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La petite fille qui ne voulait pas grossir
La petite fille qui ne voulait pas grossir
Isabelle Caro
304 pages
Couverture souple
Réf : 250657
Mot de l'auteur
« II faut cesser de sacraliser la maigreur. Être anorexique, c'est un enfer, c'est risquer de mourir à chaque instant. Je voulais le rappeler à travers mon expérience. »

Isabelle Caro
Résumé
Isabelle Caro prend la plume et raconte son histoire, une histoire d’amour et de mort. Celle d’une enfant qui cesse de manger pour rester la petite fille qu’aime sa maman. Une histoire folle dont elle essaie de sortir en menant sa bataille contre la maladie, contre l’aveuglement de la mode coupable, et pour la vie.  
Pourquoi on l'a choisi
Salutaire prise de conscience. Il y a quelques années, on appelait ça un caprice, un délire. On sait aujourd’hui que l’anorexie est une maladie mortelle. On le doit beaucoup à la comédienne Isabelle Caro qui osa afficher sa maigreur cadavérique sur les murs pour alerter les jeunes filles.
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Les avis des internautes
Moyenne des avis :Nombre d'avis :7
Le 22 août 2009
63 adhérents sur 108 ont trouvé cet avis utile.
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Super génial
Super beau livre, jai adoré, je lai lu en deux jours, je le conseille à tout le monde.
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Le 12 août 2009
52 adhérents sur 106 ont trouvé cet avis utile.
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Magnifique
Oui, tout simplement magnifique. Un livre émouvant, avec beaucoup d'émotion. Merci Isabelle de nous avoir offert cette vision de la maladie. J'ai compris beaucoup de choses.
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Le 01 septembre 2009
51 adhérents sur 96 ont trouvé cet avis utile.
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A lire absolument !
Ce livre est vraiment fantastique. Il devrait être lu par toutes les jeunes femmes qui pensent que la maigreur est une philosophie car en réalité c'est une maladie. Magnifique autobiographie...
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Le 19 août 2009
49 adhérents sur 99 ont trouvé cet avis utile.
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Emouvant
Magnifique livre sur un parcours qui est loin d'être achevé. Un témoignage émouvant et touchant quand on sait que tout dans les médias est fait pour que ce genre d'histoire arrive.
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Le 23 août 2009
47 adhérents sur 100 ont trouvé cet avis utile.
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Un peu déçue
Je m'attendais à "vivre" l'anorexie mais finalement l'auteur raconte son existence avec la maladie et surtout sa mère. Un peu décevant.
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Le 23 août 2009
46 adhérents sur 88 ont trouvé cet avis utile.
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Super
Un excellent livre très emouvant ! Je le conseille !!
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Le 06 octobre 2009
30 adhérents sur 65 ont trouvé cet avis utile.
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Tout simplement génial
Ce livre est vraiement génial, je l'ai dévoré en quatre heures !!!
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Isabelle Caro a vingt-cinq ans. Passionnée de musique et de théâtre, elle est apparue dans la série Joséphine Ange Gardien aux côtés de Mimie Mathy, mais c'est la campagne d'affiches publicitaires contre l'anorexie d'Olivier Toscani en 2007 qui l'a fait connaître.
Anorexique dès l'âge de treize ans, par amour pour sa mère qui refusait de la voir grandir, elle veut aujourd'hui témoigner pour aider celles qui comme elle sont tombées dans la spirale infernale de cette terrible maladie.
Lu dans la presse
« (...) Cette jeune femme si mal dans sa peau, cette brindille prête à s'envoler au moindre souffle, fait preuve d'une force vitale hors du commun. Et c'est en cela que son témoignage finit par toucher. Et aussi parce que jamais elle ne se pose en victime. Elle constate, raconte, sans hargne et sans colère, juste avec l'envie de s'en sortir. »

