Ma boss veut ma peau !
Prix public   : 20,00 
16,95 €
Cherche auteur désespérément
Cherche auteur désespérément
Debra Ginsberg
544 pages
Couverture souple
Réf : 249447
Résumé
Le rêve ! Angel vient de décrocher un job dans la plus célèbre agence littéraire de San Francisco. Un cauchemar ! Sa boss est tyrannique, ses collègues mesquins et les écrivains insensés. Mais elle réussit à repérer LE roman de l’année. De chapitre en chapitre, livrés anonymement, elle jubile jusqu’au jour où elle trouve que l’histoire ressemble étrangement à sa propre vie. Amoureuse en plus et détails à l’appui. Alors là, elle prend peur...
Pourquoi on l'a choisi
Vous avez aimé Le diable s’habille en Prada ? Vous allez adorer cette comédie à suspense, formidable plongée dans un monde que vous étiez loin de soupçonner aussi tordu !
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Les avis des internautes
Moyenne des avis :Nombre d'avis :5
Le 16 juin 2009
57 adhérents sur 119 ont trouvé cet avis utile.
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Livre divertissant pour l'été
Un livre très agréable à lire pour l'été. Il se lit vite et ne va pas sans rappeler "Le diable s'habille en Prada" par son décor sous-jacent. La même boss tyrannique, la même héroïne débarquant de sa campagne, sans toutefois tomber dans la copie. L'univers de l'édition donne une nouvelle dimension et le jeu de piste amène un petit côté énigmatique fort appréciable. A recommander sans hésitation.
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Le 15 juillet 2009
48 adhérents sur 93 ont trouvé cet avis utile.
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Du déjà vu
J'ai été assez déçue par ce livre qui promettait pourtant beaucoup: ce n'est qu'une copie du "Diable s'habille en Prada". Pourtant je dois reconnaître que le milieu du monde littéraire est très intéressant et l'auteur a une vision des livres que je partage également. Mais en lisant les premières pages, on savait déjà comment ça allait se terminer. C'est dommage !
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Le 18 septembre 2009
34 adhérents sur 72 ont trouvé cet avis utile.
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J'ai adoré
Très bon livre ! Vraiment à lire, je le verrais bien adapté au cinéma !
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Le 28 septembre 2009
29 adhérents sur 63 ont trouvé cet avis utile.
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Mouais
En lisant le résumé, je m'étais fait une toute autre idée de ce livre qui a trop peu de rebondissements. J'ai vraiment eu du mal à le finir.
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Le 06 février 2010
0 adhérents sur 4 ont trouvé cet avis utile.
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Surprenant
J'avais un peu peur compte tenu de la publicité faite autour de ce livre, mais il est excellent. Il faut vraiment aller jusqu'au bout pour découvrir le pot aux roses. On retrouve vraiment l'ambiance de "Le diable s'habille en Prada". J'espère que ce livre sera un jour monté en film. Un très bon moment !
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Journaliste, Debra Ginsberg vit en Californie. Cherche auteur désespérément est son premier roman.
Lu dans la presse
« Si vous avez aimé Le Diable s'habille en Prada... vous aimerez Cherche auteur désespérément. »

Pascale Frey, Elle


« Un roman drôle et féroce. »

Françoise Feuillet, Avantages


« Une formidable plongée dans le monde de l'édition et un suspense plein d'esprit. »

