donnant libre cours à sa fascination étrange pour l'astronomie, la botanique ou encore l'apprentissage de l'espagnol. Il en était venu à partager sa passion pour la myrmécologie : plusieurs fois ils étaient partis en expédition dans des lieux exotiques pour y observer des espèces rares de fourmis - quand leurs moyens le leur avaient permis, ce qui n'était pas arrivé si souvent.
Soudain, il fit noir. Madeleine leva les yeux de son croquis et s'aperçut qu'elle ne distinguait plus rien. Forrest commençait à fixer les panneaux de la taille des fenêtres qu'il avait découpés dans de la toile marine. Elle fut un peu surprise qu'il ait jugé cela nécessaire. Quand le bruit de sa perceuse électrique fendit l'air, elle se rendit compte que, dehors, tout était calme. Le calme avant la tempête.
À contrecœur, elle se leva et commença à s'organiser. Une secousse fit trembler la barge ; suivie d'une autre quelques minutes plus tard. Elle traversa la galerie en courant pour se retrouver sur le pont de pêche.
— Forrest, tu ne crois pas qu'on devrait aller à terre ?
Il y avait en tout douze fenêtres, et il lui en restait encore la moitié. Derrière lui, le ciel s'était mué en une masse noire, énorme et menaçante. Il n'y avait plus une seule voiture sur Roosevelt Boulevard. Même les oiseaux étaient partis.
— Si, répondit-il en fixant un autre panneau. Visiblement, c'est ce que tout le monde a fait. Tu es prête ?
Elle se mordilla la lèvre.
— Presque.
Forrest s'interrompit et jeta un œil aux barges voisines, toutes amarrées et ancrées, qui oscillaient de façon inquiétante.
— Que dit la météo ?
— Je n'ai pas allumé la radio.
Il regarda l'étrange formation nuageuse et fronça les sourcils.
— On dirait que ça se gâte, dit-il, soudain alarmé. Viens, chérie, allons-y.
Un grondement déchira l'air.
— Et si tu laissais tomber les fenêtres ?
De nouveau, Forrest scruta le ciel, ses longs cheveux emmêlés par le vent.
— Non, il vaut mieux mettre ces panneaux. Ça risque d'être une vilaine tempête.