Marie-Christine Petit-Pierre, Le Temps
Extrait
Chapitre 1

LA CULTURE DU MALHEUR

Il était une fois, dans le fin fond de la Bretagne catholique de l'immédiat après-guerre, une famille pauvre. Yvon, le père, revenu malade, les poumons mités par la tuberculose, d'un camp de travail, gagnait chichement sa vie comme cheminot. Jeanne, la mère, une femme très pieuse qui ne manquait jamais la messe de six heures à l'église du village, servait à manger dans l'auberge locale, là où elle avait rencontré Yvon. La vie était dure, le malheur lui non plus ne se reposait jamais.
En cette fin des années 40, Jeanne, devenue mère au foyer, et Yvon enterrent leur deuxième petite fille, presque un bébé encore, à peine âgée de dix-huit mois. Emportée par la diphtérie parce qu'un rhume a empêché de lui inoculer le vaccin. Jeanne pleure à gros sanglots, au rythme des pelletées de terre qui s'écrasent sur le petit cercueil blanc, sous le crachin qui brouille les perspectives du cimetière communal. Yvon, dont le chagrin creuse le visage déjà marqué pour ses trente-quatre ans, la soutient. Ils ne savent pas qu'une nouvelle vie commence à se développer dans le ventre de Jeanne. Ce sera une autre petite fille, qu'ils appelleront Magdeleine, et qui, trente-trois ans plus tard, me donnera naissance.
Un garçon, Louis, vient compléter le cercle de famille en 1952. Le bonheur d'Yvon et Jeanne d'avoir enfin un fils est pourtant de courte durée car Louis attrape la polio à l'âge de quatre ans. Il ne peut plus marcher, à peine respirer, ce qui oblige à le placer dans un poumon d'acier pendant plusieurs mois. Cette maladie est un choc terrible pour la famille, un coup de plus pour des gens déjà malmenés par la guerre et la vie. L'invalidité du petit dernier mobilise l'attention et les soins de la mère, ainsi que ses prières. Mais, pendant ce temps, les deux filles, Jacqueline dite Jacotte et Magdeleine, se sentent délaissées. L'aînée en gardera, sa vie durant, une inguérissable mélancolie. La seconde, ma future maman, puisera un indéfectible sens du malheur dans cette enfance à la Zola.
Pourtant elle aurait pu échapper à cette fatalité. Elle a sept ans quand son petit frère tombe malade et sa mère l'envoie alors chez une tante. Femme joviale en dépit du fait qu'elle ne peut pas avoir d'enfant, elle s'occupe de la petite Magdeleine comme si c'était sa fille. L'oncle est un brave homme au tempérament enjoué, lui aussi ravi de cette enfant providentielle. Magdeleine les aime beaucoup, et elle serait parfaitement heureuse chez eux si la pensée de sa mère seule pour s'occuper du frère paralysé, de la grande sœur dépressive et du père quinteux ne gâtait irrémédiablement son contentement. Que se passe-t-il dans sa famille pendant qu'elle saute à la corde dans le jardin de sa tante ? Pourvu que personne ne soit mort ! Chaque matin, elle guette l'arrivée du courrier. Quand elle reconnaît l'écriture fine et inclinée vers la gauche de sa mère, elle tremble en ouvrant l'enveloppe. Vite elle parcourt la lettre pour s'assurer qu'aucune catastrophe n'y est annoncée. L'absence de mauvaise nouvelle ne lui rend pas sa tranquillité, car si ce n'est pas pour aujourd'hui, ce sera pour demain ou après-demain. Le pire n'est jamais sûr, dit le proverbe. Certes, néanmoins c'est le plus probable, complète Magdeleine.

*
*  *

Au bout d'un an, la petite fille réintègre la maison familiale et son atmosphère plombée. Jacotte, qui a dû arrêter l'école pour travailler afin d'aider sa famille, traîne son mal-être ; la santé du père continue de se dégrader et celle du frère ne s'améliore guère. Il lui faudrait des soins qu'on ne trouve pas au village. Le centre de soins le plus proche se situe à Brest, soit à quarante-cinq kilomètres, trop loin pour y aller trois fois par semaine comme le recommande le médecin. Alors la famille déménage afin de s'installer en ville, quittant la maison en bordure de forêt octroyée par la SNCF pour un rez-de-chaussée — polio oblige — humide dans un HLM sonore. Les filles ne s'y plaisent pas, trop de bruit, trop d'inconnus dans cet environnement anguleux de brique et de béton.
Magdeleine est envoyée dans une école dirigée par des bonnes sœurs et majoritairement fréquentée par des enfants de la bourgeoisie, lesquels ne daignent pas frayer avec cette fille de prolétaires. Là, elle se sent plus seule que jamais, entre la froideur de ses condisciples et la tristesse persistante de sa sœur. Le père tousse de plus en plus. La mère prie comme une forcenée, s'esquintant les genoux à force de faire le tour de sa chambre prosternée tandis qu'elle alterne les « Notre Père » et les « Je vous salue Marie ». Comme s'il y avait une chance que Dieu soit ému par ses mortifications et décide de rendre ses jambes à Louis et de colmater les bronches mitées d'Yvon... Ses malades ne lui suffisant pas, Jeanne va chercher un rab de malheur ailleurs en soignant des cancéreux. Magdeleine tremble que sa mère n'attrape le crabe dans ses virées charitables. On a beau lui dire et lui répéter que ce n'est pas une maladie contagieuse, ma future maman n'en démord pas. La science, la logique et le bon sens n'ont pas de prise sur cet esprit ravagé par l'angoisse et persuadé qu'il n'y a pas d'autre destin possible que le malheur.