The New York Times Book Review
Extrait

1


C'est Malcolm qui m'a suggéré de postuler à l'agence littéraire Lucy Fiamma. Sans lui, je n'y aurais jamais songé. Il m'a d'ailleurs fait remarquer que c'était étrange, non seulement parce que j'étais sur le point de perdre mon emploi, mais aussi parce que mon amour des livres confine au fanatisme. Il a raison ; je suis une lectrice passionnée, capable d'avaler un bouquin d'une traite. Cette voracité m'est venue très tôt. Peut-être est-ce un cliché de dire qu'on se réfugie dans les livres pour échapper à la réalité, mais dans mon cas c'est la stricte vérité. Je n'ai pas eu une enfance malheureuse, mais instable. Ma mère, célibataire et hippie, ne restait jamais longtemps au même endroit (par « endroit », il faut entendre « communauté »). Elle était en quête de réponses - sans comprendre qu'elle seule était capable de les fournir - et m'a entraînée dans sa recherche éperdue. Je n'ai quasiment pas eu de scolarité suivie, et, pour ainsi dire, aucun contact avec les enfants de mon âge. Les quelques amis que je me faisais, je devais les quitter dès que ma mère décidait qu'une retraite bouddhiste en Arizona était intellectuellement plus stimulante qu'une coopérative bio dans l'Oregon, ou qu'une colonie d'artistes californiens était moralement plus riche qu'une enclave wicca au Nouveau-Mexique. Elle ne s'attachait pas plus aux hommes, et mon père n'a pas fait exception à la règle. A tel point qu'elle ne connaît même pas son nom : elle n'a passé qu'une seule nuit avec lui.
Les livres étaient mon seul point d'ancrage dans ce mouvement perpétuel, et je me tournais vers la lecture dès que je cherchais le calme. J'ai toujours porté un amour sincère à ma mère, sans pour autant partager son enthousiasme pour le changement permanent. Tout comme je n'ai jamais réussi à accorder ma confiance aux diverses personnes (presque toujours des femmes) dont elle s'entourait. Elle a choisi de chercher sa vérité dans la nouveauté et les rencontres. Moi, je m'en suis remise à la lecture.
La découverte d'un texte n'est qu'un des aspects de l'excitation déclenchée par un livre. Le poids d'un nouvel ouvrage dans ma main provoque en moi un plaisir étourdissant, l'odeur et le bruissement du papier un délice sensuel. J'adore le velouté et les couleurs éclatantes des jaquettes. Pour moi, une pile de livres à explorer constitue l'une des promesses les plus sexy qui soient. Car ce que j'aime par-dessus tout, c'est la certitude que la joie d'une nouvelle trouvaille m'attend sous chaque couverture.
Malcolm connaît ma passion par cœur. Après tout, on s'est rencontrés à La Lune bleue, la librairie où je travaillais. J'ai été immédiatement attirée par lui. Et immédiatement mal à l'aise. Même s'il est extrêmement séduisant - grand, bronzé, la mâchoire et les pommettes ciselées -, ce n'est pas pour cette raison que mes jambes ont flageolé, que les battements de mon cœur se sont précipités et que j'ai eu envie d'abandonner tout vernis de professionnalisme pour lui parler à cœur ouvert. J'ai appris qu'il était écrivain, ce qui explique l'intensité de mon coup de foudre. Il était à la recherche de conseils pour faire publier son roman ; j'ai sorti plusieurs guides d'agents littéraires et de petites maisons d'édition et feuilleté avec lui chacun d'entre eux. Je mourais d'envie de prolonger la conversation, de parler de littérature, de lui ; et, surtout, de lui demander s'il m'accompagnerait prendre un café à côté, à l'heure de ma pause.
— Comment se fait-il que tu en saches aussi long sur les livres ? m'a-t-il demandé après avoir, à mon grand plaisir, consenti à ma proposition. Tu écris ?
— Oh, non ! ai-je rétorqué en repoussant mes cheveux d'un geste que j'espérais séduisant tout en essayant d'éviter qu'ils ne trempent dans ma tasse. Ce n'est pas du tout mon truc.
— Vraiment ? a-t-il dit, interloqué. Pas même des scénarios ? Ou des poèmes ?
— Non, non, ai-je enchaîné en lui décochant un sourire que je voulais ensorcelant. Je n'écris pas du tout. Enfin je peux, bien sûr... si je suis obligée. Une lettre, par exemple, ou, euh... j'ai rédigé des dissertations à la fac évidemment, mais le reste, enfin tu vois...
Sa question était loin d'être stupide. On vivait à un jet de pierre de San Francisco, la ville des écrivains. Pour être plus précise, j'habitais à Petaluma, et Malcolm un peu plus au sud, à Novato. Ma mère a déjà changé au moins trois fois d'adresse depuis, mais moi j'ai atteint la majorité peu après notre atterrissage à Petaluma et j'ai décidé d'y poser mes valises. Même si nous vivions en banlieue, Malcolm et moi nous considérions comme des habitants de la Baie. Les alentours de San Francisco fourmillaient d'aspirants écrivains. Ceux que je rencontrais à la librairie, le seul magasin digne d'intérêt du centre commercial de Corte Madera, cherchaient des conseils pour se faire publier. Ils avaient généralement une autre occupation pour payer leur loyer, le plus souvent dans la restauration. Comme Malcolm, qui travaillait à son roman tout en étant serveur dans un restaurant chic.
Moi, je n'étais qu'une amoureuse des livres, lui ai-je expliqué. Je n'aspirais pas à écrire. J'adorais mon travail de gérante à La Lune bleue, qui me donnait un accès illimité à ma drogue favorite. J'appréciais même Elise, la propriétaire, qui me versait un salaire au-dessus de ses moyens pour me permettre de garder la tête hors de l'eau et qui a toujours été plus un mentor et une amie qu'une patronne. J'ai rapidement flairé ce qui se vendrait bien dans cet endroit, aussi Elise m'a-t-elle confié la charge des achats. J'aimais cette responsabilité. Quand j'ai rencontré Malcolm, je travaillais à la librairie depuis quatre ans déjà, mais chaque jour m'apportait autant de nouveauté et de surprise que si j'avais débuté la veille.
— Je suis comme un enfant dans une confiserie, ai-je dit.
Malcolm a dû trouver cela charmant, parce que lorsque je lui ai signalé à regret, après avoir englouti des litres de café, que je devais retourner bosser, il m'a demandé si j'aimerais poursuivre notre discussion autour d'un dîner. J'en restai baba. Les hommes beaux et sûrs d'eux ne me tournent jamais autour, surtout quand ils possèdent le sex-appeal de Malcolm. Non pas que je sois repoussante. Même si, comme n'importe qui, je trouve certains aspects de mon visage et de mon corps trop longs, ou trop courts, trop larges ou trop étroits, je n'ai pas vraiment de raisons de me plaindre. J'ai même travaillé comme mannequin pour payer l'université. Ce n'est pas à cause de mon physique que je repousse les hommes séduisants et confiants pour attirer les types vulnérables, à l'anatomie plus qu'imparfaite et au tempérament désespéré. Il y a quelque chose en moi, même si je n'ai jamais réussi à saisir quoi, qui effraie les hommes comme Malcolm.
A plus d'une reprise, je m'en suis ouverte à Elise, généralement après avoir été draguée par un musicien à la denture chaotique ou un soi-disant philosophe à l'hygiène douteuse, traînant leurs basques à La Lune bleue.
— Tu es facile d'accès, trésor, m'a-t-elle dit après avoir éclaté de rire au récit de mes malheurs. Et tu n'es pas snob pour un sou.
— Ce qui fait de moi la parfaite poire ?
— Pas du tout. Ces gens - ces types - sentent qu'ils peuvent t'accorder leur confiance, t'ouvrir leur cœur. Mince, tout le monde te parle ! C'est grâce à ça que tu réussis à vendre des livres à des personnes qui ne savaient même pas qu'elles avaient envie de lire !
— C'est bien joli, mais est-ce qu'un mec séduisant, et non pas un raté, pourrait aussi s'intéresser à moi, un jour ?
— Ne t'inquiète pas, trésor, ça arrivera. Et c'est arrivé. Avec Malcolm.