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*  *

C'est peu dire que la maisonnée marine dans la maladie et la mort. On ne rit pas souvent, chez ces gens-là ; la vie n'y est en rien une affaire plaisante mais la douloureuse traversée d'une vallée de larmes. Ni plaisir ni loisirs, seulement le labeur, la religion et le sens du devoir. On observe le Carême, on trace une croix sur son front le mercredi des Cendres et on jeûne le Vendredi saint. Le calendrier catholique rythme l'existence. Yvon emmène Louis en pèlerinage à Lourdes, sans Jeanne ni les filles parce que ça coûterait trop cher. Nul miracle ne se produit. Le garçonnet revient avec les gouttières en métal destinées à maintenir ses jambes atrophiées et les cannes grâce auxquelles il parvient, au prix de coûteux efforts, à marcher.
Magdeleine contracte, à l'âge de douze ans, un rhumatisme articulaire aigu, maladie grave à l'époque, mais pas assez pour concurrencer la poliomyélite. Elle reste alitée pendant des mois, les cours par correspondance remplacent l'école. Cet épisode ne sera pas sans incidence sur mon existence, comme on le verra plus tard. Les religieuses l'aident à pallier son absence qui dure au total un an. Après un séjour dans une colonie sanitaire, Magdeleine reprend le cours normal de sa scolarité. Elle a grandi pendant la maladie, est devenue une très jolie jeune fille aux longs cheveux bruns et aux grands yeux bleus. Les garçons commencent à se retourner sur sa silhouette fine ; elle ne leur prête pas attention, comme il se doit à son âge et selon les principes de la religion qui imposent de garder sa virginité intacte pour le mariage.

*
*  *

Elle passe son bac avec succès et les sœurs lui proposent de devenir institutrice dans leur école, sans plus de formation. Comme c'est l'usage parmi les filles de son époque, Magdeleine va danser au bal des pompiers le 14 Juillet, où elle remarque un garçon aux yeux verts qu'elle prend pour un Américain à cause de sa très haute taille (plus d'un mètre quatre-vingt-dix) et qu'elle suppose être un G.I caserné quelque part dans la région. Elle le regarde de loin sans oser l'approcher. Le lendemain, en emmenant Louis aux soins, elle le croise à nouveau. Quand elle le montre à son frère, il la détrompe : « Mais non, il n'est pas amerloque, c'est un Breton comme toi et moi. Je le sais, il est dans ma classe. Joseph Le Gouen qu'il s'appelle. »
Magdeleine a vingt ans, Joseph dix-sept. La différence d'âge ne les empêche pas de se fréquenter assez rapidement, car Joseph a lui aussi remarqué la jolie brune qui l'épiait entre ses cils, le soir du feu d'artifice. Il est issu d'une famille de la petite bourgeoisie, son père travaille au Crédit agricole et il a trois frères et une sœur.
Joseph est un beau parleur, au verbe abondant et prometteur. Magdeleine n'a aucune confiance en elle, alors elle boit, comme un petit-lait miellé, les compliments de son soupirant sur sa beauté. Lyrique, il lui dépeint un avenir qui chante à tue-tête, des lendemains radieux vers lesquels ils s'avanceront main dans la main, des voyages qui les emmèneront tout autour de la terre, en train, en avion, à cheval et même peut être en montgolfière.
Résultat, ils se marient deux ans plus tard, en 1971.



Chapitre 2

LA GROUPIE DU PIANISTE

Après le mariage, Magdeleine continue à enseigner dans les petites classes de l'école catholique. Joseph, lui, bricole à droite et à gauche, sans grande conviction. Les grands projets, les promesses mirifiques s'enlisent dans les sables des vaines illusions. Il n'a pas été fichu de décrocher son bac, tout juste un vague brevet de technicien en électronique, aussi répare-t-il des téléviseurs dans l'arrière-boutique d'un magasin d'audiovisuel. Hélas ! il ne tarde pas à se faire virer pour retards répétés. D'autres petits boulots se succéderont, sans plus de succès. Dans un premier temps, le bagout de Joseph lui permet de décrocher facilement les emplois auxquels il postule, parce qu'il prétend toujours posséder largement les compétences requises. Mais ses patrons successifs s'aperçoivent vite qu'il a menti comme un arracheur de dents et qu'en plus il n'est pas sérieux et n'a guère de conscience professionnelle. Cette enfilade de déboires persuade Joseph non de s'acheter une conduite mais de se mettre à son compte. Il décide d'ouvrir un magasin de téléviseurs. Grâce au statut de fonctionnaire de son épouse, il obtient un prêt.
Mais comme ça l'ennuie de passer ses journées seul à la boutique, il persuade Magdeleine de lâcher la cornette aux bonnes sœurs et de venir l'aider : elle pourra s'occuper des clients pendant qu'il livrera et installera les récepteurs.
Les affaires ne sont pas aussi mirobolantes qu'espéré. Le couple arrive néanmoins à vivoter. Jusqu'au jour où Joseph, laissant son épouse tenir le commerce, va faire les courses à l'hypermarché du coin. Ayant pris le chéquier de Magdeleine, sans le lui dire, parce qu'il a oublié le sien à la maison, il remplit le chariot sans se soucier de la somme du ticket. Le montant du chèque qu'il rédige et signe en imitant vaguement la signature de sa femme excède le solde du compte de son épouse, de moins de deux cents francs, ce que Joseph ignore, puisque les calculs et lui, ça fait deux. Les comptes du ménage sont domiciliés dans l'agence que dirige le père de Joseph. Le chèque sans provision atterrit sur son bureau. Malveillance ou bêtise crasse ou bien les deux ? On ne le saura jamais, en revanche ce qui est sûr c'est qu'en voyant l'ordre — Casino —, le père Le Gouen s'imagine, à ce qu'il dira plus tard, que sa belle-fille est allée jouer l'argent du jeune ménage à la roulette. Horreur, scandale et putréfaction ! Pour le notable provincial, la salle de jeu est l'antichambre de la débauche, l'annexe du bordel, bref le vestibule de l'enfer. Outré, il inscrit illico presto la bru coupable dans le fichier des interdits bancaires, la privant de moyen de paiement pendant un an, la carte bleue n'étant pas encore entrée en usage.

*
*  *

Le problème, c'est que le compte de Magde¬eine est aussi celui du magasin car Joseph, qui déteste les chiffres (et n'aime pas beaucoup les lettres non plus), a délégué toute la partie comptable et administrative de l'activité à sa moitié. Le temps que l'interdiction soit notifiée à Magdeleine, la banque a rejeté deux chèques de fournisseurs. Ça fait très mauvais genre, l'interdiction bancaire, dans le commerce et auprès des voisins. On vous regarde de travers, on ne veut plus avoir affaire avec vous. Et c'est ce qui arrive à Magdeleine. Joseph, qui craint son père comme la peste bubonique, n'ose avouer que c'est lui le responsable. Sa femme pourrait aller s'expliquer avec son beau-père pour ne plus porter cet encombrant chapeau. C'est mal connaître Magdeleine que de la croire capable de s'exprimer et de se rebeller. Elle se répand en jérémiades à la maison, mais ne pipe mot à l' extérieur.
L'interdiction bancaire et les tracas qui l'accompagnent ne suffisent pas. L'histoire arrive aux oreilles des parents de Magdeleine. Rebelote, horreur, scandale et putréfaction. Magdeleine, que l'opprobre familial fait plonger, ne se défend pas plus qu'avec sa belle-famille et n'explique pas que Joseph est le seul coupable. Ce dernier continue à se murer dans un mutisme lâche.

*
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Les affaires n'étaient déjà pas florissantes avant l'incident ; cette fois la rumeur de l'insolvabilité du couple fait rapidement le tour de la petite localité et achève de les ruiner. Joseph et Magdeleine ferment boutique et vendent, mal parce qu'ils sont pressés, la petite maison acquise grâce à un emprunt. L'air breton leur étant devenu irrespirable, ils traversent la France pour s'installer à Lyon. De ce jour, Joseph ne gardera que des relations épisodiques avec les siens, et Magdeleine refusera purement et simplement de les revoir. L'éloignement des deux familles ne sera pas sans conséquences néfastes sur mon destin.