Nous n'avons pas mis longtemps à sortir ensemble. Et je n'ai pas tardé à lui donner une clé de mon appartement, où nous passions la plupart de notre temps. Sur le grand lit qui se taille la part du lion dans mon petit studio, on se racontait les événements de nos journées, on partageait nos corps et nos rêves. Malcolm serait enfin publié et deviendrait un grand romancier. Et moi je serais simplement heureuse pour lui. Je souhaitais autant que lui sa réussite, et je ne demandais pas mieux que de le soutenir par tous les moyens. Je me fichais que ma vie sociale soit un peu limitée (à part La Lune bleue, elle se résumait à Malcolm). Ce n'est pas que j'apprécie particulièrement la solitude, mais j'ai toujours su me distraire moi-même. A mes yeux, lire était le summum du passe-temps. Je suppose qu'au tréfonds de mon inconscient je savais que je ne gagnais pas suffisamment d'argent à La Lune bleue et que, même si j'adorais ce travail, je ne pourrais pas y faire une carrière. Et il faudrait bien que je finisse par en faire une, de carrière. Même si nous n'abordions pas souvent le sujet, Malcolm et moi prévoyions de nous marier un jour, et l'un de nous deux devrait faire bouillir la marmite.
L'un dans l'autre, ma vie me comblait. Il n'y avait aucune raison d'y changer quoi que ce soit. Jusqu'à ce qu'Elise m'apprenne qu'elle fermait la librairie et qu'il fallait donc que je trouve un nouveau boulot.
Je me suis accrochée à l'idée qu'Elise finirait par trouver un moyen de garder la boutique, si bien qu'alors même qu'elle avait entamé la liquidation je suis restée plusieurs semaines dans le déni. Ce qui m'aurait menée tout droit à la case chômage sans l'intervention de Malcolm.
Un soir que je rentrais chez moi dans l'état d'attentisme où je me complaisais, j'ai trouvé une annonce cerclée de rouge scotchée sur le miroir de la salle de bains. Je l'ai détachée en me lavant les dents, et j'ai observé mon expression interloquée qui se reflétait à la place. Le texte était des plus succincts.
AGENCE LITTERAIRE REPUTEE RECHERCHE ASSIST. POUR SURCHARGE TRAVAIL.
Je n'ai pas aimé cette première phrase. Le titre fallacieux d'« assistante » n'était qu'un euphémisme pour esclave. Pourtant, le reste de l'annonce m'a interpellée :
D'ESPRIT VIF, VOUS ETES APPLIQUE(E) ET POLYVALENT(E). EXPERIENCE DANS L'EDITION VIVEMENT SOUHAITEE. AMOUR DES LIVRES INDISPENSABLE. FAXEZ CV A : CRAIG, AGENCE LITTERAIRE LUCY FIAMMA.
Sous l'annonce, Malcolm avait griffonné : « C'est le job idéal pour toi ! Bises, M. »
Il avait raison. J'avais toutes les qualités requises. Quand il est rentré après son service ce soir-là, j'avais ajouté mon expérience à La Lune bleue sur mon ancien CV et imprimé le nouveau. Je l'ai faxé depuis la librairie le lendemain et, quelques heures plus tard, j'avais un message d'une certaine Anna me demandant de téléphoner pour déterminer un rendez-vous.
— Lucy et Craig aimeraient vous rencontrer, annonçait une voix lasse. Merci de nous rappeler pour fixer une heure.
Quand je l'ai contactée, Anna m'a donné sur le même ton apathique des explications complexes pour me rendre à l'agence. En bruit de fond, j'entendais sonner une armada de téléphones.
Elise s'est montrée encourageante, mais pas franchement enthousiaste, quand je lui ai demandé ma matinée.
— Lucy Fiamma. Super. C'est l'opportunité du siècle, non ? Evidemment, tu sais que je suis prête à tout pour t'aider.
Une expression de contrariété est passée sur son visage.
— Sois prudente, ma chérie, a-t-elle poursuivi avant de s'éloigner sans que j'aie eu le temps de lui demander ce qu'elle entendait par là.
Malcolm, lui, a été emballé à l'idée de mon entretien. Il était si excité qu'il m'a emmenée dîner à San Francisco dans un restaurant bien au-dessus de nos moyens.
— Tu sais que je n'ai pas encore le boulot, ai-je lancé en levant mon verre de chianti pour trinquer.
— Oh ! mais tu vas emporter le morceau, mon amour. Je n'ai aucun doute là-dessus.